mercredi 24 août 2011

Plus de Toi, moins de moi - Chapitre 29

Le test
« Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur, s’étant approché, lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple, et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; et ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores. Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient » (Matthieu 4:1-11).
Avant même de commencer son ministère, Jésus est donc conduit dans le désert. Conduit par l’Esprit. Dans le désert ?  Alors qu’il y a tant de choses à faire pour Dieu ? Alors qu’il y a tant de personnes qui ont besoin d’entendre le message ? Alors que Jésus vient de recevoir le Saint-Esprit et d’être établi comme fils ? Pourquoi perdre du temps dans le désert alors qu’il n’a que trois ans devant lui. Il n’y pas une minute à perdre !
Mais Jésus était conscient de l’enjeu. Il savait qui il était et ce qu’il était appelé à faire. Adam, dans le jardin, avait reçu de Dieu l’autorité sur la terre et sur l’ennemi. Cependant, à la première tentation, il s’est fait avoir. Il a écouté la voix du serpent, lui donnant l’autorité qu’il avait reçue de Dieu et entraînant toute sa race après lui dans la défaite et l’esclavage.
Jésus est venu comme premier-né d’une nouvelle race. Comme Jésus n’est pas né de la semence d’un homme, il n’a pas hérité du péché d’Adam. Il n’est pas pour l’ennemi un terrain conquis, et celui-ci va le mettre à l’épreuve. De ces quarante jours va dépendre tout l’avenir de la race nouvelle que Jésus est venu établir. Ce n’est pas du temps perdu !
La première tentation est subtile : « Si tu es fils de Dieu… » Pas : « Si tu es le Fils de Dieu. » Si tu es fils. Satan demande à Jésus de prouver son statut de fils. Tu es donc héritier. Toute la puissance céleste est à ta disposition. Utilise-la donc pour répondre à tes propres besoins. Utilise-la donc pour me montrer que tu es bien fils. Utilise-la pour te le prouver à toi-même. Mais Jésus n’a pas besoin de se le prouver à lui-même. Il sait qu’il est fils parce que Dieu lui-même l’a attesté. C’est cette parole de Dieu qui le fait vivre, pas ses expériences. Il n’a pas besoin de preuve supplémentaire que la parole de son Père. Quand à le prouver à l’ennemi, le temps viendra… Il ne perd rien pour attendre. Jésus ne va pas user de la puissance de Dieu simplement parce que l’ennemi le lui suggère !
La deuxième tentation est tout aussi pernicieuse. A nouveau, l’ennemi insiste pour que Jésus démontre sa filiation. Jésus n’a pas besoin de lui montrer qui il est. Il n’établit pas son autorité en démontrant sa puissance, mais en faisant ce que Dieu lui demande. Satan le tente en utilisant la Parole de Dieu hors de son contexte. Si tu es fils de Dieu, jette-toi en bas. Regarde ce que la Parole te promet. N’as-tu pas confiance dans les promesses de Dieu ? Mais Jésus sait que Dieu ne promet rien du tout à ceux qui sont conduits par Satan. De plus, il a un tel respect pour les promesses divines qu’il ne va pas les « essayer » simplement pour une expérience spirituelle.
La troisième tentation offre à Jésus une proposition alléchante. Tous les royaumes de la terre. Le Seigneur n’a jamais nié qu’ils appartiennent à l’ennemi. « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin » (1 Jean 5:19). Satan, quand à lui, connaît la destinée de l’homme : dominer sur toute la terre. En tant que premier né d’une nouvelle race, Jésus est venu reprendre ce mandat. Régner sur les royaumes de la terre est sa destinée ! Et voilà que l’ennemi les lui offre sur un plateau ! Pas besoin de passer par la souffrance. Pas besoin de passer par la croix… Satan est le roi des raccourcis. Il est prêt à nous donner lui-même ce à quoi Dieu nous appelle si nous consentons à ne pas entrer dans le processus du Seigneur. Souvenez-vous, Dieu n’est pas seulement dans l’objectif, il est dans le processus. Mais Jésus, reprenant le mandat de l’homme, n’est pas seulement appelé à régner sur les royaumes de la terre, mais aussi sur les reptiles qui rampent… Il repousse l’offre du serpent.
Jésus a passé le test. L’ennemi le laisse, attendant une occasion favorable (Luc 4:13). Mais comme Jésus peut dire : « Il n’a rien en moi ! » (Jean 14:30), le serpent ne trouve pas en lui de cette poussière de la terre, cette nature charnelle de laquelle il aime se nourrir. Alléluia ! Jésus était venu au désert rempli du Saint-Esprit (Luc 4:1). Il en repart revêtu de la puissance de l’Esprit (Luc 4:14). Il s’est passé quelque chose de crucial. Jésus a repris l’autorité au diable, il va commencer à détruire ses œuvres et à établir le royaume de Dieu. Il a passé le test.
Dans ma recherche personnelle, alors que je prenais conscience de la pauvreté de ma vie et du peu de puissance spirituelle en moi, j’ai lu un livre des années 1950, écrit par un homme du nom de A. A. Allen, un évangéliste ayant été témoin de nombreuses guérisons. Le titre de cet ouvrage est : « Un ministère de puissance : Quel en est le prix ? » Dès les premières pages, cet ouvrage m’a captivé. Je pouvais tellement m’identifier à la soif et à la recherche de cet homme ! Convaincu qu’il y avait plus des promesses divines à vivre dans sa vie que ce qu’il expérimentait, il était continuellement frustré. Si souvent, il s’est enfermé dans sa chambre pour chercher Dieu, pour en ressortir sans réponse, ou sans avoir persévéré jusqu’au bout. Un jour, alors qu’il était déterminé à jeûner et à chercher Dieu, il commença à sentir l’odeur du repas que son épouse préparait pour elle-même et leur fils. N’y tenant plus, il sortit de sa chambre, demandant : « Qu’est ce que tu nous prépares de bon, chérie ? » Il s’installa à table et, après avoir avalé la première bouchée, Dieu parla à son cœur : « Si tu ne désires pas par-dessus tout que je te parle, plus que toute autre satisfaction de la chair, je ne donnerai jamais réponse à la question de ton cœur. »
Allen retourna dans sa chambre sans manger quoi que ce soit de plus ! Il demanda à sa femme de l’enfermer à double tour depuis l’extérieur, et de ne pas rouvrir avant qu’il ait rencontré Dieu. Celle-ci sourit, elle connaissait son mari. Il avait déjà fait cela tant de fois. « Je t’ouvrirai quand tu me le demanderas », lui dit-elle. Je cite la suite directement de son ouvrage :
« Pendant des heures, je combattis le diable et la chair. A maintes reprises, je fus sur le point d’abandonner la partie : il me semblait que des jours s’écoulaient et mes progrès étaient si lents. Ne pouvais-je être satisfait ainsi et continuer comme avant ? Mais tout au fond de mon cœur et de mon âme, je savais que cela ne me suffirait plus.
Non, j’allais rester à genoux jusqu’à ce que Dieu me réponde, ou bien je mourrai dans cette tentative. »
A un moment donné, la gloire de Dieu commença à remplir la pièce. Il se retourna même pour vois si sa femme était entrée et avait allumé la lumière… « Je ne sais combien de temps j’avais attendu ainsi, mais peu importe, je ne tiens pas à le savoir. Je sais seulement que je priai jusqu’à ce que… » Le Seigneur commença à lui parler. Il lui montra les différents points qui, dans sa vie, empêchaient sa puissance de se manifester avec davantage de force.
La vie et le ministère d’A. A. Allen ont commencé à changer ce jour-là. Mais tout ne s’est pas fait d’un coup. Plusieurs de ces points ont demandé des années de travail jusqu’à la victoire totale. Il avait passé le test.
Le Seigneur travaillait donc mon cœur avec cette question depuis plusieurs mois. Quel prix suis-je prêt à payer pour vivre les promesses de Dieu ? Et c’est là que l’idée d’un jeûne de quarante jours commença à faire son chemin. Petit à petit, elle s’imposa à moi.
Serai-je capable de jeûner aussi longtemps ? J’avais déjà fait vingt jours, qui s’étaient bien passé, avec des jus de fruit comme boisson. Là je sentais que le Seigneur m’appelait à un jeûne strict, en ne buvant que de l’eau. Je savais aussi que je n’avais pas d’autre choix que de me connecter à ses ressources. « Sans toi, je ne peux rien faire ! »
Ma première démarche fut de renoncer à mes propres demandes : plus de la puissance de Dieu, plus de l’amour de Dieu, plus de révélation sur tel ou tel aspect… Seigneur, je veux entrer dans ton ordre du jour. Je sentais que ce jeûne devenait alors plus une offrande et une reconsécration que quoi que ce soit d’autre. En renonçant à me nourrir, je renonçais à une des choses que j’appréciais le plus au monde. Et ma chair en prenait un sacré coup !
Les vingt premiers jours se sont passés sans problèmes. Même si je pensais souvent à la nourriture, j’étais déterminé. A partir du vingt-deuxième jour, les choses ont commencé à se gâter. J’ai fait une crise de goutte au gros orteil gauche, la douleur était intense. Après avoir prié pendant deux jours pour ma guérison, je me suis résigné à aller chez le médecin. Cependant, à cause de mon jeûne, mon corps n’a pas supporté les médicaments et, après deux jours, je les vomissais. Notre fils Christopher a développé un impétigo qui se répandait sur son visage. Les enfants faisaient catastrophe sur catastrophe (verres cassés, renversés…). Un courrier est arrivé nous informant que l’adoption de Christopher nous était refusée, notre revenu financier étant insuffisant. Ce ne devait être qu’une formalité, et voilà que nous courrions le risque de voir notre fils nous être enlevé et ramené aux Philippines ! Avec ces différentes situations, ma femme se débattait pour gérer la famille et moi je n’arrivai pas à me lever de mon lit !
C’est là qu’est venue ma première tentation ! « Arrête donc de jeûner ! Tu ne vois pas que ça amène plus de problèmes qu’autre chose ? Ta femme et tes enfants ont besoin de ta présence. » Nous avons alors eu avec Joële plusieurs conversations chaudes. J’étais prêt à renoncer, je ne voulais pas voir ma famille souffrir… Puis nous avons commencé à réaliser ce qui se tramait, l’église qui nous accueillait a prié pour nous et nous avons passé l’étape.
La deuxième tentation est venue peu après. Mon orteil n’était pas guéri, ma femme a commencé à avoir des blocages dans son dos. Je priai pour moi, je priai pour elle. Le résultat ? Rien du tout. Pas de changement. « Arrête de prier pour la guérison. Tes prières n’ont aucune puissance. Ce n’est pas pour toi ! » Toutes les circonstances me prouvaient que cette voix avait raison. Mais les promesses de Dieu ? « Ils imposeront les mains aux malades et les malades seront guéris » (Marc 16:18), « Par ses meurtrissures nous sommes guéris » (Esaïe 53:5), « C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes maladies » (Psaume 103:3)… J’ai commencé à proclamer ces promesses, même si tout ce que je voyais autour de moi cherchait à me prouver le contraire. Les promesses de Dieu sont plus vraies que ce que je vois. Le vingt-huitième jour, j’ai fait une deuxième crise de goutte, à la cheville droite. Pendant deux jours, les douleurs étaient insoutenables. Je n’arrivais plus poser le pied par terre, et mon orteil gauche n’était pas encore guéri. Imaginez la scène ! J’allais aux toilettes à quatre pattes, et la simple position assise me faisait tourner la tête. Cependant, je continuais à confesser les promesses de Dieu. Il n’est pas un homme pour mentir et, quoi que l’ennemi essaie de me faire croire, je n’allais pas ouvrir de porte à l’incrédulité, à la rationalisation et au défaitisme.
14 Décembre 2009

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