mercredi 24 août 2011

La liberté, c'est (pour)quoi?

Cette semaine, j'avais envie de vous mettre un article de fond très intéressant envoyé par Jeff Fountain, ancien directeur de Jem Europe: La liberté, c'est (pour)quoi?

Il était nécessaire aujourd'hui de repenser fondamentalement l'idée de liberté, vingt ans après que des millions d'Européens de l'Est aient été libérés de leurs gouvernements oppressifs. André Rouvoet, premier ministre des Pays-Bas, a expliqué les choses suivantes à une audience de leaders du monde politique, des églises et de l'industrie la semaine dernière à Bruxelles pendant le Petit Déjeuner de Prière du Parlement Européen.
Il rappela un commentaire d'une personnalité des medias réputée aux Pays-Bas qui avait fuit la Tchécoslovaquie en 1968. S'attendant à voir des personnes heureuses célébrer leur existence libre dans notre pays, il découvrit à la place des "visages sombres", comme si personne n'appréciait réellement le fait d'être libre. "C'était comme s'ils voulaient plus de quelque chose qu'ils avaient déjà."
La question qui trouble l'ex-citoyen tchèque encore aujourd'hui était: "La liberté, c'est quoi exactement?"
Une excellente question, dit Rouvoet. Car beaucoup ont dit que la liberté, c'est la maximisation du droit individuel de faire ce que vous avez envie tant que cela n'empiète pas sur les droits de vos concitoyens.
Le bon côté de cette idée, c'était la garantie d'une liberté économique et politique.  L'inconvénient, c'était qu'elle semblait avoir oublié le but de la liberté. Le style de vie occidental consistait à "acheter des choses dont nous n'avons pas besoin pour impressionner des gens que nous n'aimons pas", dit Rouvoet.
C'était également vrai en ce qui concerne notre vie économique à plus large échelle. La poursuite exagérée du profit et de la consommation a entraîné les crises financières et environnementales globales actuelles.
Sur un plan politique, la liberté était aussi menacée d'absolutisation des droits individuels: le droit d'insulter, ou le droit à "un traitement égal", qui interdisait aux organisations religieuses de n'engager que du personnel ayant les mêmes convictions.
L'idée libérale de liberté comme maximisation des droits individuels n'a offert qu'un concept négatif de la liberté. Elle a conduit à un sentiment de non sens, dit-il.

Tache aveugle
Ainsi notre compréhension de la liberté a-t-elle besoin d'être repensée: La liberté, c'est pourquoi? Rouvoet demanda si nous pouvions trouver un concept de liberté qui servirait nos besoins économiques au lieu de notre avidité; qui jouirait de la Création au lieu de l'épuiser; qui honorerait nos voisins au lieu de blesser leurs sentiments les plus profonds; qui entendrait la voix des minorités au lieu de les réduire au silence; et qui défendrait les droits des autres au lieu d'essayer de les confiner.
Paul, proposa-t-il, a écrit quelques lignes aux Galates concernant une telle liberté: "C'est à la liberté que vous avez été appelés. Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour suivre les désirs de votre nature propre. Au contraire, soyez par l'amour serviteurs les uns des autres." (5:13)
Oui, l'homme était censé être libre, mais pour cela, il devait échapper à son égocentrisme. C'était le chaînon manquant, dit Rouvoet, la tache aveugle dans le concept négatif de liberté largement répandu. C'est pourquoi la culture occidentale a eu tendance à sortir du bon chemin et n'a pas pu jouir des fruits de la vraie liberté.
Les Dix Commandements ont enseigné Israël à mener une vie bonne. Et pourtant, pour des oreilles modernes, il était difficile de comprendre que la loi n'était pas une cage morale pleine de restrictions, mais le chemin qui conduit à la liberté.
A moins que nous ne cessions de nous répéter le mensonge que nous sommes nés pour être des individus autonomes qui ont le droit de faire ce qu'ils veulent (un mensonge qui justifiait notre égocentrisme au lieu de nous en libérer), notre société ne sera pas sur la voie de la liberté, mais sur celle de la dégradation sociale et même de l'autodestruction planétaire.

Compassion
Rouvoet souligna aussi le rôle des membres des gouvernements comme "serviteurs de Dieu" (Romains 13), ne laissant aucune place au totalitarisme. La séparation de l'église et de l'état a été une authentique idée biblique, mais elle n'impliquait pas que le gouvernement puisse être moralement indifférent ou neutre. La liberté de la société était garantie au mieux lorsque le gouvernement s'abstenait d'interférer dans les sphères de la société. Il ne devrait intervenir dans la souveraineté d'une sphère que si des gens se mettent à agir contre les normes de justice publique.
Notre voix dans léa sphère publique serait plus efficace, suggéra Rouvoet, si nous montrions de la compassion plutôt que du jugement, en en plaçant l'intérêt des autres en premier. Nous devrions, par nos actes et attitudes, clarifier la raison pour laquelle nos idées et nos propositions permettraient à notre société de s'améliorer.
Nos vies personnelles devraient être libérées de l'égocentrisme. C'est seulement alors que nous pourrons être ce que Paul a appelé des "lettres vivantes", parlant aux autres de l'amour de Dieu et de la liberté qu'une relation vivante avec lui peut nous apporter. 
Ensuite, en tant que disciples de Jésus, nous pourrons engager une conversation sur la "vraie liberté" pour l'Europe, conclut Rouvoet devant l'assemblée de leaders réunis...
A la semaine prochaine,
Jeff Fountain

Jeff écrit chaque semaine une réflexion similaire appelée Weekly Word (en anglais). Pour vous y abonner : http://list.ywam.eu/listinfo.cgi/ww-ywam.eu
09 Décembre 2009

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