mercredi 24 août 2011

Plus de Toi, moins de moi -Chapitre 34

Régner avec Christ
« Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre » (Genèse 1:26).
Nous voyons que l’homme créé par Dieu a été créé pour dominer, ou régner. De toute éternité, le projet de Dieu est de créer une communauté de personnes qui règne avec lui. Nous le retrouvons tout au long du Nouveau Testament jusque dans l’Apocalypse :
« …Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui » (2 Timothée 2:12).
« Tu as fait d’eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre » (Apocalypse 5:10).
« Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n’a point de pouvoir sur eux; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans » (Apocalypse 20:6).
« Il n’y aura plus de nuit ; et ils n’auront besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles » (Apocalypse 22:5).
Ce verbe « dominer » a une consonance négative en français, mais en hébreu, il reflète ce que l’homme est appelé à faire, en commençant par le jardin : le cultiver et le garder (Genèse 2:15). Cultiver vient de l’hébreu abad, qui signifie : travailler, servir, arranger, faire fructifier. L’homme est appelé à faire fructifier son jardin, à le servir, à en prendre soin de telle sorte que celui-ci produise le maximum de son potentiel et soit une source de bénédiction. Garder vient de l’hébreu shamar, qui signifie : protéger, sécuriser, surveiller, ériger une barrière. C’est une mention qu’il y a un ennemi à l’extérieur et que l’homme est appelé à ne pas le laisser entrer. L’homme, appelé à régner sur la terre, commence par régner dans un jardin, et la caractéristique de son règne n’est pas une domination contrôlante et étouffante où il se servirait lui-même, où il utiliserait les ressources à disposition pour assouvir ses besoins et ses désirs. Non, le règne auquel l’homme est appelé est, à l’image du règne de Christ, caractérisé par un esprit de service : servir et faire fructifier ce qui est placé sous son autorité et le protéger de l’ennemi.
Dans Luc 19, Jésus raconte la parabole des mines. Semblable à celle des talents, celle-ci cite cependant spécifiquement quelles seront les grandes choses que Dieu donnera à ceux qui auront été fidèles dans la gestion des petites. Nous lisons au verset 17 : « C’est bien, bon serviteur; parce que tu as été fidèle en peu de chose, reçois le gouvernement de dix villes. »
Cette vie que nous vivons est donc un apprentissage. Un apprentissage à gérer notre jardin, à le cultiver et à le garder. Un apprentissage à gérer les petites choses que Dieu nous confie, préparation pour de plus grandes qui ont tout à voir avec un gouvernement, un règne. Notre vie est une école de règne !
Cependant, il ne s’agit pas que de se préparer en vue d’un règne futur. Nous sommes déjà appelés à régner dans cette vie. « Si par l’offense d’un seul la mort a régné par lui seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils dans la vie par Jésus Christ lui seul » (Romains 5:17).
Que signifie cette expression : « régner dans la vie » ? Quelles caractéristiques notre « règne » est-il censé avoir ?
Tout d’abord, il ne s’agit pas de quelque chose à vivre à partir de nos propres forces. Le texte de Romains est clair : ceux qui régneront sont ceux qui ont reçu l’abondance de la grâce et le don de la justice. Si nous ne recevons pas la grâce de Dieu (la capacité de Dieu, son regard, son amour inconditionnel, la capacité de se donner sans rien attendre en retour) et sa justice (son pardon, la position que nous avons en lui), nous ne pourrons pas régner. Nous ne pourrons régner que « par Jésus-Christ lui seul » !
Ensuite, régner sur quelque chose, c’est soumettre cette chose à notre autorité. « Soumettez la terre » est le mandat de Genèse 1. Nous ne devons soumettre quelque chose que si cette chose est en rébellion ouverte. Dans nos vies aussi, nous sommes appelés à soumettre la terre, soumettre ce qui est terrestre, charnel, et le remplir de l’image de Dieu. « Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds » (1 Corinthiens 15:25). C’est vrai pour Jésus, et c’est vrai pour chacun des membres de son Corps.
Nous sommes amenés à régner sur les puissances des ténèbres, « les reptiles qui rampent sur le sol »
Nous sommes appelés à régner sur et dans les circonstances. Je me rappelle de ce camp où nous avions des problèmes de locaux. N’ayant pas suffisamment de salles, un groupe de danse devait répéter ses chorégraphies à l’extérieur. Chaque matin, il pleuvait à verse et, pendant la rencontre en commun, nous priions avec foi que Dieu fasse cesser la pluie. Chaque après-midi, la pluie s’était arrêtée. L’avant-dernier jour du camp, nous avions prévu de sortir dans les rues de la ville pour évangéliser et témoigner de Jésus. A nouveau, le matin, des trombes d’eau tombaient du ciel. Nous avons prié, mais elles ne se sont pas arrêtées. Nous avons prié, et prié encore. Mais rien à faire. Nous sommes sortis sous la pluie, avons dansé sous la pluie. Malheureusement, personne ne passait à cause du mauvais temps. Nous nous sommes alors retrouvés avec les responsables et avons demandé au Seigneur ce qu’il voulait que nous fassions. Il nous a alors parlé : « Il n’y a personne pour vous voir, mais moi je suis là ! Offrez-moi vos danses ! » Nous avons partagé cette pensée aux enfants, et une chose étonnante s’est produite. Une joie incroyable a commencé à se répandre sur l’équipe, et le spectacle suivant a été d’une intensité extraordinaire, la joie du Seigneur se lisant sur les visages et dans les gestes. Ce soir-là, le Seigneur me parla : « Pendant la semaine, vous avez appris à être vainqueurs sur les circonstances. Aujourd’hui, vous avez appris à être vainqueurs dans les circonstances ! » Ouah ! Quelle leçon ! Parfois, Dieu délivre et parfois pas (je parle des circonstances, pas des démons, dont Dieu nous délivre toujours !).
Par exemple, les chrétiens qui louaient le Seigneur en chantant dans l’arène alors que les lions les dévoraient, ont été vainqueurs. Ils ont régné ! Le passage de Hébreu 11 qui nous parle des héros de la foi se termine de manière intéressante. Les versets 33 à 35 nous parlent de ceux « qui, par la foi, vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l’épée, guérirent de leurs maladies, furent vaillants à la guerre, mirent en fuite des armées étrangères. Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résurrection. » Mais le passage continue jusqu’au verset 38 : « D’autres furent livrés aux tourments, et n’acceptèrent point de délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection. D’autres subirent les moqueries et le fouet, les chaînes et la prison ; ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée, ils allèrent çà et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, eux dont le monde n’était pas digne, errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre. »
Tous ont régné, tous ont été des hommes et des femmes de foi. Certains ont été délivrés de leurs circonstances, d’autres pas. Quelles que soient tes circonstances, tu es appelé à régner sur elles !
Régner, c’est sortir de la mentalité de victime et sortir de la passivité. C’est sortir du fonctionnement réactif et devenir proactif. Pensez à Christ ; le film « La Passion » nous l’a rappelé dernièrement : Jésus a passé par des souffrances physiques indescriptibles, sans parler des souffrances morales et spirituelles. Pourtant, sur la croix, il bénissait ceux qui le persécutaient. « Père, pardonne-leur… » Sur la croix, Jésus, régnait ! Il n’a pas laissé les circonstances dicter et justifier ses réactions. En fait, il n’a pas réagit. Il a agit, dans l’esprit opposé. Il a régné ! Régner, c’est prendre de l’élévation pour réagir selon Dieu.
A sa suite, nous pouvons choisir nos attitudes. Ce n’est pas parce qu’il pleut que je dois être de mauvaise humeur ! Ce n’est pas parce qu’on m’a insulté que je dois répondre par le mépris, la critique ou la haine. Je ne suis pas une victime ! Je peux choisir ma réaction ! Je peux régner dans la vie, par Jésus-Christ ! Je peux régner quand je sais qui je suis en Christ et qui il est en moi !22 Février 2010

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