En Christ
Avez-vous remarqué que la Parole de Dieu n’utilise jamais les expressions « relation avec Dieu » ou « intimité avec Dieu » ? Bien sûr, ces idées sont présentes tout au long de la Bible, mais j’aimerais m’arrêter dans ce chapitre sur une autre expression biblique, que l’on trouve à maintes et maintes reprises dans le Nouveau Testament : en Christ. Cela implique l’idée d’une relation, mais cela parle aussi d’une position. Dans Jean 15, Jésus développe la parabole du cep et des sarments, et il donne ces paroles aux versets 4 à 7 : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. » Pour entretenir une relation, il ne faut pas être trop loin l’un de l’autre. Pour vivre l’intimité, il faut être tout proche. Mais nous restons à l’extérieur. Être en Christ est encore plus que cela, puisque cela nous fait entrer dans la personne de Christ.
Demeurer en Christ est donc un aspect crucial de notre vie chrétienne. C’est le seul moyen de porter du fruit, c’est la seule façon de voir Christ demeurer en nous ! Que signifie demeurer en Christ ? C’est une question que j’ai portée pendant de nombreuses années, car je ne voulais pas me contenter de commentaires obscurs et théoriques. Il ne s’agit pas que d’un concept théologique symbolique ! Demeurer en Christ, c’est demeurer dans un lieu spirituel. C’est être fermement ancré dans ce qu’il a dit, dans ce qu’il a fait, dans ce qu’il a acquis. C’est vivre de ses promesses et de ses paroles, et les voir comme plus réelles que ce qui est visible à nos yeux. Je suis loin d’avoir tout compris ce que cette expression implique. J’ai besoin de révélation. Mais avançons un peu dans cette compréhension. Dans Ephésiens 1:8-9, Paul nous parle du mystère de la volonté de Dieu, du dessein qu’il a prévu de toute éternité, à savoir « réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. » Christ est le point de rencontre entre la terre et le ciel. Il est à la fois fils de l’homme et fils de Dieu. Ce qui est dans le ciel est déjà en Christ. Le Père est en Christ, selon Jean 17:21 : « … afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé » et, selon Colossiens 2:9 : « Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. » Demeurer en Christ, c’est demeurer dans ce qui éternel, c’est demeurer dans la vie du ciel, c’est demeurer dans le projet ultime de Dieu.
En fait, tout a été créé en lui, par lui et pour lui, les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, les trônes, les dignités, les dominations, les autorités. Il est avant toute chose et tout subsiste en lui (Colossiens 1:16-17). Après la révolte de Satan et la chute de l’homme, entraînant à sa suite toute la création dont il avait reçu la gestion, nous avons été coupés de cette position en Christ, là où le ciel et la terre sont à l’unisson, où il n’y a pas de dichotomie entre le spirituel et le naturel, où ce que nous voyons par la foi est aussi réel que ce que nous percevons par les sens. Mais, en envoyant Jésus-Christ, Dieu « a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix » (Colossiens 1:20). Il y a, par le sacrifice de Jésus, à nouveau la possibilité pour l’homme de demeurer en Christ ! Ephésiens 2 :15 nous dit que, « ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix. » Avec les deux, soit les païens et les Juifs, ceux qui étaient loin et ceux qui étaient près, mais qui étaient tous séparés de Dieu. Il y a maintenant en Christ un homme nouveau ! Homo Christus ! L’homme en Christ ! L’homme vivant en celui qui est oint, dans la même onction pour régner, exercer l’autorité, chasser les démons, guérir les malades, porter l’image de Dieu…
Dieu a pourvu par la croix à un nouveau terrain où nous pouvons planter nos racines, les lieux célestes : « Il nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus Christ » (Ephésiens 2:6). Nous suivons Christ dans sa mort, dans sa résurrection, puis dans son ascension et sa glorification. Nous sommes élevés et établis dans ces lieux célestes avec lui. Ces lieux célestes, en Christ, dans lesquels Dieu nous a bénis de toute sorte de bénédictions spirituelles (Ephésiens 1:3) ! Ces lieux célestes représentent le même lieu spirituel que l’expression « en Christ ». Et Dieu a pourvu à tout pour que nous demeurions dans cette nouvelle position, dans ce lieu spirituel. « Tout est accompli ! » Nous sommes déjà en Christ, selon 1 Jean 5:20 : « Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et qu’il nous a donné l’intelligence pour connaître le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable, en son Fils Jésus Christ. » A nous maintenant de nous approprier ces choses, qui nous sont destinées, qui sont déjà à nous. A nous de les rendre actives dans nos vies !
« Or, aussi longtemps que l’héritier est enfant, je dis qu’il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit le maître de tout. » En Christ, nous sommes maîtres de tout ! Mais tant que nous sommes enfants, nous restons dans l’état d’esclaves, et nous ne pouvons pas jouir de cet héritage. 1 Corinthiens 3:1 : « Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. » Être enfant en Christ, c’est être encore esclave de notre chair avec ses limites et de la loi, l’alliance de la chair. Mais alors que la chair est laissée à la croix, que nous passons réellement par la mort, nous pouvons poursuivre notre croissance et activer dans nos vies la plénitude de la vie céleste et notre nouvelle position en Christ. « Tout est à vous ; et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu » (1 Corinthiens 3:23). En Christ, nous entrons dans les « tout » de l’Ecriture et dans l’abondance et les superlatifs de Dieu. Nous goûtons à la richesse « surabondante » de sa grâce, nous sommes « plus que vainqueurs », nous rencontrons un Dieu qui fait « infiniment plus que ce que nous demandons ou pensons »…
Voyons maintenant quelle est notre richesse en Christ, ce qu’implique ce « toute bénédiction spirituelle » cité plus haut. En Christ, nous avons la vie, le mouvement et l’être (Actes 17:28), nous sommes rachetés (Romains 3:24), affranchis de la loi du péché et de la mort (Romains 8:2), vivants pour Dieu (Romains 6:11). En Christ, il n’y a plus de condamnation (Romains 8:1), nous avons été sanctifiés (1 Corinthiens 1:2), la grâce de Dieu nous a été accordée (1 Corinthiens 1:4), nous avons été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance (1 Corinthiens 1:5). En Christ, tous revivront (1 Corinthiens 15:22), nous avons le « oui » et l’« Amen ! » divin concernant toutes les promesses de Dieu (2 Corinthiens 1:19-20), nous triomphons toujours (2 Corinthiens 2:14), le voile sur notre entendement disparaît (2 Corinthiens 3:14). En Christ, nous sommes une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles (2 Corinthiens 5:17). En lui, nous devenons justice de Dieu (2 Corinthiens 5:21), la bénédiction d’Abraham pour les païens trouve son accomplissement (Galates 3:14), nous avons la liberté (Galates 2:4). Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous nous sommes un en Jésus Christ (Galates 3:28). En Christ, Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui (Ephésiens 1:4), nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce (Ephésiens 1:7). En lui, nous sommes aussi devenus héritiers (Ephésiens 1:11), nous avons cru et avons été scellés du Saint-Esprit (Ephésiens 1:13), nous avons été créés pour de bonnes œuvres préparées d’avance (Ephésiens 2:10). En Christ, nous avons été pardonné (Ephésiens 4 :32), Dieu pourvoira à tous nos besoins (Philippiens 4:9), nous avons tout pleinement (Colossiens 2:10). En lui, nous sommes glorifiés (2 Thessaloniciens 1:12), nous avons le salut (2 Timothée 2:10), nous avons été appelés à sa gloire éternelle (1 Pierre 5:10). Dieu a voulu que toute plénitude habite en lui (Colossiens 1:19).
20 Janvier 2010
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