mercredi 24 août 2011

Plus de Toi, moins de moi - Chapitre 28

La révélation des fils de Dieu
En fait, il y a encore une autre dimension, celle qui correspond à devenir fils. Plusieurs textes dans la Parole nous parlent de l’Esprit d’adoption. Dans la culture de l’époque, l’adoption n’avait rien à voir avec ce que nous appelons adoption aujourd’hui, où nous accueillons dans notre famille un enfant qui n’a plus de parents ou dont les parents ont renoncé à leurs droits parentaux. Nous ne sommes pas des enfants adoptés pour Dieu, nous sommes des enfants de naissance, de par notre nouvelle naissance. Dès notre nouvelle naissance, nous sommes appelés enfants de Dieu (Jean 1:12).
Le Nouveau Dictionnaire Biblique nous donne la définition suivante de l’adoption : admission d’une personne dans la position et dans les privilèges d’un enfant légitime (du grec « huiothesia » : établir en qualité de fils).
Il y a trois mots grecs pour le mot fils :
·         « Teknion », appliqué pour un enfant nouveau-né.
·         « Teknon », pour un enfant qui a mûrit mais qui n’est pas encore prêt pour des responsabilités.
·         « Huios », pour le fils établi qui a des responsabilités, qui s’occupe des affaires de son père.
Dans les pays bibliques, un enfant de sexe masculin n’était appelé « huios » qu’après que son père l’ait reconnu et établi, par l’adoption, comme un fils légitime. L’enfant passait au statut de fils, avec tous les droits et les privilèges que cela comportait : il recevait le nom de son père, un droit à l’héritage et à la succession. Il recevait non seulement les droits et les privilèges, mais aussi les responsabilités et l’autorité. Ainsi, dans la Bible, l’adoption nous parle plutôt de notre position en Christ que de notre relation avec lui.
Paul fait allusion à cela dans l’épître aux Galates : « Or, aussi longtemps que l’héritier est enfant, je dis qu’il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit le maître de tout ; mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu’au temps marqué par le père. Nous aussi, de la même manière, lorsque nous étions enfants, nous étions sous l’esclavage des rudiments du monde ; mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos coeurs l’Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu » (Galates 4:1-7).
Jusqu’au temps marqué par le père… (v. 2). C’est le père qui décide quand l’enfant est prêt pour l’adoption, prêt à assumer des responsabilités dans son œuvre, prêt à s’occuper de ses affaires. On est des enfants quand on se sert de Dieu pour obtenir des choses. Le fils veut représenter son père. Il veut l’honorer, chercher les intérêts de son père.
Jésus a passé par l’adoption : « Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection » (Matthieu 3:16, 17).
Comprenez bien cette étape : les Evangiles nous parlent de Jésus à douze ans, l’âge où il devait passer sa bar-mitzvah, cérémonie qui devait le faire entrer dans le monde officiel des adultes. A douze ans, Jésus rêvait déjà d’entrer dans les affaires de son père. Cependant, son apprentissage n’était pas terminé. Avant d’être établi comme fils, il a d’abord dû croître en sagesse, en stature et en grâce, devant Dieu et devant les hommes (Luc 2:52). Il a d’abord dû servir pendant des années dans l’humilité, incognito. C’est la voie à suivre pour chacun de nous.
Croître en grâce, c’est grandir dans cette connaissance et cette révélation que tout vient de Dieu. Pour ma part, j’ai réalisé il y a quelques mois que la grâce qui sauve était bien ancrée. La grâce en tant qu’amour inconditionnel également. Par contre, je devais encore avoir cette révélation de la grâce qui équipe, que Dieu fait en nous ce qu’il nous demande d’être dans la mesure où nous nous connectons à sa source. Nous avons vu qu’être fils est plus en rapport avec notre position en Christ qu’avec notre relation avec lui. On peut avoir cette révélation de l’amour de Dieu. On doit l’avoir. Mais on peut vivre dans la grâce et continuer d’être profondément charnels, tout en sachant que Dieu nous aime. Une mauvaise compréhension de la grâce, une consommation débridée de son amour tue en nous la crainte de l’Eternel et stoppe notre croissance dans la maturité, nous maintenant dans l’enfance.
Croître en stature parle du développement physique, mais aussi de la capacité à être responsable. De soi, de son couple, de sa famille, dans les petites choses que Dieu nous confie. Porter des responsabilités avec intégrité et droiture, avec fidélité et constance.
Croître en sagesse, c’est croître dans notre connaissance de Dieu et notre compréhension de comment vivre avec lui, comme nous en avons déjà parlé.
Croître devant Dieu et devant les hommes. Pas seulement devant Dieu, comme certaines personnes pleines de zèle qui coupent toute redevabilité avec les hommes pour faire ce que Dieu leur demande. En fait, ce n’est pas ce que Dieu nous demande. Si tu ne sais pas te soumettre à un homme, que tu vois, comment peux-tu prétendre être soumis à Dieu que tu ne vois pas ? En fait, tu ne pourras pas gérer l’autorité que Dieu veut te donner en tant que fils si tu n’es pas toi-même sous une autorité. Beaucoup de personnes dans notre nation se plaignent aujourd’hui du manque de pères, et c’est vrai qu’il y a un énorme besoin. Mais je crois que le vrai défi est que beaucoup d’entre nous devons apprendre à devenir des fils. Il y a une telle attente sur des pères, une telle disponibilité et perfection recherchée que peu de personnes pourront jamais prétendre à cette stature. Et peu le voudront !
Tu veux te préparer à être fils, apprends à servir sous un père terrestre, à le servir lui, même s’il n’est pas parfait. A servir sa vision. Honore-le. Défends-le. Sers-le. Recherche son cœur. C’est ainsi qu’ont été préparés des Josué, des Elisée, des Timothée, ainsi que les disciples de Jésus. C’est ainsi qu’a été préparé Jésus lui-même, servant la vision de Joseph, servant à ses côtés, reprenant son entreprise (il semble que celui-ci soit décédé avant que Jésus ne soit baptisé). « Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? » (Luc 16:12).
Un fils reçoit la correction et la discipline du Seigneur, il l’aime et la recherche, car son plus grand désir est de lui plaire et de faire sa volonté (Hébreux 12:6-8). Et comment vient la correction du Seigneur ? Parfois au travers des circonstances, comme pour Joseph, qui a été préparé à ses immenses responsabilités futures par l’esclavage, l’injustice et la prison. Souvent au travers des responsables que Dieu a mis sur notre chemin, de nos parents terrestres… Même imparfaits ! Le texte d’Hébreux 12 nous rappelle que la discipline et la correction est pour les fils, et nos églises doivent réapprendre à la pratiquer pour aider le peuple de Dieu à grandir dans la maturité. Et le peuple de Dieu doit apprendre à la recevoir sans se poser en victime, fuir dans l’église voisine en cassant du sucre sur le dos des responsables. C’est là la marque des enfants charnels !
Et Jésus n’était pas pressé. Il ne cherchait pas à provoquer ce moment où « les choses sérieuses » (je parle à la manière des hommes) allaient commencer. Il savait que cela ne dépendait pas de lui. Le moment fixé par le Père… La part de Jésus consistait à veiller sur son attitude, sur sa croissance et son service fidèle, attendant patiemment, laissant au Père le contrôle.
Cela me fait penser à l’histoire de David. Celui-ci avait reçu l’onction en tant qu’enfant. Il savait à quoi il était appelé. Il avait reçu l’onction de Dieu pour la royauté. Et qu’a fait David ? Il est retourné garder ses moutons. Il ne s’est pas pris la tête. Il a laissé le contrôle à Dieu.
Les années ont passé, David a tué Goliath, il a été engagé comme chantre puis comme officier au service de Saül, puis les problèmes ont commencé. Pourchassé par Saül, il s’est enfui, chez les Philistins, puis a erré dans le royaume, fuyant son ancien maître qui cherchait à le tuer. Par deux fois, Saül s’est retrouvé entre ses mains, et David aurait eu la possibilité de lui ôter la vie. Ses hommes les poussaient à cela : « C’est l’Eternel qui livre ton ennemi entre tes mains ! » (1 Samuel 24:4, 26:8). David aurait pu le faire : il avait reçu l’appel et l’onction pour être roi d’Israël. Le roi était manifestement devenu fou. Tous les arguments étaient pour lui. Un seul geste et il s’emparait légitimement de la royauté. Par ses propres forces. Mais David connaissait son Dieu : « Je ne porterai pas la main sur l’oint de l’Eternel ! » (1 Samuel 24:6, 26:9). David non seulement refusait de porter la main, mais il n’élevait pas sa langue pour juger Saül ! Pas une critique ! Pas un jugement ! Il connaissait son Dieu et le craignait. Il était intègre même sous la pression et la persécution. Pas étonnant que, malgré ses erreurs, Dieu l’ait désigné comme un homme selon son cœur.
David se savait oint et appelé, mais il allait laisser Dieu faire. Il n’allait pas se placer, se promouvoir, chercher à prendre une place. Il laissait à Dieu le contrôle. Au temps marqué par le Père…
A partir de son baptême, Jésus a commencé à s’occuper des affaires de son Père. Etabli comme fils, il jouit de tout ce qui est à son Père. « Tout ce qui est à moi est à toi ! » C’est le privilège des fils. « Celui qui vaincra héritera ces choses ; je serai son Dieu, et il sera mon fils » (Apocalypse 21:7).
Nous aussi, lorsque nous entrons dans ce statut de fils, nous devenons pleinement héritiers, co-héritiers avec Christ de toutes les ressources et promesses qui sont en lui.
Lorsque nous devenons fils, nous entrons réellement participants dans l’œuvre du Père, nous nous l’approprions. « Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu » (Romains 8:19).
08 Décembre 2009

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