dimanche 11 novembre 2018

William Booth et sa vision pour les enfants et les familles (3)

Impact de transformation

William Booth était révolutionnaire de nombreuses façons:

1.       Il accordait de la valeur aux enfants. Par exemple, quand il visitait l’Australie, William prit le temps, comme d’ailleurs dans tous ses voyages, de visiter des écoles et d’enseigner les enfants. «Le Général visite une école d’état avec plus d’un millier d’enfants. Il s’arrête dans chaque classe pour s’adresser aux enfants et leur faire un petit sermon. Il était frappé par le chant des enfants, inspiré par leurs mouvements…»[1]

2.   Il s’est battu pour leur protection (dans la famille, sur les places de travail, dans la société) et a pris soin de leurs besoins. William avait un cœur plein de compassion pour les enfants. Il a dit une fois: «Partout ou des petits enfants gémissent, l’Armée du Salut doit y être.»[2] Par exemple, il a écrit en Inde: «Nous avons rassemblé de nombreux enfants orphelins et abandonnés et les avons élevés comme s’ils étaient les nôtres.»[3] Sur son lit de mort, il appela son successeur, son fils Bramwell, et lui dit: «Oh! Les enfants, Bramwell, veille sur eux… Promets-le moi!» Après avoir reçu la réponse attendue, le vieillard de poursuivre en souriant: lui dit: «Souviens-toi, si tu oublie ta promesse, je reviendrai de hanter.»[4]

3.  Il évangélisait les enfants aussi bien que les adultes. Certaines personnes objectent à l’évangélisation des enfants, mais ce n’était pas le cas de William. «La propre expérience personnelle du Général, ainsi que d’innombrables exemples qu’il a pu observer autour de lui dans sa propre famille et dans celles des autres lui ont donné la même assurance quant au besoin et à la possibilité pour les enfants people que pour les adultes.»[5] Et à la page suivante: «On prend beaucoup de soin, nous le savons, pour familiariser les enfants avec l’histoire et la théorie du christianisme; mais leur conversion, qui est le principal, nous semble être malheureusement et douloureusement négligée.»[6]

4.    Il ne méprisait pas la foi des enfants. En fait, il souhaitait les conduire dan une connaissance pratique du Seigneur, pas simplement dans une connaissance intellectuelle telle qu’on la trouvait dans l’école du dimanche de l’époque. «Il est si facile de dresser un millier d’enfants à être attentifs, à faire une belle performance, une belle récitation, une belle chanson et même à leur donner un certain niveau de connaissance de la lettre qui tue, mais si difficile d’amener un de ces enfants à réellement se soumettre au grand Enseignant de l’humanité pour être véritablement sauvé.»[7]

5.     Il a développé des moyens holistiques de les former. La vision de William Booth n’était certainement pas «que» spirituelle. Un simple coup d’œil à la table des matières de son ouvrage The Training of Children nous donne une perspective de l’étendue de sa vision: habillement, éducation, lecture, boissons fortes, tabac, diligence, santé, hygiène de nutrition, formation du caractère, discipline, autant que le salut des enfants et leur enrôlement dans l’Armée.[8]

6.         Il a créé des outils et des stratégies spécifiques pour les discipuler. Il a développé des réunions pour les enfants: «Ayant senti tout cela, nous avons décidé que, si une occasion se présentait, nous développerions des cultes autant adaptés pour la conversion et l’instruction des enfants que nos autres cultes le sont pour les adultes […] Le premier dimanche après-midi d’avril 1869, nous avons tenu notre premier «culte pour le salut des enfants», dans notre ancienne salle de Bethnal Green Road, et cinq enfants ont professé avoir accepté le Sauveur.»[9] Il a développé du matériel de discipulat: «Au sein de ces immenses campagnes, il préparait constamment des livres de leçons tant pour les enfants que pour les adultes. A une femme qui tentait de l’aider en lui envoyant plusieurs catéchismes pour les enfants, lors d’une telle occasion, il répondit: «Vos catéchismes ne me sont d’aucune utilité… Ils ne le seraient pas beaucoup pour qui que ce soit d’autre, d’ailleurs, particulièrement pour les enfants. J’essaie de produire un matériel qui sera un bienfait pour l’Armée et une bénédiction pour des centaines de milliers d’enfants dans les années à venir. Vous ne semblez pas réaliser que c’est une tâche très importante. Je la considère comme la tâche la plus importante sur laquelle j’ai travaillé depuis des années.» Plus globalement, en parallèle au Cri de guerre, le journal officiel de l’Armée du Salut, William publia très tôt un magazine spécifiquement pour les enfants, appelé Petits soldats.[10] C’était un des premiers magazines de ce genre. Son biographe a écrit: «Que les espoirs du Général que l’utilisation de ses écrits pour le bien des enfants se réalise pleinement, cela reste à voir; mais c’est une grande chose que d’avoir même établi le dessein de rendre le chemin du ciel suffisamment accessible pour que les plus jeunes pieds puissent le trouver.»[11]

7.         Il les a inclus dans son travail d’évangélisation comme «petits soldats». Railton expliqua que «par conséquent nous prenons un plaisir tout particulier dans le fait que la théorie du Général a été prouvée, par la pratique, produisant des héros et des héroïnes capables, pratiquement depuis leur enfance, de batailles audacieuses pour Dieu, et devenant, avant même d’atteindre leur majorité, des conquérants expérimentés et intelligents.»[12] Son objectif était en vérité non seulement de les amener au salut, mais «il osait les mettre au travail immédiatement en amenant d’autres à Christ, et avec un tel effet que des nations entières en ont senti le résultat.»[13] Tout ceci ne se passait pas sans difficultés: 

A une époque, il y a eu beaucoup d’opposition au journal Petits soldats et au travail d’évangélisation parmi les jeunes, sous le prétexte que des jeunes enfant ne peuvent pas avoir une expérience religieuse réelle et que les encourager à témoigner et à prendre part dans des réunions publiques, c’était les exposer à l’orgueil et à l’arrogance. Pourtant, William et Catherine Booth croyaient fermement à la possibilité qu’un enfant se convertisse par l’action du Saint-Esprit, et cela les a conduits à placer un grand accent sur une telle œuvre d’évangélisation parmi les enfants.[14]

Railton conclut que «de toutes les tâches révolutionnaires du Général, celle-ci s’est peut-être révélée comme la plus difficile.»[15]

8.   Il voyait la famille comme le premier terrain d’entraînement pour eux. Il voulait que la famille puisse servir ensemble comme une équipe. Nous lisons de nombreux récits de telles familles, à commencer par la propre famille de William. Par exemple, Railton décrit une réunion où l’Esprit de Dieu a touché les parents autant que les enfants.[16] Catherine Booth croyait fermement qu’une formation des enfants efficace était largement dépendante de la qualité de la vie de famille.[17]

9.         Il a écrit des livres à leur sujet pour enseigner aux parents et aux officiers de l’Armée du Salut comment les rejoindre et les former. L’ouvrage principal de William, où il explique sa vision pour les enfants et donne beaucoup de conseils pratiques aux parents a pour titre The training of Children: How to make the children into Saints and Soldiers of Jesus Christ.[18] (La formation des enfants: Comment faire de nos enfants des saints et des soldats pour Jésus-Christ) Le titre dit tout du contenu… Dans beaucoup d’autres livres ou lettres, et dans les livres de son épouse Catherine, le sujet des enfants et de la famille est abordé régulièrement. Leurs enfants ont également écrit des livres sur les enfants; par exemple, Kate la Maréchale a écrit Our Children[19] (Nos enfants), couvrant de nombreux sujets comme l’amour, la discipline, l’éducation, la vie scolaire, les amitiés, tout autant que Les faire grandir dans le Seigneur Jésus, Ce que les enfants nous enseignent, Ayez de la foi pour vos enfants et Les enfants dans le ministère.  

10.      Il a modélisé sa vision dans sa propre famille. Pour les Booth, la famille et le ministère n’étaient pas séparés. Leur foyer était également utilisé comme quartier général, pour la planification stratégique, les réunions de prière, et leurs enfants faisaient pleinement partie de ces activités dès leur plus jeune âge. En fait, quand le Seigneur a placé un tel fardeau pour les pauvres sur son cœur après avoir prêché dans une réunion sous une tente, il est rentré chez lui pour dire à sa femme: «Oh, Kate, j’ai trouvé ma destinée! … Et ce jour-là, dans mon âme, je me suis offert, ainsi que toi et nos enfants, pour cette grande œuvre.» Ce soir-là, l’Armée du Salut était née![20] Ses enfants ont été impliqués très tôt et naturellement aux côtés de leurs parents, donnant des témoignages dans des réunions;[21] ils les emmenaient sur le champ missionnaire et partageaient leur cœur et leurs fardeaux avec eux, semant la vision dans leurs cœurs («Regarde là,» dit le Général à son fils aîné, alors âgé de treize ans, en passant avec lui un dimanche soir tard les portes d’une maison publique pour entrer dans un bar bondé. «Ce sont les gens pour lesquels je souhaite que tu vives et travaille»[22]).


11.      Il croyait que les enfants grandissent et servent au mieux quand ils côtoient les autres générations. Le biographe de William, Railton, décrit dans son livre  une histoire où une foule de salutistes marchaient dans les rues pour partager la bonne nouvelle et protester contre la situation des pauvres. Ils ont été attaqués par une foule de brigands et beaucoup ont été blessés. Vingt-trois d’entre eux étaient des enfants.[23] Dans la plupart des actions, les enfants étaient les bienvenus pour servir aux côtés des adultes, tant les garçons que les filles. Cela a créé un fort sens de famille et a aidé les plus jeunes à grandir rapidement dans la maturité. Railton conclut: «Il a aidé à créer, de plus en plus tout autour du monde, cette force d’hommes, de femmes et d’enfants, consacrée au service de Christ et de l’humanité.»[24] Les enfants faisaient pleinement partie de l’armée, pas séparés comme s’ils étaient une génération «spéciale et choisie», mais ensemble avec les plus âgés. Cela a créé un flot générationnel, un réservoir de leadership et de vocations permettant une croissance exponentielle pour l’Armée du Salut.



[1]. Ibid., p. 274.
[2]. Ibid., p. 243.
[3]. Ibid., p. 361.
[4]. Claire-Lise de Benoît, L’important c’est l’enfant (Lausanne: Editions Ligue pour la Lecture de la Bible, 1993), p. 9.
[5]. Railton, p. 315.
[6]. Ibid., p. 316.
[7]. Ibid., p. 318.
[8]. William Booth, The training of Children: How to make the children into Saints and Soldiers of Jesus Christ (1882), http://www.gospeltruth.net/booth/Boothtrainingchildren/booth_child_training_main.htm (consulté le 10 septembre 2014).
[9]. Railton, pp. 316-317.
[10]. Benge, p. 112.
[11]. Railton, p. 334.
[12]. Ibid., p. 318.
[13]. Ibid., p. 320.
[14]. Essais édités par Clifford W. Kew, Catherine Booth: Her continuing Relevance (London: The Salvation Army International Headquarters, 1990), p. 96.
[15]. Railton, p. 317.
[16]. Railton, pp. 318-319.
[17]. Kew, p. 87.
[18]. William Booth, The training of Children.
[19]. Catherine Booth-Clibborn, Our children (London: James Clarke & Co),  http://www.gospeltruth.net/children/our_children.htm (consulté le 11 septembre 2014).
[20]. Railton, p. 146.
[21]. Ibid., p. 165.
[22]. Ibid., p. 172.
[23]. Ibid., p. 212.
[24]. Ibid., p. 274.