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mercredi 24 août 2011

Plus de Toi, moins de moi - Chapitre 35

L’homme nouveau
Revenons à la Genèse. Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme » (Genèse 1:26, 27). Ce texte nous donne le mandat que Dieu a prévu pour l’homme dès la création du monde : porter l’image de Dieu et régner sur la création, y compris sur les reptiles qui rampent sur la terre… Si la plupart des versions traduisent le verset ci-dessus par « qu’il domine », la version Darby traduit plus justement « qu’ils dominent ». Il s’agit de l’homme dans le sens collectif.
Quelle est cette image de Dieu que l’homme est appelé à porter ?  Il s’agit de représenter de manière visible sur la terre ce qui est dans les cieux. Dieu est Trinité. Il est trois en un. Cette réalité de personnes tellement unies qu’elles sont un, qui se manifeste potentiellement également dans le couple et dans toute communauté en Christ. L’ « homme communautaire » est appelé à dominer. L’ « homme communautaire » est à l’image de Dieu. L’homme en Adam est créé pour porter l’image de Dieu et régner.
Puis le serpent fait son entrée, l’homme l’ayant laissé entrer dans le jardin et séduire Eve, et il conduit l’homme dans l’indépendance. Celui-ci s’égare loin de la vie de Dieu, du mandat de Dieu. Il n’est plus qu’une image en lambeau…
Dieu venait de subir une terrible défaite. Après tout, il avait prévu qu’un homme soumette la terre et porte son image. Après la chute, il n’y avait plus d’espérance pour cela.
Le projet de Dieu avait échoué.
Puis vient Christ, qui est le dernier Adam (1 Corinthiens 15:45) mais aussi « l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création » (1 Corinthiens 1:15). Christ est le commencement d’une nouvelle race.
Vous souvenez-vous de cette histoire où Jésus monta sur une montagne pour être tenté par Satan ? Le Seigneur et Satan se tenaient sur cette montagne et voyaient l’ensemble de la planète terre et tous ses royaumes. Puis Satan, un ange, fit une déclaration audacieuse et incroyable à Jésus-Christ, un homme. Satan dit : « Voilà mon domaine. Je règne sur lui. Je le possède. Il est à moi. »
Le plus incroyable, c’est le fait que Jésus-Christ n’a pas remis en cause cette déclaration ! Tous deux comprenaient que Satan avait quelque droit sur la terre.
Puis Satan, un ange, continua et dit à Jésus-Christ, un homme : « Je te donnerai tous les royaumes de la terre si tu te prosternes et m’adores !  »
Certains d’entre vous pensent peut-être : « Pourquoi t’évertues-tu à appeler Satan un ange et Jésus un homme ? Jésus-Christ est le Fils de Dieu. » Observez l’attitude de Jésus au moment où il répond à Satan. Il prend la position d’un homme. Remarquez que le Seigneur admet que Satan a quelque droit sur la terre. Il admet que Satan a le droit de donner ces royaumes à un homme si cet homme l’adore. Vous souvenez-vous de la réponse de Jésus quand Satan le défia, lui, le Fils de Dieu, de changer les pierres en pain ? Jésus dit : « L’homme ne vivra pas de pain seulement. » L’homme. L’HOMME !
Jésus parlait à Satan non en tant que Dieu, mais en tant qu’homme. Et le sujet discuté était la terre et qui allait la gouverner.
Voici ce qui se passait entre eux à ce moment-là. Satan avait une fois piégé un homme, le premier homme, et l’avait entraîné à chuter. Maintenant, Satan est confronté à un second homme, un homme nouveau, et il désire amener cet homme à se prosterner et à l’adorer tout comme il avait piégé ce premier homme. Ainsi Satan essaya de parler au Seigneur Jésus, tentant de le séduire. Il s’adressa à lui en tant que Fils de Dieu. Mais Satan s’en prenait au Seigneur en tant qu’homme, parce que c’était un homme qui était appelé à gouverner la terre … et à soumettre l’ennemi. Le plan de Satan n’a pas marché, parce que Jésus ne lui a pas répondu en tant que Fils de Dieu. Jésus resta fixé dans sa position d’homme. Le Seigneur résista à l’ennemi. A ce moment, Satan fut vaincu par un homme ! Là, sur le mont de la Tentation, un homme, pour la première fois, domine sur le serpent !
Le centre du conflit n’est pas Dieu ; ce n’est pas Satan. Le centre du conflit est l’homme. Aux yeux de Dieu, cette créature appelée homme est la chose la plus importante de l’univers. Il est le centre du plan de Dieu ; il est l’espérance de Dieu, son rêve, son dessein.
Regardez au Seigneur Jésus quand il est venu sur la terre. De notre côté, nous aimons toujours l’honorer comme le Fils unique venu du Père. Il l’est. Mais le Seigneur Jésus, une fois sur terre, aimait parler de lui comme le Fils de l’homme.
C’est assez étonnant. Néanmoins, parcourez les Evangiles et vous verrez que c’est vrai. De plus, il semble que cela fâchait plus son ennemi quand il se proclamait homme que quand il se proclamait Dieu !
Il y a des gens aujourd’hui qui aiment discuter si oui ou non Jésus-Christ est Dieu. Mais pas Satan. Satan sait qu’il est Dieu ! Il n’en a rien à faire qu’il soit Dieu. Mais il panique à l’idée qu’il soit homme ! Satan sait qu’il ne sera pas écrasé par Dieu ; il sait qu’il doit être écrasé par un homme. Si Jésus-Christ est un homme, et s’il est sur cette terre, Satan a de sérieux problèmes.
Observez. Quand les démons parlaient au Seigneur, ils l’appelaient « Fils de Dieu ». S’ils pouvaient le maintenir dans cette position de Dieu, ils n’avaient pas de problèmes. L’homme est leur ennemi désigné. Mais quand ils appelaient Jésus « Fils de Dieu », il leur ordonnait de se taire. Et il se désignait ensuite comme le « Fils de l’homme ». Puis, en tant qu’homme, il les chassait. Alléluia ! Finalement, Dieu avait un homme sur terre qui pouvait soumettre les reptiles qui rampent.
Lisez aussi dans 1 Jean. Dans cette épître, on nous donne une manière d’éprouver les esprits. Savez-vous quel est le test ? Est-ce que cet esprit confesse que Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est venu en chair ?
Un démon ne va pas confesser que Jésus-Christ est le Fils de l’homme. Fils de Dieu, oui. Là, le démon est en sécurité. Mais si un démon confesse qu’il y a un homme sur la terre qui a autorité sur lui, Satan a vaincu et Dieu a gagné !
Quand Etienne était en train de mourir, que dit-il ? Il eut une vision des cieux. Que vit-il ? Le Fils de Dieu sur le trône ? Non ! Ecoutez, démons, principautés, dominations et trônes : Etienne vit le Fils de l’homme dans les cieux. Qui règne. Il y a un homme dans les cieux. 
« …En le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer » (Ephésiens 1:20, 21). Dieu a placé Christ au-dessus de toutes ces choses. Et il est dans les cieux, en tant que Fils de l’homme, avec autorité sur Satan. Un être humain est au-dessus des principautés de cette terre, et elle sont sous son autorité… d’homme !
Quel homme fit cela ? Adam ? Non. La race d’Adam ? Non. L’Adam collectif est la race du vieil homme. Faible, défait.
Jésus-Christ n’est pas de cette race. Il est la tête d’une race nouvelle. Il est le premier homme d’une nouvelle humanité. Pour le dire avec les termes des Ecritures, il est la tête de l’HOMME NOUVEAU.
Même après la chute d’Adam, Dieu poursuivait toujours son dessein. Et il voulait l’accomplir de la manière qu’il avait prévu à l’origine, avec un homme ! Par conséquent, Dieu envoya un homme nouveau sur la terre. Il commença littéralement une nouvelle race, une nouvelle espèce !
A quoi ressemblait le Seigneur quand il était sur cette terre? Que faisait-il ? Il avait compassion des multitudes. Il a guéri les malades. Il a enseigné comme aucun homme ne l’avait fait auparavant. Puis  il entra en collision avec le royaume des ténèbres. A chaque fois que Jésus-Christ, le Fils de l’homme, entra en conflit avec cette autorité, il a gagné. Il avait un pouvoir absolu sur elle.
Les choses commencent à aller différemment avec cet homme nouveau. Ce n’est plus la défaite qu’Adam a connue.  Dieu accomplit le dessein éternel qu’il avait dans le jardin.
Alors que Christ était sur terre, il était dans la chair. Cela veut dire qu’il était limité. Les Evangiles sont l’histoire de Jésus-Christ, la tête d’un homme nouveau. Cependant, il est limité. Mais il n’est pas fait mention du reste de sa race. Il est un homme unique, seul. Il n’est pas un « ils ». Il n’y a pas de nouvelle humanité, de grand corps. Où est cet homme communautaire ? Où est le « ils » ? Où est l’homme nouveau communautaire ?          
Avez-vous déjà remarqué combien Jésus était anxieux de s’en aller ? Il désirait quitter la terre. Il ne faisait que dire : « Il faut que je m’en aille. » Il dit aussi : « Il faut que je m’en aille pour qu’un autre puisse venir. »
Un jour, il sut. Son heure était venue. Il se prépara pour la croix, la mort et la résurrection.
Maintenant observez. Il est crucifié. Il meurt. Il ressuscite. Puis il quitte la terre. Il monte au ciel. Et nous sommes laissés sur terre tous seuls… sans lui.
Ne vous sentez pas délaissés, cependant. Il a un projet fantastique en quittant. Il quitte afin qu’il puisse réellement et véritablement y avoir un HOMME NOUVEAU sur terre. Un véritable nouveau « ILS ». Un homme communautaire  pour accomplir le dessein de Dieu.
Quand Jésus-Christ était sur la terre, il était le commencement d’une nouvelle création. Sur terre, cet homme seul avait autorité sur la terre, et il était l’image de Dieu. Dieu pouvait être vu en regardant Jésus. 
Image et domination. Dieu visible ! C’était Jésus.
Le Seigneur Jésus accomplit le plan de Dieu en toutes choses, excepté une : il n’était pas un « ils ». Il n’était pas communautaire.
Savez-vous ce que fit Dieu ?
Le Seigneur envoya son Esprit – qui est Lui-même – Il ramena son Esprit sur la terre. Cet Esprit contenait la même chose que l’arbre de vie ! L’Esprit vint, portant la vie de Dieu. Portant la forme de vie la plus élevée. IL était la vie la plus élevée.
Et il mit sa vie en nous !
Jusqu’à maintenant :
Dieu avait la vie de Dieu.
Les anges avaient la vie des anges.
L’homme avait la vie de l’homme.
Mais maintenant, l’Esprit descend et l’homme a la vie de Dieu ! Finalement, voilà un homme avec une forme de vie supérieure à la vie des anges. Ce n’était plus le Fils unique venu de Dieu en chair. Plus un seul homme avec la vie de Dieu en lui. Plus un seul homme nouveau.
Il met sa vie en chacun de nous !
Il met sa vie en nous !
Une nouvelle race a commencé. Il y a finalement un « ils ». L’homme nouveau communautaire a commencé à vivre sur cette terre. Chez la race d’Adam, le fait de se nourrir de l’arbre de vie a fortifié sa chair et son indépendance. Chez la race de Christ, le fait de se nourrir de son Esprit va fortifier son esprit et sa dépendance de Dieu.
Entrons maintenant dans le livre des Actes. Qu’y voyons-nous ? L’homme nouveau communautaire. Il porte un autre nom qui pourrait vous surprendre. Cet homme nouveau communautaire  est appelé l’église.
Quoi ? L’église ?
Souvenez-vous du passage lu dans les Ephésiens ; il nous dit clairement ce qu’est l’homme nouveau. L’homme nouveau est Christ, la tête, plus les Juifs et les Gentils. Le mur de séparation entre Juifs et Gentils tombe ; soudainement, il n’y a plus ni Juifs, ni Gentils. Ils sont un. Plus de Juifs. Plus de Gentils. Fini. Qu’y a-t-il à la place ?
Christ, la tête, et nous, le corps ! Christ et l’église : l’homme nouveau !
Vous n’êtes pas l’homme nouveau. Moi non plus. Nous sommes dans l’homme nouveau. L’homme nouveau est composé de tous les croyants, combinés en Christ.
Que voyez-vous dans les Actes ? Vous voyez ce que Dieu recherchait après Genèse 1 et 2. Vous voyez un homme communautaire. En fait, il n’y a virtuellement aucune différence entre les Actes et les Evangiles. Dans les Evangiles, vous avez un homme faisant certaines choses. Dans les Actes, vous avez un homme communautaire  faisant les mêmes choses.
Ils ont la même vie.
Dans les Evangiles, c’est Christ. Dans les Actes, c’est Christ au travers de son corps. En vous, en moi, en d’autres. Ensemble, nous formons un homme communautaire, l’église.
Regardez votre Seigneur. Il n’est plus limité. Plus confiné dans un seul corps de chair. Il n’est plus limité de sorte que seuls quelques-uns peuvent être avec lui et le toucher. Il a déménagé, à l’intérieur de vous et en d’autre comme vous. Il est maintenant disponible pour tous ses disciples.
Mais ne tirez pas de cela l’idée que vous êtes si important. Ne pensez pas pouvoir aller, prendre autorité sur la terre et porter l’image visible du Dieu invisible.
Non. Dieu dit : « Qu’ils dominent ». Vous pouvez être certains du fait que Dieu ne confiera jamais sa puissance à un individu de sorte que cet individu exerce cette puissance sur son ennemi. Sa puissance, sa domination sur Satan et son image visible sur la terre n’ont été données qu’à un seul endroit : à l’église !
Laissez-moi illustrer mon propos. Dans les Evangiles, nous voyons que Jésus a  enseigné ; il a guéri les multitudes ; il a ressuscité les morts ; il a guéri les malades ; il a chassé les démons. Il régnait sur la création. Dieu a placé Christ au-dessus de toutes les principautés et les puissances de ce monde. Christ est au-dessus d’elles.
Maintenant, le Seigneur se retourne et distribue sa puissance, sa vie, son autorité, son image, sa domination. A qui les distribue-t-il ? Ephésiens nous le dit : à l’homme nouveau.
Regardons maintenant dans les Actes. L’homme nouveau communautaire enseigne. Il guérit les malades. Il chasse les démons. Il domine sur le serpent. Et il porte l’image du Seigneur sur toute la terre. Quand vous voyez l’église sur cette terre, vous voyez à quoi Dieu ressemble ! L’homme nouveau communautaire  ressemble à l’homme des Evangiles.
Cet homme nouveau, ce corps, est l’église. Il y a maintenant la tête et le corps. L’église est un être communautaire  appelé à prendre autorité sur toute la terre et à porter l’image de Christ.
Alléluia !
04 Mars 2010

Plus de Toi, moins de moi -Chapitre 34

Régner avec Christ
« Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre » (Genèse 1:26).
Nous voyons que l’homme créé par Dieu a été créé pour dominer, ou régner. De toute éternité, le projet de Dieu est de créer une communauté de personnes qui règne avec lui. Nous le retrouvons tout au long du Nouveau Testament jusque dans l’Apocalypse :
« …Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui » (2 Timothée 2:12).
« Tu as fait d’eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre » (Apocalypse 5:10).
« Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n’a point de pouvoir sur eux; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans » (Apocalypse 20:6).
« Il n’y aura plus de nuit ; et ils n’auront besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles » (Apocalypse 22:5).
Ce verbe « dominer » a une consonance négative en français, mais en hébreu, il reflète ce que l’homme est appelé à faire, en commençant par le jardin : le cultiver et le garder (Genèse 2:15). Cultiver vient de l’hébreu abad, qui signifie : travailler, servir, arranger, faire fructifier. L’homme est appelé à faire fructifier son jardin, à le servir, à en prendre soin de telle sorte que celui-ci produise le maximum de son potentiel et soit une source de bénédiction. Garder vient de l’hébreu shamar, qui signifie : protéger, sécuriser, surveiller, ériger une barrière. C’est une mention qu’il y a un ennemi à l’extérieur et que l’homme est appelé à ne pas le laisser entrer. L’homme, appelé à régner sur la terre, commence par régner dans un jardin, et la caractéristique de son règne n’est pas une domination contrôlante et étouffante où il se servirait lui-même, où il utiliserait les ressources à disposition pour assouvir ses besoins et ses désirs. Non, le règne auquel l’homme est appelé est, à l’image du règne de Christ, caractérisé par un esprit de service : servir et faire fructifier ce qui est placé sous son autorité et le protéger de l’ennemi.
Dans Luc 19, Jésus raconte la parabole des mines. Semblable à celle des talents, celle-ci cite cependant spécifiquement quelles seront les grandes choses que Dieu donnera à ceux qui auront été fidèles dans la gestion des petites. Nous lisons au verset 17 : « C’est bien, bon serviteur; parce que tu as été fidèle en peu de chose, reçois le gouvernement de dix villes. »
Cette vie que nous vivons est donc un apprentissage. Un apprentissage à gérer notre jardin, à le cultiver et à le garder. Un apprentissage à gérer les petites choses que Dieu nous confie, préparation pour de plus grandes qui ont tout à voir avec un gouvernement, un règne. Notre vie est une école de règne !
Cependant, il ne s’agit pas que de se préparer en vue d’un règne futur. Nous sommes déjà appelés à régner dans cette vie. « Si par l’offense d’un seul la mort a régné par lui seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils dans la vie par Jésus Christ lui seul » (Romains 5:17).
Que signifie cette expression : « régner dans la vie » ? Quelles caractéristiques notre « règne » est-il censé avoir ?
Tout d’abord, il ne s’agit pas de quelque chose à vivre à partir de nos propres forces. Le texte de Romains est clair : ceux qui régneront sont ceux qui ont reçu l’abondance de la grâce et le don de la justice. Si nous ne recevons pas la grâce de Dieu (la capacité de Dieu, son regard, son amour inconditionnel, la capacité de se donner sans rien attendre en retour) et sa justice (son pardon, la position que nous avons en lui), nous ne pourrons pas régner. Nous ne pourrons régner que « par Jésus-Christ lui seul » !
Ensuite, régner sur quelque chose, c’est soumettre cette chose à notre autorité. « Soumettez la terre » est le mandat de Genèse 1. Nous ne devons soumettre quelque chose que si cette chose est en rébellion ouverte. Dans nos vies aussi, nous sommes appelés à soumettre la terre, soumettre ce qui est terrestre, charnel, et le remplir de l’image de Dieu. « Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds » (1 Corinthiens 15:25). C’est vrai pour Jésus, et c’est vrai pour chacun des membres de son Corps.
Nous sommes amenés à régner sur les puissances des ténèbres, « les reptiles qui rampent sur le sol »
Nous sommes appelés à régner sur et dans les circonstances. Je me rappelle de ce camp où nous avions des problèmes de locaux. N’ayant pas suffisamment de salles, un groupe de danse devait répéter ses chorégraphies à l’extérieur. Chaque matin, il pleuvait à verse et, pendant la rencontre en commun, nous priions avec foi que Dieu fasse cesser la pluie. Chaque après-midi, la pluie s’était arrêtée. L’avant-dernier jour du camp, nous avions prévu de sortir dans les rues de la ville pour évangéliser et témoigner de Jésus. A nouveau, le matin, des trombes d’eau tombaient du ciel. Nous avons prié, mais elles ne se sont pas arrêtées. Nous avons prié, et prié encore. Mais rien à faire. Nous sommes sortis sous la pluie, avons dansé sous la pluie. Malheureusement, personne ne passait à cause du mauvais temps. Nous nous sommes alors retrouvés avec les responsables et avons demandé au Seigneur ce qu’il voulait que nous fassions. Il nous a alors parlé : « Il n’y a personne pour vous voir, mais moi je suis là ! Offrez-moi vos danses ! » Nous avons partagé cette pensée aux enfants, et une chose étonnante s’est produite. Une joie incroyable a commencé à se répandre sur l’équipe, et le spectacle suivant a été d’une intensité extraordinaire, la joie du Seigneur se lisant sur les visages et dans les gestes. Ce soir-là, le Seigneur me parla : « Pendant la semaine, vous avez appris à être vainqueurs sur les circonstances. Aujourd’hui, vous avez appris à être vainqueurs dans les circonstances ! » Ouah ! Quelle leçon ! Parfois, Dieu délivre et parfois pas (je parle des circonstances, pas des démons, dont Dieu nous délivre toujours !).
Par exemple, les chrétiens qui louaient le Seigneur en chantant dans l’arène alors que les lions les dévoraient, ont été vainqueurs. Ils ont régné ! Le passage de Hébreu 11 qui nous parle des héros de la foi se termine de manière intéressante. Les versets 33 à 35 nous parlent de ceux « qui, par la foi, vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l’épée, guérirent de leurs maladies, furent vaillants à la guerre, mirent en fuite des armées étrangères. Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résurrection. » Mais le passage continue jusqu’au verset 38 : « D’autres furent livrés aux tourments, et n’acceptèrent point de délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection. D’autres subirent les moqueries et le fouet, les chaînes et la prison ; ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée, ils allèrent çà et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, eux dont le monde n’était pas digne, errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre. »
Tous ont régné, tous ont été des hommes et des femmes de foi. Certains ont été délivrés de leurs circonstances, d’autres pas. Quelles que soient tes circonstances, tu es appelé à régner sur elles !
Régner, c’est sortir de la mentalité de victime et sortir de la passivité. C’est sortir du fonctionnement réactif et devenir proactif. Pensez à Christ ; le film « La Passion » nous l’a rappelé dernièrement : Jésus a passé par des souffrances physiques indescriptibles, sans parler des souffrances morales et spirituelles. Pourtant, sur la croix, il bénissait ceux qui le persécutaient. « Père, pardonne-leur… » Sur la croix, Jésus, régnait ! Il n’a pas laissé les circonstances dicter et justifier ses réactions. En fait, il n’a pas réagit. Il a agit, dans l’esprit opposé. Il a régné ! Régner, c’est prendre de l’élévation pour réagir selon Dieu.
A sa suite, nous pouvons choisir nos attitudes. Ce n’est pas parce qu’il pleut que je dois être de mauvaise humeur ! Ce n’est pas parce qu’on m’a insulté que je dois répondre par le mépris, la critique ou la haine. Je ne suis pas une victime ! Je peux choisir ma réaction ! Je peux régner dans la vie, par Jésus-Christ ! Je peux régner quand je sais qui je suis en Christ et qui il est en moi !22 Février 2010

Plus de Toi, moins de moi - Chapitre 33

Participants de la nature divine
« Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise… » (2 Pierre 1:3-4).
Par les promesses de Dieu, nous devenons participants de la nature divine ! Qu’est-ce que l’apôtre entend par là ? Le mot grec utilisé pour participant est koinonos, lui-même dérivé de koinonia, qui signifie communion. Cela nous donne une première indication, car dans la Bible, le mot communion à une signification très profonde. Ce n’est pas seulement prendre la Cène, ou boire une tasse de thé avec les autres à la fin du culte. Dans l’idée de communion, il y a une idée d’échange intime, que je fais partie de l’autre et l’autre de moi. C’est cette dimension qui pousse un homme et une femme à devenir une seule chair (Genèse 2:24), l’église à être un cœur et une âme (Actes 4:32) ou le peuple d’Israël à se lever comme un seul homme (1 Samuel 11:17). C’est la dimension que l’on trouve de toute éternité au sein de la Trinité divine. Wesley résume le sens du mot « participant » de la manière suivante : « Être renouvelé dans l’image de Dieu et être en communion avec lui, de telle sorte que nous demeurons en Dieu et lui en nous. » Cette notion de participer à la nature divine est donc très importante. Il ne s’agit pas d’un concept panthéiste où nous deviendrions Dieu nous-mêmes ! Non, c’est là une vision du monde qui vient tout droit de l’enfer.
Le mot koinonos se retrouve dans plusieurs textes, qui peuvent nous aider à en saisir les nuances :
Luc 5:10 nous parle de Jacques et Jean, les fils de Zébédée, associés (koinonos) de Pierre.
2 Corinthiens 1:7 : « Et notre espérance à votre égard est ferme, parce que nous savons que, si vous avez part (koinonos) aux souffrances, vous avez part aussi à la consolation. »
Le mot nature, quand à lui, est le mot grec phusis, qui signifie croissance, par germination ou par expansion. Par extension, il englobe l’idée d’une production naturelle (une descendance) et, par extension, la notion de gêne ou d’espèce. La chute a fait de nous un organisme génétiquement modifié, pervertissant l’image de Dieu en nous. Notre nouvelle naissance restaure en nous l’ADN divin. Le dictionnaire biblique Thayer la définit comme « la somme des caractéristiques et des aptitudes intrinsèques par lesquelles une personne diffère des autres. »
En Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre sont réconciliés. La nature divine est dans les cieux. La nature terrestre est sur terre. Depuis la chute, les deux étaient inextricablement séparées, sans possibilité de communion. Mais par son incarnation, Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ. Un pont a été tissé entre le ciel et la terre. Et par la mort et la résurrection de Jésus, un autre pont a été tissé de la terre jusqu’au ciel. En Christ, les cieux et la terre sont réconciliés. L’homme participe à la nature divine, n’est plus limité aux lois et aux réalités naturelles.
14 Février 2010

Plus de Toi, moins de moi - Chapitre 32

L’autorité dans la prière
Jésus arrive enfin à Béthanie, mais trop tard. Lazare est mort depuis trois jours. Cependant, apprenant l’arrivée de Jésus, Marthe s’élance à sa rencontre : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais, maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera » (Luc 11:21-22).
Quelle foi ! Un homme qui a une telle puissance dans la prière que tout ce qu’il demande à Dieu lui est accordé ! Et Jésus n’a pas cherché à changer cette image que Marthe avait de lui. Quelques versets plus loin, devant le tombeau de Lazare, il dira dans la prière : « Je savais que tu m’exauces toujours » (Jean 11:42). Bon, c’est Jésus, me direz-vous. C’est normal ! Mais alors que nous cherchons à entrer dans notre héritage et dans notre position de fils, j’aimerais vous rappeler que Jésus nous a fait la même promesse. Lisons dans Jean 14:13-14 : «  Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. »
Nous avons souvent lu ce passage, mais en réalisons-nous la portée ? En tant que co-héritiers avec Christ, nous avons les mêmes droits, le même héritage, la même autorité dans la prière. C’est une promesse à laquelle Jésus s’est engagé, et il n’est pas un homme pour mentir ! Le croyons-nous ? Mesurons-nous le poids de ces paroles et leurs conséquences ? Quel impact cela a-t-il sur notre foi ? Et attendez : quand Jésus nous dit une chose une fois, il s’agit de quelque chose d’important, car le Seigneur ne parle pas pour ne rien dire. Mais cette promesse revient neuf fois dans les Nouveau Testament. Neuf fois ! Pourquoi, à votre avis, Jésus a-t-il besoin de nous répéter cela neuf fois ?
Maintenant, cette promesse n’est pas inconditionnelle. Il y a différentes conditions qui sont liées à son accomplissement et à sa pleine réalisation dans nos vies. Ces conditions sont les suivantes :
1.      Demander au nom de Jésus (Jean 14:13, 14, 15:16, 16:23)
Il ne s’agit pas simplement d’une formule magique ou d’une incantation à placer à la fin de nos prières pour en assurer l’exaucement. Nous utilisons trop souvent le nom de Jésus sans réaliser ce qu’il représente. Le nom de Jésus, c’est tout ce que Jésus représente : son autorité, son pouvoir, son royaume. Il faut connaître ce nom, cette personne, pour avoir son autorité. Les fils de Scéva voulaient chasser les démons au nom de ce Jésus que Paul prêche… Ils n’avaient aucune autorité ! Ceux-ci lui répondirent : « Jésus, je connais. Paul, je connais. Mais vous qui êtes-vous ? » Et le démoniaque se jeta sur eux, les maltraita et les jeta dans la rue tous nus (Actes 19:13-16). Il faut être envoyé, mandaté par lui pour avoir son autorité et pouvoir utiliser son nom. Ce que nous sommes. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ! » (Jean 20:21)
En tant qu’ambassadeurs de Christ, nous agissons en son nom : Nous le représentons. Et quand nous prions le Père en son nom, cela implique que nous prions de la part de Jésus. C’est comme si nous exprimions par notre bouche les prières de Jésus, la volonté de Jésus, les intérêts de son Royaume. Prier au nom de Jésus, c’est faire nôtres les prières de Jésus et les exprimer avec hardiesse et foi devant le Père, « sachant qu’il nous exauce toujours ».
Cette promesse est comme une procuration signée par le Seigneur, nous autorisant à retirer sur son compte en banque céleste chaque fois que nécessaire.
2.      Demander selon sa volonté (1 Jean 5:14, 15)
C’est l’étape suivante. Si nous devons faire nôtres les prières de Jésus, comment savoir quelles sont les prières de Jésus. Cela signifie qu’il y a des prières charnelles, égoïstes, qui ne sont pas inclues dans cette promesse de Jésus. Comment savoir si notre prière est selon sa volonté ?
Lors que nous passons du temps dans la présence de Jésus, dans la Parole de Dieu (« Je veux faire ta volonté, mon Dieu ! et ta loi est au fond de mon cœur », Psaume 40:8), notre intelligence est renouvelée, nos motivations sont purifiées et nous « discernons quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » (Romains 12:2). Il n’y a pas d’économie ou de raccourci au temps passé dans sa présence et sa Parole pour cela.
Certains aspects de la volonté de Dieu sont très clairs dans la Parole. « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Timothée 2:4). Cela vous donne une autorité pour prier pour la conversion de vos amis, de vos enfants, de vos collègues. « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification » (1 Thessaloniciens 4:3). Dieu va répondre à toute prière qui va dans ce sens. Etudiez tout ce que la Parole nous dit sur la volonté de Dieu et vous aurez déjà une bonne idée générale. Un ambassadeur qui représente son royaume a intérêt à connaître la volonté de son roi s’il veut prendre les bonnes décisions.
Pouvons-nous prier pour nos désirs ? Ou a-t-on l’image que la sainteté à laquelle Dieu nous appelle va faire décroître en nous tout désir personnel, tout attrait pour le « non spirituel » ? Non, Dieu n’est pas comme cela ! Cependant, plus nous serons proches de lui, plus nos désirs correspondront aux siens. Avons-nous cette image d’un Dieu sadique qui ne veut pas répondre aux désirs de notre cœur ? C’était mon image de Dieu au début de ma vie chrétienne. Je pensais, alors que je priais pour trouver ma future épouse, que Dieu allait me donner la plus bête, la plus moche et la plus impossible, afin de m’éprouver… Non, Dieu n’est pas comme cela ! « Fais de l’Eternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire » (Psaume 37:4).
« Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions » (Jacques 4:3). Alors que nous sommes purifiés dans sa présence et recherchons premièrement son Royaume et sa justice, toutes ces choses nous seront données par-dessus. Quand nous nous occupons des désirs de Dieu, il s’occupe des nôtres. Nous pouvons avoir des passions, des hobbies, des rêves, des intérêts, et nous pouvons prier pour ces choses dans la mesure où elles ne représentent pas notre première passion et que nous ne cherchons pas à prier simplement pour les satisfaire.
« Nous savons que Dieu n’exauce point les pécheurs; mais, si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, c’est celui là qu’il l’exauce » (Jean 9:31).
3.      Demander avec foi (Mattieu 21:22), en croyant que nous l’avons reçu (Marc 11:24)
Matthieu 8:13 : « Jésus dit au centenier: Va, qu’il te soit fait selon ta foi. Et à l’heure même le serviteur fut guéri. »  Dieu répond à notre foi, pas à nos prières ! Nous pouvons multiplier des vaines et longues prières sans jamais voir d’exaucement si nous n’avons pas la foi. Comme nous avons déjà eu tout un chapitre à ce sujet, nous n’allons pas nous étaler. Lisons simplement cette exhortation de Jacques 1:6-8 : « Mais qu’il la demande avec foi, sans douter ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre. Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur : c’est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies. »
4.      Demeurer en Christ et ses paroles en nous (Jean 15:7)
Avez-vous réalisé que la Bible ne parle jamais de relation avec Dieu, ni d’intimité, mais de demeurer en Christ ? Il est bon de méditer le chapitre 15 de l’Evangile de Jean à ce sujet. Jésus y est représenté comme le cep, et nous sommes les sarments. L’image est parlante. Tant que le sarment demeure attaché au cep, la vie, la sève du cep coule en lui, il peut porter du fruit. Demeurer en Christ, c’est aussi demeurer dans toutes les promesses et les réalités qui sont déjà accomplies en Christ, comme nous l’avons vu dans un chapitre précédent.
Pour que ses paroles demeurent en nous, il faut commencer par les faire rentrer en nous, donc nous nourrir régulièrement et abondamment de sa Parole. Sa Parole suscite la foi et nous fait connaître sa volonté, nous voyons le lien avec les conditions précédentes.
5.      Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre (Matthieu 18:19)
Il y a une puissance dans l’unité ! Le Psaume 133 nous montre que là où des frères demeurent ensemble dans l’unité, il se plaît à déverser la bénédiction.
« Un seul en poursuivrait-il mille, et deux en mettraient-ils dix mille en fuite ? » (Deutéronome 32:30). Dans le monde spirituel, le fait d’ajouter une personne dans le combat apporte un résultat exponentiel et pas proportionnel ! Pourquoi ? Je crois qu’il y a là un aspect lié à la personne de Dieu, trois personnes en une. Deux personnes qui deviennent une seule chair, une multitude qui devient un seul corps, une seule âme et une seule pensée, un peuple qui se lève comme un sel homme expriment cette dimension de Dieu, cette unité parfaite entre plusieurs personnes, et Dieu y met son sceau.
Il ne s’agit pas là d’une unité superficielle, mais de cette complicité, de cette synergie entre deux personnes qui s’honorent et se respectent mutuellement et poursuivent le même objectif à cent pour cent.
Comme nous pouvons le voir, cette promesse est extraordinaire. Alors que nous devenons partenaires avec Christ dans la construction de son Royaume, il nous revêt de son autorité et nous place dans la même position que lui devant le Père. Pourquoi vivons-nous si peu cette réalité ? Deux versets peuvent nous faire réfléchir :
Jean 16:24 : « Jusqu’à présent, vous n’avez rien demandé en mon nom ! » et Jacques 4:2 : « Vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas ! » Ah ! Notre mutisme ! Nous avons une bombe dans les mains et nous ne l’utilisons pas. Nous avons une autorité et nous la laissons au réduit. Entrons dans notre héritage. Entrons dans notre mandat. Commençons à réellement représenter Jésus, à être ses ambassadeurs là où il nous a placé, que ce soit dans notre couple et notre famille, dans notre quartier ou notre village, dans notre place de travail et notre église, et prenons-le au mot. Il a engagé sa parole à neuf reprises, et il ne s’est pas engagé à la légère.
01 Février 2010

Plus de Toi, moins de moi - Chapitre 31

En Christ
Avez-vous remarqué que la Parole de Dieu n’utilise jamais les expressions « relation avec Dieu » ou « intimité avec Dieu » ? Bien sûr, ces idées sont présentes tout au long de la Bible, mais j’aimerais m’arrêter dans ce chapitre sur une autre expression biblique, que l’on trouve à maintes et maintes reprises dans le Nouveau Testament : en Christ. Cela implique l’idée d’une relation, mais cela parle aussi d’une position. Dans Jean 15, Jésus développe la parabole du cep et des sarments, et il donne ces paroles aux versets 4 à 7 : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. » Pour entretenir une relation, il ne faut pas être trop loin l’un de l’autre. Pour vivre l’intimité, il faut être tout proche. Mais nous restons à l’extérieur. Être en Christ est encore plus que cela, puisque cela nous fait entrer dans la personne de Christ.
Demeurer en Christ est donc un aspect crucial de notre vie chrétienne. C’est le seul moyen de porter du fruit, c’est la seule façon de voir Christ demeurer en nous ! Que signifie demeurer en Christ ? C’est une question que j’ai portée pendant de nombreuses années, car je ne voulais pas me contenter de commentaires obscurs et théoriques. Il ne s’agit pas que d’un concept théologique symbolique ! Demeurer en Christ, c’est demeurer dans un lieu spirituel. C’est être fermement ancré dans ce qu’il a dit, dans ce qu’il a fait, dans ce qu’il a acquis. C’est vivre de ses promesses et de ses paroles, et les voir comme plus réelles que ce qui est visible à nos yeux. Je suis loin d’avoir tout compris ce que cette expression implique. J’ai besoin de révélation. Mais avançons un peu dans cette compréhension.
Dans Ephésiens 1:8-9, Paul nous parle du mystère de la volonté de Dieu, du dessein qu’il a prévu de toute éternité, à savoir « réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. » Christ est le point de rencontre entre la terre et le ciel. Il est à la fois fils de l’homme et fils de Dieu. Ce qui est dans le ciel est déjà en Christ. Le Père est en Christ, selon Jean 17:21 : « … afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé » et, selon Colossiens 2:9 : « Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. » Demeurer en Christ, c’est demeurer dans ce qui éternel, c’est demeurer dans la vie du ciel, c’est demeurer dans le projet ultime de Dieu.
En fait, tout a été créé en lui, par lui et pour lui, les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, les trônes, les dignités, les dominations, les autorités. Il est avant toute chose et tout subsiste en lui (Colossiens 1:16-17). Après la révolte de Satan et la chute de l’homme, entraînant à sa suite toute la création dont il avait reçu la gestion, nous avons été coupés de cette position en Christ, là où le ciel et la terre sont à l’unisson, où il n’y a pas de dichotomie entre le spirituel et le naturel, où ce que nous voyons par la foi est aussi réel que ce que nous percevons par les sens. Mais, en envoyant Jésus-Christ, Dieu « a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix » (Colossiens 1:20). Il y a, par le sacrifice de Jésus, à nouveau la possibilité pour l’homme de demeurer en Christ ! Ephésiens 2 :15 nous dit que, « ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix. » Avec les deux, soit les païens et les Juifs, ceux qui étaient loin et ceux qui étaient près, mais qui étaient tous séparés de Dieu. Il y a maintenant en Christ un homme nouveau ! Homo Christus ! L’homme en Christ ! L’homme vivant en celui qui est oint, dans la même onction pour régner, exercer l’autorité, chasser les démons, guérir les malades, porter l’image de Dieu…
Dieu a pourvu par la croix à un nouveau terrain où nous pouvons planter nos racines, les lieux célestes : « Il nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus Christ » (Ephésiens 2:6). Nous suivons Christ dans sa mort, dans sa résurrection, puis dans son ascension et sa glorification. Nous sommes élevés et établis dans ces lieux célestes avec lui. Ces lieux célestes, en Christ, dans lesquels Dieu nous a bénis de toute sorte de bénédictions spirituelles (Ephésiens 1:3) ! Ces lieux célestes représentent le même lieu spirituel que l’expression « en Christ ». Et Dieu a pourvu à tout pour que nous demeurions dans cette nouvelle position, dans ce lieu spirituel. « Tout est accompli ! » Nous sommes déjà en Christ, selon 1 Jean 5:20 : « Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et qu’il nous a donné l’intelligence pour connaître le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable, en son Fils Jésus Christ. » A nous maintenant de nous approprier ces choses, qui nous sont destinées, qui sont déjà à nous. A nous de les rendre actives dans nos vies !
« Or, aussi longtemps que l’héritier est enfant, je dis qu’il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit le maître de tout. » En Christ, nous sommes maîtres de tout ! Mais tant que nous sommes enfants, nous restons dans l’état d’esclaves, et nous ne pouvons pas jouir de cet héritage. 1 Corinthiens 3:1 : « Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. » Être enfant en Christ, c’est être encore esclave de notre chair avec ses limites et de la loi, l’alliance de la chair. Mais alors que la chair est laissée à la croix, que nous passons réellement par la mort, nous pouvons poursuivre notre croissance et activer dans nos vies la plénitude de la vie céleste et notre nouvelle position en Christ. « Tout est à vous ; et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu » (1 Corinthiens 3:23). En Christ, nous entrons dans les « tout » de l’Ecriture et dans l’abondance et les superlatifs de Dieu. Nous goûtons à la richesse « surabondante » de sa grâce, nous sommes « plus que vainqueurs », nous rencontrons un Dieu qui fait « infiniment plus que ce que nous demandons ou pensons »…
Voyons maintenant quelle est notre richesse en Christ, ce qu’implique ce « toute bénédiction spirituelle » cité plus haut. En Christ, nous avons la vie, le mouvement et l’être (Actes 17:28), nous sommes rachetés (Romains 3:24), affranchis de la loi du péché et de la mort (Romains 8:2), vivants pour Dieu (Romains 6:11). En Christ, il n’y a plus de condamnation (Romains 8:1), nous avons été sanctifiés (1 Corinthiens 1:2), la grâce de Dieu nous a été accordée (1 Corinthiens 1:4), nous avons été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance (1 Corinthiens 1:5). En Christ, tous revivront (1 Corinthiens 15:22), nous avons le « oui » et l’« Amen ! » divin concernant toutes les promesses de Dieu (2 Corinthiens 1:19-20), nous triomphons toujours (2 Corinthiens 2:14), le voile sur notre entendement disparaît (2 Corinthiens 3:14). En Christ, nous sommes une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles (2 Corinthiens 5:17). En lui, nous devenons justice de Dieu (2 Corinthiens 5:21), la bénédiction d’Abraham pour les païens trouve son accomplissement (Galates 3:14), nous avons la liberté (Galates 2:4). Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous nous sommes un en Jésus Christ (Galates 3:28). En Christ, Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui (Ephésiens 1:4), nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce (Ephésiens 1:7). En lui, nous sommes aussi devenus héritiers (Ephésiens 1:11), nous avons cru et avons été scellés du Saint-Esprit (Ephésiens 1:13), nous avons été créés pour de bonnes œuvres préparées d’avance (Ephésiens 2:10). En Christ, nous avons été pardonné (Ephésiens 4 :32), Dieu pourvoira à tous nos besoins (Philippiens 4:9), nous avons tout pleinement (Colossiens 2:10). En lui, nous sommes glorifiés (2 Thessaloniciens 1:12), nous avons le salut (2 Timothée 2:10), nous avons été appelés à sa gloire éternelle (1 Pierre 5:10). Dieu a voulu que toute plénitude habite en lui (Colossiens 1:19).
20 Janvier 2010

Plus de Toi, moins de moi - Chapitre 30

Notre héritage
De nombreux passages des Ecritures nous parlent de notre héritage en Christ :
« Et maintenant je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, à celui qui peut édifier et donner l’héritage avec tous les sanctifiés » (Actes 20:32).
« …Qu’il illumine les yeux de votre coeur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints » (Ephésiens 1:18).
« Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière » (Colossiens 1:12).
En quoi consiste cet héritage ? S’agit-il de quelque chose qui nous est réservé dans les cieux (1 Pierre 1:4), ou y a-t-il déjà des implications terrestres ?
Il nous est dit que l’Eternel est notre héritage (Deutéronome 10:9), comme nous sommes le sien (Deutéronome 9:26), des fils et des filles sont notre héritage (Psaume 127:3), que nous héritons du salut (Hébreux 1:14), de la vie éternelle (Matthieu 19:29, Tite 3:7), de la grâce de la vie (1 Pierre 3:7), de la bénédiction (1 Pierre 3:9), du royaume (Jacques 2:5), de la gloire (Proverbe 3:35) et des promesses (Hébreux 6:12). Dieu nous donnera des nations pour héritage si nous les lui demandons (Psaume 2:8). Ceux qui vivent selon la chair n’héritent pas du royaume de Dieu (Ephésiens 5:5, 1 Corinthiens 6:9, 10, 15:50, Galates 5:21). La plupart des éléments cités ci-dessus ont des implications aussi bien terrestres que célestes. De plus, la notion d’héritage pour Israël était quelque chose de très concret, quelque chose pour lequel ils allaient se battre. « Car l’Éternel te bénira dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te fera posséder en héritage » (Deutéronome 15:4b). Pour les Israélites, l’héritage était donc le pays de la promesse, le pays où coule le lait et le miel. Il y a une Egypte où nous sommes esclaves, un désert où nous apprenons à connaître Dieu et ses voies, et où il nous discipline et nous transforme, et il y a un pays promis, qui est notre véritable destination.
Hébreux 1:2 nous dit que Jésus a été établi « héritier de toutes choses », et Romains 8:17 que nous sommes « aussi héritiers de Dieu et co-héritiers avec Christ ». « Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse » (Galates 3:29). Nous sommes héritiers avec Christ, et nous sommes héritiers avec Abraham. Quel est cet héritage ?
L’héritage d’Abraham consistait en une descendance, une nation et la bénédiction, ainsi que la promesse d’être une source de bénédiction pour toutes les familles de la terre. Mais cet héritage remonte plus loin. Beaucoup plus loin. Là où toute choses remontent. Nous en reparlerons dans un chapitre suivant. L’héritage de Christ est connu : un royaume, la domination sur ses ennemis et sur toute la terre, une postérité… L’héritage de l’homme selon le mandat donné à la création. C’est à ce même héritage que nous sommes appelés.
Jésus a commencé à marcher dans la puissance de l’Esprit après ses quarante jours de jeûnes. Matthieu 8 et 9 nous relatent différents miracles qu’il a fait, synthétisant en Matthieu 9:35 : « Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité. » Il était venu pour détruire les œuvres du diable, et il n’allait pas lui laisser de répit. Dans les versets suivants, Jésus soupire de compassion en voyant les foules : tellement de besoins, si peu d’ouvriers… Il confie à ses disciples : « La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson » (v. 37-38).
Puis nous passons au chapitre dix. Ces divisions artificielles entre chapitre m’ont longtemps fait perdre la connexion entre les œuvres de Jésus, sa prière et les événements du début de ce chapitre. « Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze apôtres. Le premier, Simon appelé Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe, et Barthélemy ; Thomas, et Matthieu, le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Cananite, et Judas l’Iscariot, celui qui livra Jésus. Tels sont les douze que Jésus envoya » (v. 1-5a).
Au début, nous avons Jésus, seul, qui fait certaines œuvres. Mais la foule et les besoins sont trop nombreux. Il encourage alors ses disciples à prier pour l’envoi d’ouvriers. Deux versets plus loin, ce sont eux qui sont la réponse à leur propre prière, envoyés par Jésus pour faire les mêmes œuvres que lui, avec la même puissance que lui. Jésus se reproduit dans la vie des autres, reproduit son ministère et, ce faisant, transmet sa puissance et son autorité ! La même puissance et la même autorité pour faire les mêmes œuvres que lui. C’est là notre héritage ! C’est la promesse qui nous est faite ! Jésus se multiplie d’abord dans les douze, puis dans les soixante-dix (Luc 10). Avant sa mort, il confiera à ses disciples : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père » (Jean 14:12). Avant son Ascension, il donne un ordre de mission clair : « Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur feront point de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris. Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s’assit à la droite de Dieu. Et ils s’en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la parole par les miracles qui l’accompagnaient » (Marc 16:15-20). C’est notre héritage. C’est l’héritage reçu à la Pentecôte, la puissance du Saint-Esprit pour faire les œuvres de Jésus.
« Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jean 20:21). Nous avons le même ordre de mission, et Dieu veut mettre sur nous la même onction : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur » (Luc 4:18-19).
Pourquoi voyons-nous si peu de malades guéris ? Où est le Dieu de nos pères ? Où est la puissance de guérison promise par Jésus ? Trop souvent, nous mettons nos questions de côté et nous poursuivons notre chemin, adaptant nos théologies, priant de moins en moins pour les malades. J’ai une question : lorsqu’il était sur la terre, y a-t-il un seul malade que Jésus ait refusé de guérir ? Certains me diront : Jésus n’a pas guéri tout le monde ! C’est vrai, mais il n’a jamais refusé la guérison à ceux qui venaient à lui. Jamais. Pourquoi le ferait-il aujourd’hui ? Aurait-il changé ? Ses promesses seraient-elles périmées ?... Un peu facile ! Pour être honnête, j’ai encore plein  de questions. Mais je choisis de sortir de ma passivité défaitiste et de commencer à chercher cette puissance de Dieu. Pas pour moi-même, mais pour les foules d’aujourd’hui, qui sont toujours « languissantes et abattues, comme des brebis qui n’ont point de berger » (Matthieu 9:36).
Le problème n’est pas chez Dieu, il est chez nous. Comme les disciples qui n’avaient pas réussi à chasser l’esprit de la vie de l’enfant épileptique (Matthieu 17), nous sommes trop souvent tenus en échec par les œuvres du diable. « Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusqu’à quand serai-je avec vous ? Jusqu’à quand vous supporterai-je ? Amenez-le-moi ici. Jésus parla sévèrement au démon, qui sortit de lui, et l’enfant fut guéri à l’heure même. Alors les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent en particulier : Pourquoi n’avons-nous pu chasser ce démon ? C’est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible. Mais cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne » (v. 17-21).
Il y a une position de foi et d’autorité à gagner. Il y a un prix à payer. Prenons le temps de chercher Dieu, de jeûner, de chercher sa face, son éducation, son héritage.
04 Janvier 2010

Plus de Toi, moins de moi - Chapitre 29

Le test
« Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur, s’étant approché, lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple, et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; et ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores. Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient » (Matthieu 4:1-11).
Avant même de commencer son ministère, Jésus est donc conduit dans le désert. Conduit par l’Esprit. Dans le désert ?  Alors qu’il y a tant de choses à faire pour Dieu ? Alors qu’il y a tant de personnes qui ont besoin d’entendre le message ? Alors que Jésus vient de recevoir le Saint-Esprit et d’être établi comme fils ? Pourquoi perdre du temps dans le désert alors qu’il n’a que trois ans devant lui. Il n’y pas une minute à perdre !
Mais Jésus était conscient de l’enjeu. Il savait qui il était et ce qu’il était appelé à faire. Adam, dans le jardin, avait reçu de Dieu l’autorité sur la terre et sur l’ennemi. Cependant, à la première tentation, il s’est fait avoir. Il a écouté la voix du serpent, lui donnant l’autorité qu’il avait reçue de Dieu et entraînant toute sa race après lui dans la défaite et l’esclavage.
Jésus est venu comme premier-né d’une nouvelle race. Comme Jésus n’est pas né de la semence d’un homme, il n’a pas hérité du péché d’Adam. Il n’est pas pour l’ennemi un terrain conquis, et celui-ci va le mettre à l’épreuve. De ces quarante jours va dépendre tout l’avenir de la race nouvelle que Jésus est venu établir. Ce n’est pas du temps perdu !
La première tentation est subtile : « Si tu es fils de Dieu… » Pas : « Si tu es le Fils de Dieu. » Si tu es fils. Satan demande à Jésus de prouver son statut de fils. Tu es donc héritier. Toute la puissance céleste est à ta disposition. Utilise-la donc pour répondre à tes propres besoins. Utilise-la donc pour me montrer que tu es bien fils. Utilise-la pour te le prouver à toi-même. Mais Jésus n’a pas besoin de se le prouver à lui-même. Il sait qu’il est fils parce que Dieu lui-même l’a attesté. C’est cette parole de Dieu qui le fait vivre, pas ses expériences. Il n’a pas besoin de preuve supplémentaire que la parole de son Père. Quand à le prouver à l’ennemi, le temps viendra… Il ne perd rien pour attendre. Jésus ne va pas user de la puissance de Dieu simplement parce que l’ennemi le lui suggère !
La deuxième tentation est tout aussi pernicieuse. A nouveau, l’ennemi insiste pour que Jésus démontre sa filiation. Jésus n’a pas besoin de lui montrer qui il est. Il n’établit pas son autorité en démontrant sa puissance, mais en faisant ce que Dieu lui demande. Satan le tente en utilisant la Parole de Dieu hors de son contexte. Si tu es fils de Dieu, jette-toi en bas. Regarde ce que la Parole te promet. N’as-tu pas confiance dans les promesses de Dieu ? Mais Jésus sait que Dieu ne promet rien du tout à ceux qui sont conduits par Satan. De plus, il a un tel respect pour les promesses divines qu’il ne va pas les « essayer » simplement pour une expérience spirituelle.
La troisième tentation offre à Jésus une proposition alléchante. Tous les royaumes de la terre. Le Seigneur n’a jamais nié qu’ils appartiennent à l’ennemi. « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin » (1 Jean 5:19). Satan, quand à lui, connaît la destinée de l’homme : dominer sur toute la terre. En tant que premier né d’une nouvelle race, Jésus est venu reprendre ce mandat. Régner sur les royaumes de la terre est sa destinée ! Et voilà que l’ennemi les lui offre sur un plateau ! Pas besoin de passer par la souffrance. Pas besoin de passer par la croix… Satan est le roi des raccourcis. Il est prêt à nous donner lui-même ce à quoi Dieu nous appelle si nous consentons à ne pas entrer dans le processus du Seigneur. Souvenez-vous, Dieu n’est pas seulement dans l’objectif, il est dans le processus. Mais Jésus, reprenant le mandat de l’homme, n’est pas seulement appelé à régner sur les royaumes de la terre, mais aussi sur les reptiles qui rampent… Il repousse l’offre du serpent.
Jésus a passé le test. L’ennemi le laisse, attendant une occasion favorable (Luc 4:13). Mais comme Jésus peut dire : « Il n’a rien en moi ! » (Jean 14:30), le serpent ne trouve pas en lui de cette poussière de la terre, cette nature charnelle de laquelle il aime se nourrir. Alléluia ! Jésus était venu au désert rempli du Saint-Esprit (Luc 4:1). Il en repart revêtu de la puissance de l’Esprit (Luc 4:14). Il s’est passé quelque chose de crucial. Jésus a repris l’autorité au diable, il va commencer à détruire ses œuvres et à établir le royaume de Dieu. Il a passé le test.
Dans ma recherche personnelle, alors que je prenais conscience de la pauvreté de ma vie et du peu de puissance spirituelle en moi, j’ai lu un livre des années 1950, écrit par un homme du nom de A. A. Allen, un évangéliste ayant été témoin de nombreuses guérisons. Le titre de cet ouvrage est : « Un ministère de puissance : Quel en est le prix ? » Dès les premières pages, cet ouvrage m’a captivé. Je pouvais tellement m’identifier à la soif et à la recherche de cet homme ! Convaincu qu’il y avait plus des promesses divines à vivre dans sa vie que ce qu’il expérimentait, il était continuellement frustré. Si souvent, il s’est enfermé dans sa chambre pour chercher Dieu, pour en ressortir sans réponse, ou sans avoir persévéré jusqu’au bout. Un jour, alors qu’il était déterminé à jeûner et à chercher Dieu, il commença à sentir l’odeur du repas que son épouse préparait pour elle-même et leur fils. N’y tenant plus, il sortit de sa chambre, demandant : « Qu’est ce que tu nous prépares de bon, chérie ? » Il s’installa à table et, après avoir avalé la première bouchée, Dieu parla à son cœur : « Si tu ne désires pas par-dessus tout que je te parle, plus que toute autre satisfaction de la chair, je ne donnerai jamais réponse à la question de ton cœur. »
Allen retourna dans sa chambre sans manger quoi que ce soit de plus ! Il demanda à sa femme de l’enfermer à double tour depuis l’extérieur, et de ne pas rouvrir avant qu’il ait rencontré Dieu. Celle-ci sourit, elle connaissait son mari. Il avait déjà fait cela tant de fois. « Je t’ouvrirai quand tu me le demanderas », lui dit-elle. Je cite la suite directement de son ouvrage :
« Pendant des heures, je combattis le diable et la chair. A maintes reprises, je fus sur le point d’abandonner la partie : il me semblait que des jours s’écoulaient et mes progrès étaient si lents. Ne pouvais-je être satisfait ainsi et continuer comme avant ? Mais tout au fond de mon cœur et de mon âme, je savais que cela ne me suffirait plus.
Non, j’allais rester à genoux jusqu’à ce que Dieu me réponde, ou bien je mourrai dans cette tentative. »
A un moment donné, la gloire de Dieu commença à remplir la pièce. Il se retourna même pour vois si sa femme était entrée et avait allumé la lumière… « Je ne sais combien de temps j’avais attendu ainsi, mais peu importe, je ne tiens pas à le savoir. Je sais seulement que je priai jusqu’à ce que… » Le Seigneur commença à lui parler. Il lui montra les différents points qui, dans sa vie, empêchaient sa puissance de se manifester avec davantage de force.
La vie et le ministère d’A. A. Allen ont commencé à changer ce jour-là. Mais tout ne s’est pas fait d’un coup. Plusieurs de ces points ont demandé des années de travail jusqu’à la victoire totale. Il avait passé le test.
Le Seigneur travaillait donc mon cœur avec cette question depuis plusieurs mois. Quel prix suis-je prêt à payer pour vivre les promesses de Dieu ? Et c’est là que l’idée d’un jeûne de quarante jours commença à faire son chemin. Petit à petit, elle s’imposa à moi.
Serai-je capable de jeûner aussi longtemps ? J’avais déjà fait vingt jours, qui s’étaient bien passé, avec des jus de fruit comme boisson. Là je sentais que le Seigneur m’appelait à un jeûne strict, en ne buvant que de l’eau. Je savais aussi que je n’avais pas d’autre choix que de me connecter à ses ressources. « Sans toi, je ne peux rien faire ! »
Ma première démarche fut de renoncer à mes propres demandes : plus de la puissance de Dieu, plus de l’amour de Dieu, plus de révélation sur tel ou tel aspect… Seigneur, je veux entrer dans ton ordre du jour. Je sentais que ce jeûne devenait alors plus une offrande et une reconsécration que quoi que ce soit d’autre. En renonçant à me nourrir, je renonçais à une des choses que j’appréciais le plus au monde. Et ma chair en prenait un sacré coup !
Les vingt premiers jours se sont passés sans problèmes. Même si je pensais souvent à la nourriture, j’étais déterminé. A partir du vingt-deuxième jour, les choses ont commencé à se gâter. J’ai fait une crise de goutte au gros orteil gauche, la douleur était intense. Après avoir prié pendant deux jours pour ma guérison, je me suis résigné à aller chez le médecin. Cependant, à cause de mon jeûne, mon corps n’a pas supporté les médicaments et, après deux jours, je les vomissais. Notre fils Christopher a développé un impétigo qui se répandait sur son visage. Les enfants faisaient catastrophe sur catastrophe (verres cassés, renversés…). Un courrier est arrivé nous informant que l’adoption de Christopher nous était refusée, notre revenu financier étant insuffisant. Ce ne devait être qu’une formalité, et voilà que nous courrions le risque de voir notre fils nous être enlevé et ramené aux Philippines ! Avec ces différentes situations, ma femme se débattait pour gérer la famille et moi je n’arrivai pas à me lever de mon lit !
C’est là qu’est venue ma première tentation ! « Arrête donc de jeûner ! Tu ne vois pas que ça amène plus de problèmes qu’autre chose ? Ta femme et tes enfants ont besoin de ta présence. » Nous avons alors eu avec Joële plusieurs conversations chaudes. J’étais prêt à renoncer, je ne voulais pas voir ma famille souffrir… Puis nous avons commencé à réaliser ce qui se tramait, l’église qui nous accueillait a prié pour nous et nous avons passé l’étape.
La deuxième tentation est venue peu après. Mon orteil n’était pas guéri, ma femme a commencé à avoir des blocages dans son dos. Je priai pour moi, je priai pour elle. Le résultat ? Rien du tout. Pas de changement. « Arrête de prier pour la guérison. Tes prières n’ont aucune puissance. Ce n’est pas pour toi ! » Toutes les circonstances me prouvaient que cette voix avait raison. Mais les promesses de Dieu ? « Ils imposeront les mains aux malades et les malades seront guéris » (Marc 16:18), « Par ses meurtrissures nous sommes guéris » (Esaïe 53:5), « C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes maladies » (Psaume 103:3)… J’ai commencé à proclamer ces promesses, même si tout ce que je voyais autour de moi cherchait à me prouver le contraire. Les promesses de Dieu sont plus vraies que ce que je vois. Le vingt-huitième jour, j’ai fait une deuxième crise de goutte, à la cheville droite. Pendant deux jours, les douleurs étaient insoutenables. Je n’arrivais plus poser le pied par terre, et mon orteil gauche n’était pas encore guéri. Imaginez la scène ! J’allais aux toilettes à quatre pattes, et la simple position assise me faisait tourner la tête. Cependant, je continuais à confesser les promesses de Dieu. Il n’est pas un homme pour mentir et, quoi que l’ennemi essaie de me faire croire, je n’allais pas ouvrir de porte à l’incrédulité, à la rationalisation et au défaitisme.
14 Décembre 2009

Plus de Toi, moins de moi - Chapitre 28

La révélation des fils de Dieu
En fait, il y a encore une autre dimension, celle qui correspond à devenir fils. Plusieurs textes dans la Parole nous parlent de l’Esprit d’adoption. Dans la culture de l’époque, l’adoption n’avait rien à voir avec ce que nous appelons adoption aujourd’hui, où nous accueillons dans notre famille un enfant qui n’a plus de parents ou dont les parents ont renoncé à leurs droits parentaux. Nous ne sommes pas des enfants adoptés pour Dieu, nous sommes des enfants de naissance, de par notre nouvelle naissance. Dès notre nouvelle naissance, nous sommes appelés enfants de Dieu (Jean 1:12).
Le Nouveau Dictionnaire Biblique nous donne la définition suivante de l’adoption : admission d’une personne dans la position et dans les privilèges d’un enfant légitime (du grec « huiothesia » : établir en qualité de fils).
Il y a trois mots grecs pour le mot fils :
·         « Teknion », appliqué pour un enfant nouveau-né.
·         « Teknon », pour un enfant qui a mûrit mais qui n’est pas encore prêt pour des responsabilités.
·         « Huios », pour le fils établi qui a des responsabilités, qui s’occupe des affaires de son père.
Dans les pays bibliques, un enfant de sexe masculin n’était appelé « huios » qu’après que son père l’ait reconnu et établi, par l’adoption, comme un fils légitime. L’enfant passait au statut de fils, avec tous les droits et les privilèges que cela comportait : il recevait le nom de son père, un droit à l’héritage et à la succession. Il recevait non seulement les droits et les privilèges, mais aussi les responsabilités et l’autorité. Ainsi, dans la Bible, l’adoption nous parle plutôt de notre position en Christ que de notre relation avec lui.
Paul fait allusion à cela dans l’épître aux Galates : « Or, aussi longtemps que l’héritier est enfant, je dis qu’il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit le maître de tout ; mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu’au temps marqué par le père. Nous aussi, de la même manière, lorsque nous étions enfants, nous étions sous l’esclavage des rudiments du monde ; mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos coeurs l’Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu » (Galates 4:1-7).
Jusqu’au temps marqué par le père… (v. 2). C’est le père qui décide quand l’enfant est prêt pour l’adoption, prêt à assumer des responsabilités dans son œuvre, prêt à s’occuper de ses affaires. On est des enfants quand on se sert de Dieu pour obtenir des choses. Le fils veut représenter son père. Il veut l’honorer, chercher les intérêts de son père.
Jésus a passé par l’adoption : « Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection » (Matthieu 3:16, 17).
Comprenez bien cette étape : les Evangiles nous parlent de Jésus à douze ans, l’âge où il devait passer sa bar-mitzvah, cérémonie qui devait le faire entrer dans le monde officiel des adultes. A douze ans, Jésus rêvait déjà d’entrer dans les affaires de son père. Cependant, son apprentissage n’était pas terminé. Avant d’être établi comme fils, il a d’abord dû croître en sagesse, en stature et en grâce, devant Dieu et devant les hommes (Luc 2:52). Il a d’abord dû servir pendant des années dans l’humilité, incognito. C’est la voie à suivre pour chacun de nous.
Croître en grâce, c’est grandir dans cette connaissance et cette révélation que tout vient de Dieu. Pour ma part, j’ai réalisé il y a quelques mois que la grâce qui sauve était bien ancrée. La grâce en tant qu’amour inconditionnel également. Par contre, je devais encore avoir cette révélation de la grâce qui équipe, que Dieu fait en nous ce qu’il nous demande d’être dans la mesure où nous nous connectons à sa source. Nous avons vu qu’être fils est plus en rapport avec notre position en Christ qu’avec notre relation avec lui. On peut avoir cette révélation de l’amour de Dieu. On doit l’avoir. Mais on peut vivre dans la grâce et continuer d’être profondément charnels, tout en sachant que Dieu nous aime. Une mauvaise compréhension de la grâce, une consommation débridée de son amour tue en nous la crainte de l’Eternel et stoppe notre croissance dans la maturité, nous maintenant dans l’enfance.
Croître en stature parle du développement physique, mais aussi de la capacité à être responsable. De soi, de son couple, de sa famille, dans les petites choses que Dieu nous confie. Porter des responsabilités avec intégrité et droiture, avec fidélité et constance.
Croître en sagesse, c’est croître dans notre connaissance de Dieu et notre compréhension de comment vivre avec lui, comme nous en avons déjà parlé.
Croître devant Dieu et devant les hommes. Pas seulement devant Dieu, comme certaines personnes pleines de zèle qui coupent toute redevabilité avec les hommes pour faire ce que Dieu leur demande. En fait, ce n’est pas ce que Dieu nous demande. Si tu ne sais pas te soumettre à un homme, que tu vois, comment peux-tu prétendre être soumis à Dieu que tu ne vois pas ? En fait, tu ne pourras pas gérer l’autorité que Dieu veut te donner en tant que fils si tu n’es pas toi-même sous une autorité. Beaucoup de personnes dans notre nation se plaignent aujourd’hui du manque de pères, et c’est vrai qu’il y a un énorme besoin. Mais je crois que le vrai défi est que beaucoup d’entre nous devons apprendre à devenir des fils. Il y a une telle attente sur des pères, une telle disponibilité et perfection recherchée que peu de personnes pourront jamais prétendre à cette stature. Et peu le voudront !
Tu veux te préparer à être fils, apprends à servir sous un père terrestre, à le servir lui, même s’il n’est pas parfait. A servir sa vision. Honore-le. Défends-le. Sers-le. Recherche son cœur. C’est ainsi qu’ont été préparés des Josué, des Elisée, des Timothée, ainsi que les disciples de Jésus. C’est ainsi qu’a été préparé Jésus lui-même, servant la vision de Joseph, servant à ses côtés, reprenant son entreprise (il semble que celui-ci soit décédé avant que Jésus ne soit baptisé). « Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? » (Luc 16:12).
Un fils reçoit la correction et la discipline du Seigneur, il l’aime et la recherche, car son plus grand désir est de lui plaire et de faire sa volonté (Hébreux 12:6-8). Et comment vient la correction du Seigneur ? Parfois au travers des circonstances, comme pour Joseph, qui a été préparé à ses immenses responsabilités futures par l’esclavage, l’injustice et la prison. Souvent au travers des responsables que Dieu a mis sur notre chemin, de nos parents terrestres… Même imparfaits ! Le texte d’Hébreux 12 nous rappelle que la discipline et la correction est pour les fils, et nos églises doivent réapprendre à la pratiquer pour aider le peuple de Dieu à grandir dans la maturité. Et le peuple de Dieu doit apprendre à la recevoir sans se poser en victime, fuir dans l’église voisine en cassant du sucre sur le dos des responsables. C’est là la marque des enfants charnels !
Et Jésus n’était pas pressé. Il ne cherchait pas à provoquer ce moment où « les choses sérieuses » (je parle à la manière des hommes) allaient commencer. Il savait que cela ne dépendait pas de lui. Le moment fixé par le Père… La part de Jésus consistait à veiller sur son attitude, sur sa croissance et son service fidèle, attendant patiemment, laissant au Père le contrôle.
Cela me fait penser à l’histoire de David. Celui-ci avait reçu l’onction en tant qu’enfant. Il savait à quoi il était appelé. Il avait reçu l’onction de Dieu pour la royauté. Et qu’a fait David ? Il est retourné garder ses moutons. Il ne s’est pas pris la tête. Il a laissé le contrôle à Dieu.
Les années ont passé, David a tué Goliath, il a été engagé comme chantre puis comme officier au service de Saül, puis les problèmes ont commencé. Pourchassé par Saül, il s’est enfui, chez les Philistins, puis a erré dans le royaume, fuyant son ancien maître qui cherchait à le tuer. Par deux fois, Saül s’est retrouvé entre ses mains, et David aurait eu la possibilité de lui ôter la vie. Ses hommes les poussaient à cela : « C’est l’Eternel qui livre ton ennemi entre tes mains ! » (1 Samuel 24:4, 26:8). David aurait pu le faire : il avait reçu l’appel et l’onction pour être roi d’Israël. Le roi était manifestement devenu fou. Tous les arguments étaient pour lui. Un seul geste et il s’emparait légitimement de la royauté. Par ses propres forces. Mais David connaissait son Dieu : « Je ne porterai pas la main sur l’oint de l’Eternel ! » (1 Samuel 24:6, 26:9). David non seulement refusait de porter la main, mais il n’élevait pas sa langue pour juger Saül ! Pas une critique ! Pas un jugement ! Il connaissait son Dieu et le craignait. Il était intègre même sous la pression et la persécution. Pas étonnant que, malgré ses erreurs, Dieu l’ait désigné comme un homme selon son cœur.
David se savait oint et appelé, mais il allait laisser Dieu faire. Il n’allait pas se placer, se promouvoir, chercher à prendre une place. Il laissait à Dieu le contrôle. Au temps marqué par le Père…
A partir de son baptême, Jésus a commencé à s’occuper des affaires de son Père. Etabli comme fils, il jouit de tout ce qui est à son Père. « Tout ce qui est à moi est à toi ! » C’est le privilège des fils. « Celui qui vaincra héritera ces choses ; je serai son Dieu, et il sera mon fils » (Apocalypse 21:7).
Nous aussi, lorsque nous entrons dans ce statut de fils, nous devenons pleinement héritiers, co-héritiers avec Christ de toutes les ressources et promesses qui sont en lui.
Lorsque nous devenons fils, nous entrons réellement participants dans l’œuvre du Père, nous nous l’approprions. « Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu » (Romains 8:19).
08 Décembre 2009