Ne pas rester enfants
« Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ » (1 Corinthiens 3:1). Paul assimile l’état charnel à l’état d’enfant en Christ. Réfléchissons un moment sur cette analogie.
Un enfant est centré sur lui-même. Tout tourne autour de son plaisir, de ses besoins, de ses envies. Il n’y a pas de sacrifice. D’ailleurs, ce ne serait pas juste à cette étape.
Un enfant est dépendant des autres. Il ne sait pas prendre ses responsabilités et cherche à ce que les autres prennent des décisions à sa place. Il a besoin qu’on lui dise ce qu’il doit faire, il n’a pas de discipline propre.
Un enfant a de la peine à prendre du recul, il se fait souvent prendre par l’esprit ambiant. Il a peu de discernement et de jugement.
Un enfant n’est pas autonome. Il ne peut se nourrir tout seul, ne peut faire ses courses, prendre un appartement, avoir un métier…
Un enfant vit pour jouer, pour le fun et les loisirs. Il endure le reste.
Voyez-vous, cette description physique me fait ma fois penser à l’état spirituel de beaucoup de membres de nos églises. Et nos fonctionnements nous poussent à rester dans cet état. Je suis fatigué de ces prières où on nous invite à venir sur les genoux du Père et à recevoir son amour. Dieu veut faire de nous des hommes et des femmes matures, et il désire nous montrer son amour de manière virile et adulte.
« Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant » (1 Corinthiens 13:11).Une des raisons pour lesquelles nous sommes appelés à quitter cet état d’enfant, c’est que tant que nous sommes des enfants, notre condition n’est guère différente de celle d’un esclave et que nous ne recevons pas l’héritage qui est le nôtre en Christ : « Or, aussi longtemps que l’héritier est enfant, je dis qu’il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit le maître de tout ; mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu’au temps marqué par le père » (Galates 4:1-2). Comme nous allons le voir dans cette section, nous avons un immense héritage en Christ, mais nous ne le recevrons pas tant que nous sommes dans l’état d’enfant spirituel. Nous sommes déjà maîtres de tout, l’héritage nous est réservé en Christ, mais nous ne remplissons pas les conditions de maturité pour le recevoir. Les enfants en Christ ne prennent pas « part à la nourriture solide » (1 Corinthiens 3:2, Hébreux 5:13), ils sont « flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction » (Ephésiens 4:14).
« Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom. Je vous écris, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le malin. Je vous ai écrit, petits enfants, parce que vous avez connu le Père. Je vous ai écrit, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le malin » (1 Jean 2:12-14). Nous voyons dans ce passage de 1 Jean trois niveaux de maturité. D’enfants, nous devons devenir des jeunes gens, puis des pères.
Les petits enfants sont décrits ici comme étant ceux dont les péchés sont pardonnés et qui ont connu le Père. J’ai été passablement remis en question par cette croissance vers la maturité, avec cette impression récurrente que beaucoup d’entre nous ne dépassent pas l’étape des petits enfants décrite dans ce passage. Oui, nous expérimentons le pardon des péchés, mais nous continuons malgré tout à commettre les mêmes encore et encore ! Oui, nous découvrons le Père, mais avec le risque d’arrêter la croissance de notre vie chrétienne à une consommation débridée de son amour et de rester centrés sur nous-mêmes. Et que dire de la grande partie des personnes constituant nos églises ne connaissant pas réellement le Père, ni le pardon des péchés ? Aide-nous, Seigneur !
Les jeunes gens sont décrits comme étant ceux qui sont forts, en qui la parole de Dieu demeure et qui ont vaincu l’ennemi. Il y a une dimension d’autonomie, ils se nourrissent eux-mêmes de la Parole, et pas seulement des méditations du pasteur le dimanche matin ou du commentaire d’un autre. L’amour et la soif de la Parole de Dieu est un des plus grand manque de l’église de notre nation aujourd’hui. Sans le lait pur et non frelaté de la Parole, nous resterons des enfants. Combien de temps passez-vous dans la parole de Dieu ? Quelle est votre soif de cette Parole ? Dieu veut et peut répandre la soif de sa Parole si tu commences à le lui demander (Amos 8:11). Quels seront les effets de la Parole dans vos vies ?
Elle nous garde du péché : « Je serre ta Parole dans mon cœur afin de ne pas pécher contre toi » (Psaume 119:11).
Elle nous sanctifie : « Sanctifie-les par ta vérité » (Jean 17:17).
Elle nous rend libre : « La vérité vous rendra libre » (Jean 8:32).
Elle nous dirige et nous éclaire : « Ta Parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon sentier » (Psaume 119:105).
Elle suscite la foi : « Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ » (Romains 10:17).
Elle rend sage et intelligent : « La révélation de tes paroles éclaire. Elle donne de l’intelligence aux simples » (Psaume 119:130).
Elle nous régénère : « Vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu » (1 Pierre 1:23).
Et j’en passe, et des meilleures ! Les promesses liées à la lecture, à l’étude et à la méditation de la parole de Dieu sont extraordinaires. Et plus encore pour ceux qui la mettent en pratique ! « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre » (2 Timothée 3:16, 17).
Les jeunes gens sont donc pleins de la parole de Dieu. Le résultat ? Ils sont forts et entrent dans une vie de victoire. Ils ont une attitude conquérante. Ils sont une menace pour l’ennemi, qui préfère nous maintenir à l’état d’enfants. Quand des enfants spirituels s’attaquent à son Royaume, ils font beaucoup de bruit mais ont peu d’impact. Je suis affolé parfois de voir certains jeunes prendre autorité sur des puissances célestes sur une ville ou une nation alors qu’ils vivent encore dans le péché et dans la défaite dans leur propre vie ! L’autorité s’acquiert une étape après l’autres, et les victoires intérieures précèdent les victoires extérieures.
Puis viennent les pères qui, pour leur part, ont connu celui qui est dès le commencement. Qui est-il ? Il s’agit bien sûr du Créateur. Les pères sont des créateurs : ils engendrent des fils et des filles, ils exercent l’autorité d’une manière saine et libératrice, ils valorisent et affermissent les autres, ils se livrent et donnent de leur personne… Dieu veut faire de nous des pères et des mères.
02 Décembre 2009
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