J'ai trouvé et traduit l'article ci-dessous, écrit par Jeff Fountain directeur de Jem Europe, très intéressant, et désire le partager avec vous! ça nous fait encore plus plaisir d'être à la Raiffeisen!
Un entrepreneur pour les pauvres
Des millions de téléspectateurs ont regardé le peloton surgir dans l’allée des Champs-Elisées dimanche dernier pour le sprint final du Tour de France sur leur poste de télévision. Beaucoup auront reconnu la combinaison familière orange et bleue de l’équipe Rabobank, en piste pour les honneurs du podium, représentant une des banques principales de Hollande.
Cependant, peu de personnes connaissent l’origine de la banque de prêt, la RAiffeisen BOeren, banque de crédit, démarrée pour et par des fermiers à la fin du dix-neuvième siècle.
Et pas seulement en Hollande. Derrière le nom Raiffeisen et la chaîne de banques parsemant les pays germanophones, s’étendant aujourd’hui du Kosovo au Kazakhstan, nous trouvons l’histoire d’un homme dont la devise était tirée des paroles de Jésus : Tout ce que tu as fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que tu l’as fait (Matthieu 25.40). Pour Friedrich Wilhelm Raiffeisen (1818-1888), les instructions du Christ nous demandant d’aimer notre prochain l’ont poussé à trouver des moyens pratiques d’aider les fermiers en difficultés à survivre aux famines des hivers des années 1840.
Raiffeisen n’était âgé que de 27 ans en 1845 lorsqu’il fut nommé maire de Weyerbusch, un district fermier à l’est de Coblence. Il prit rapidement conscience de la façon dont des requins de la finance manipulaient les petits fermiers, les expulsant avec leur famille de leur propriété, qu’ils s’appropriaient pour une fraction de leur valeur réelle. Le désespoir et l’apathie s’abattaient sur la population rurale.
Cependant, le jeune homme, ex-soldat, écrivit à sa fiancée de 18 ans, Emilie, au sujet de la source de son espérance et de sa force. Chaque matin, tout commence avec Dieu! Je suis convaincu qu’il est avec nous, nous bénit et va toujours veiller sur nous. Nous devons tout commencer et achever avec lui. Amen!
A l’un de ses nombreux amis qui avait étudié la théologie pour devenir pasteur, Raiffeisen déclara que bien que le monde ne souffrait pas d’un manque de prédicateur, il y avait un réel manque de personnes qui traduisaient leur «haute pensée religieuse en action».
ZELE
Avec un zèle évangélique, il fit campagne pour que le gouvernement aide ces fermiers aux abois dont les récoltes avaient perdues pendant l’hiver 1847. Lorsque finalement une colonne de traineaux arriva chargée de sacs de farine pour faire du pain, le maire fut acclamé comme un sauveur et un héros. Ce n’est qu’après que la farine ait été stockée en sécurité et que tout le monde soit rentré chez lui dans l’attente de recevoir sa part le lendemain que Raiffeisen découvrit les instructions officielles: Le chargement n’était pas un cadeau. Le paiement devrait se faire en cash. La farine ne devait être distribuée qu’à ceux qui pouvaient la payer.
Raiffeisen était atterré. C’était tout simplement injuste! L’aide devait être accessible à tous, non seulement à ceux qui avaient les moyens de se l’offrir! Même si cela impliquait de désobéir aux ordres et de risquer son poste de maire, il se devait de suivre les principes que lui dictait sa conscience.
Convoquant les 22 chefs de villages du district, il les réunit le jour suivant et leur annonça des plans pour former une commission de pauvreté, et pour dresser une liste des personnes requérant une aide d’urgence. Comme un seul homme, ils se tinrent derrière la décision du maire pour distribuer la farine à tous ceux qui étaient dans le besoin.
Un nouvel esprit de solidarité commença à s’emparer de tout le district, avec un sens renouvelé d’espoir et de confiance. Le maire allait les aider à traverser cet hiver particulièrement rigoureux ! Mais Raiffeisen savait que ce chargement n’était qu’un soulagement temporaire. Et que tôt ou tard, il devrait être confronté avec les autorités.
Lorsqu’il fit finalement son rapport au commissaire du district, il justifia ses actions comme «poussées par sa conscience chrétienne». «Qu’aurais-je du dire au pauvre affamé?», demanda-t-il.
Le fonctionnaire, deux fois plus âgé que le jeune maire, n’avait jamais rencontré une telle indifférence pour les ordres officiels. Mais il fut d’accord de ne pas transmettre le rapport tout de suite à ses supérieurs à Coblence. Cependant, si Raiffeisen ne pouvait trouver un moyen de payer le chargement de farine, Coblence devrait en être informé.
Lors de son voyage de retour à la maison, Raiffeisen réalisa qu’il n’avait plus d’aide à attendre de la part du gouvernement. La population de Weyerbusch était tout simplement livrée à elle-même. S’aider soi-même! C’était cela la solution! réalisa-t-il. Ce que des individus ne pouvaient pas accomplir seuls, peut-être pourraient-ils y arriver – s’ils pouvaient seulement travailler ensemble!
Un projet commença à se développer dans la pensée du maire, projet de coopérative à pour s’aider soi-même – tout d’abord bâtir une boulangerie, puis former une « société du pain », financée par des prêts contre des revenus des futures récoltes. Des semences de pommes-de-terre seraient achetées dans d’autres régions, et les fermiers de tout le district pourraient travailler ensemble pour assurer une sécurité future pour tous. Personne ne devrait profiter des prêts, qui étaient dans le seul but d’aider les pauvres. L’argent était le moyen, pas le but. L’amour fraternel et le devoir chrétien devaient être les deux principes de base de tels échanges.
ENSEMBLE
Raiffeisen partagea ses idées radicalement nouvelles avec les membres de la commission de pauvreté, qui commencèrent lentement à saisir le potentiel d’un travail en commun. Les capacités d’entrepreneur du maire étaient grandes, et il eut l’idée de vendre le bois de la forêt pour rembourser les chargements de farine du gouvernement. Ses capacités sociales lui permirent de lever des crédits pour ses projets auprès d’institutions financières à Cologne.
Le résultat fut une transformation du district pendant les deux années qui suivirent, accroissant la réputation de Raiffeisen dans toute la vallée du Rhin. En1848, il fut nommé maire du plus grand district de Flammersfeld, et par la suite de celui de Heddesdorf (Neuwied). Dans ces deux endroits, il continua d’aider les fermiers et les ouvriers à travailler ensemble dans des sociétés coopératives. En 1864, il fonda la première banque coopérative de crédit, qui était également la première union de crédit rurale.
En dépit d’une cécité croissante et de la mort de sa première épouse à l’âge de 37 ans, il unit les banques rurales en coopératives régionales. En 1976, il froma une coopérative nationale à partir des sociétés régionales, toujours basées sur les principes d’amour fraternel et de devoir chrétien.
Avant sa mort en 1888, ses idées avaient été ardemment appliquées dans toute l’Allemagne et en Autriche, en Suisse, en Hollande, en France, en Belgique, en Suède et en Hongrie, apportant espoir et cohésion à d’innombrables communautés rurales à travers l’Europe.
A la semaine prochaine
Jeff Fountain
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07 Octobre 2008
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