Nous vivons dans une époque enthousiasmante pour les
disciples de Jésus-Christ! Le Saint-Esprit est à l’œuvre tout autour du monde,
amenant des gens à la repentance et à la foi en notre sauveur ressuscité.
L’Esprit agit tant dans des lieux d’abondance que dans des endroits persécutés.
Nous nous réjouissons quand nous entendons des échos de réveils tout autour du
monde, et nous prions pour qu’ils se répandent. Mais des grands nombres de
conversions et d’implantations d’églises ne constituent que le commencement de
la croissance de l’Evangile dans une nation. Pour que la foi reste établie dans
un pays, elle ne doit pas être portée que par des églises conduites par la
Bible, mais aussi par de ministère multi-générationnel de la famille
chrétienne.
L’Europe est tombée
Il y a 500 ans, des réveils transformateurs se sont répandus
à travers l’Europe. Des nations entières ont été façonnées par des croyants
passionnés revenus à des vérités toutes simples: l’Ecriture seule, la grâce
seule, la foi seule, Christ seul, et tout pour la gloire de Dieu. Des
missionnaires ont été envoyés dans les nations. Le monde n’a plus jamais été le
même.
Mais considérez l’état spirituel de l’Europe aujourd’hui. On
estime que seul 1-2% de la population est née de nouveau.[1] Lors
d’un voyage missionnaire en famille en France en 2008, nous avons parlé avec
des missionnaires de la condition spirituelle régnant dans ce pays. Ils ont
exprimé leur préoccupation devant la montée de l’Islam dans le pays et de la
façon dont les Islamistes radicaux remplissaient la France simplement en ayant
beaucoup d’enfants et en les instruisant pour qu’ils suivent Allah. J’ai
demandé: «Les pasteurs chrétiens encouragent-ils les jeunes croyants à bâtir
des mariages forts et à former leurs enfants pour impacter leur nation pour
Christ?» Je n’oublierais jamais leur réponse: «Il n’y a que très peu de jeunes
croyants à encourager par ici.»
Comment cela a-t-il pu se passer? Comment un continent entier
peut-il passer de la vitalité spirituelle à la désolation? Bien que de nombreux
facteurs soient en cause, la réponse finale est simple. Les croyants européens
ont perdu l’âme de leurs enfants, génération après génération. Si nous ne
«faisons pas des disciples» de nos propres enfants et petits-enfants, le déclin
spirituel est inévitable.
L’Amérique du Nord
est en train de tomber
L’église nord-américaine suit le même chemin tragique.
Depuis 1900, le pourcentage de chrétiens fondés sur la Bible est en net déclin.
Le chercheur Thom Rainer souligne cette triste réalité. Il a dirigé une étude
pour déterminer quel pourcentage d’Américains s’identifie comme étant chrétiens
(dans le sens de mettre leur foi en Jésus-Christ comme unique moyen de salut).
Voici ce qu’il a découvert. Parmi les Américains nés avant 1946, 65% se con
sidèrent comme chrétiens et sont capables d’articuler les grandes lignes de
l’Evangile. Pour ceux qui sont nés entre 1946 et 1964, le taux chute à 35%.
Pour ceux qui sont nés entre 1965 et 1976, il tombe à 15%. Finalement, parmi
les Américains nés entre 19764 et 1994, seul 4% de la population se considère
comme chrétienne et se confie en Christ seul pour son salut.[2]
L’évangélisation et le discipulat sont en crise profonde, et
c’est une crise générationnelle. Nous perdons plus de nos propres enfants dans
le monde que nous ne gagnons de gens à Christ. En résultat, le pourcentage de
chrétiens aux Etats-Unis décline de façon régulière.
Comment cela peut-il se passer? Nous sommes à l’âge des
méga-églises, des méga-programmes, des méga-budgets, des méga-conférences et
des méga-formations de leaders. Nous avons des livres, des DVD et des
programmes chrétiens pour toutes les classes d’âge sur tous les sujets. Nous
activités d’évangélisations, nos journées de service, nos retraites et nos
voyages missionnaires à court-terme sont plus présents que jamais. Nous en
faisons plus que jamais auparavant, mais voyons-nous pour autant plus de
disciples? Je suis convaincu du contraire.
Lorsque nous nous penchons sur le ministère auprès des
jeunes et des enfants, nous devons reconnaître que nos nouvelles approches et
méthodes ont échoué. Le concept de base de cette nouvelle approche consiste à
séparer les âges pour l’évangélisation et la formation des enfants, et à vivre
ces dimensions uniquement dans le bâtiment de l’église. Les parents les y
déposent. Nous les séparons en classes d’âges dans différentes pièces du
bâtiment et les «discipulons». En terme d’histoire chrétienne, cette une idée
relativement neuve.
Lentement mais sûrement, nous nous sommes détournés du
modèle biblique de formation de disciple au sein de la famille et avons délégué
la formation spirituelle de nos enfants aux «professionnels» de l’église. J’ai
dirigé ce type de modèle dans une grosse église pendant plus d’une décennie.
Une des conséquences involontaires de mon approche du ministère qui séparait
systématiquement les enfants de leurs parents a été que les parents ont été
libérés et encouragés à rester spirituellement passifs à la maison. Après tout,
ils s’étaient assurés que leur fils ou leur fille soit dans un «super groupe de
jeunes».
Notre nouvelle approche représente une déviation majeure de
celle de l’église primitive et de la réforme. C’était une pratique courante
pour les responsables d’églises au 17ème siècle de visiter
régulièrement les maisons de chaque famille dans l’église pour évaluer si les
parents éduquaient ou non leurs enfants par la pratique des cultes familiaux.
En 1647, des croyants d’Ecosse ont publié le Répertoire pour les cultes familiaux
dans lequel ils ont écrit:
L’assemblée demande et établit des ministres pour chercher
et enquêter de façon diligente, afin de déterminer s’il y a une famille ou des
familles qui négligent le devoir du culte familial. Si une telle famille est
trouvée, le chef de famille doit être exhorté en privé de s’amender de sa faute;
en cas de récidive ou de difficulté récurrente, il doit être repris avec
gravité et solennité; après un tel reproche, s’il continue à négliger le culte
familial, qu’il soit, pour son obstination dans une telle offense, suspendu et exclu
du repas du Seigneur, jusqu’à son amendement.[3]
Le culte familial constituait un aspect majeur de la
discipline ecclésiastique. Pourquoi ces églises le prenaient-elles aussi
sérieusement? Pourquoi investissaient-elles autant de temps pour passer de
maison en maison pour encourager les familles et s’assurer que le culte
familial ait bien lieu? Le culte familial constituait une priorité pour ces
églises parce qu’elles étaient passionnées par le grand mandat missionnaire.
Elles savaient que Dieu avait parlé clairement dans la Bible du fait que les
parents et les grands-parents devaient prendre en charge l’éducation
spirituelle de leurs enfants et petits-enfants. Pour elles, une église ne
pouvait pas prendre le grand mandat missionnaire au sérieux si elle ne montrait
pas du sérieux dans la question du culte familial.
Charles Spurgeon était profondément préoccupé par les
changements qui ont touché la culture chrétienne au cours du 19ème
siècle. Dans cet article, «Le genre de Réveil dont nous avons besoin», il a
écrit:
Nous aspirons profondément à un réveil de la religion
familiale. La famille chrétienne était le rempart de la piété à l’époque des
Puritains, mais dans ces temps mauvais, des centaines de familles de soi-disant
chrétiens ne vivent pas de culte familial, ne mettent en place aucune
discipline ni instruction et aucun frein sur leurs fils en pleine croissance.
Comment pouvons-nous espérer voir le Royaume de Dieu avancer si ses propres
disciples n’enseignent pas l’Evangile à leurs propres enfants? Oh, hommes et
femmes chrétiens, soyez appliqués dans ce que vous faites, savez et enseignez!
Que vos familles soient formées dans la crainte de Dieu et que vous soyez
vous-mêmes «sainteté à l’Eternel» afin que vous teniez fermes comme un rocher
au milieu des vagues mugissantes de l’erreur et de l’impiété qui font rage
autour de nous.[4]
Nous avons désespérément besoin d’entendre le message de
Spurgeon aujourd’hui! Des hommes et des femmes engagés dans des églises en
pleine croissance reçoivent constamment l’appel à s’impliquer dans le
«ministère». «Ministère» est souvent synonyme de «volontaire dans un des
programmes de l’église». Spurgeon avait compris que pour «voir le Royaume de
notre Seigneur avancer», le ministère doit commencer à la maison.
Le défi global
De nombreux pays voient aujourd’hui une explosion de
nouveaux convertis et d’implantation d’églises. La Chine constitue un parfait
exemple. Gloire à Dieu! Mais Satan ne renonce jamais. Lorsqu’il perd une
génération face à Jésus, sa priorité devient de reprendre la suivante pour
lui-même.
Avec un nouveau croyant, la première tâche dans la formation
de disciple n’est pas de l’encourager à partager Christ avec un ami. Le premier
«grand mandat» consiste à partager Christ avec son conjoint, ses parents, ses
frères et sœurs, ses enfants et ses petits-enfants. Pour ceux qui sont parents,
les âmes de leurs enfants doivent constituer leur première priorité
spirituelle. Imaginez si nous gagnons tous nos amis pour Christ, mais que nous
perdons nos enfants face au monde. Que va-t-il se passer pour l’église? Quand
nous mourrons, elle mourra.
Une de mes plus grandes préoccupations est que dans notre
zèle à former des pasteurs dans ces nouvelles implantations d’églises, nous
leur transmettions le modèle basé sur les réunions dans le bâtiment, où les
âges sont séparés que nous vivons en Occident. La mission de faire des
disciples n’a pas été confiée à des responsables d’églises professionnels, mais
à chaque croyant.
Satan aimerait voir des nations comme la Chine suivre le
schéma spirituel de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Si nous voulons voir
l’Evangile encore grandir en Chine dans
100 ans, l’église doit suivre le modèle de l’église primitive qui maintenait
les familles ensemble et équipait les parents pour former leurs enfants à la
maison.
Vers une théologie de
la famille
Voici la question fondamentale:
Quelle est la relation
biblique entre le grand mandat missionnaire et l’institution de la famille?
Il y a dix ans, je n’aurais pas su comment répondre à cette
question. En pensant au grand mandat missionnaire, je ne pensais qu’à
l’institution de l’église locale et, en conséquence, j’avais une vision
anémique de la stratégie de rédemption divine. Dieu a créé deux institutions
essentielles pour faire avancer son royaume – l’église locale et la famille
chrétienne. Dans la Bible, Dieu donne à chaque institution des rôles, des
responsabilités et des juridictions uniques.
Tout au long des Ecritures, Dieu relie son plan pour le
monde à sa création de la famille. Voici quelques exemples.[5]
Le premier
commandement
Dieu a créé Adam et Eve et il leur a donné une instruction
dans Genèse 1:28: «Soyez féconds et multipliez, remplissez la terre et
soumettez-la.» Quand avez-vous entendu un sermon sur ce passage pour la
dernière fois?
Dès le commencement, Dieu nous dit ce qu’il veut. Il désire
remplir la terre, et en fin de compte la Nouvelle Terre, de personnes qui
l’aiment, l’adorent et lui rendent gloire. Son plan prendra des milliers
d’années pour s’accomplir. Ce sera une mission multigénérationnelle, dont le
carburant sera la bénédiction du mariage, le fait d’avoir des enfants et une
vision familiale et générationnelle du discipulat.
La mission de Dieu
pour Abraham
Dans Genèse 18, nous trouvons une claire articulation des
desseins de Dieu pour Abraham. Genèse 18:18 nous dit: «Abraham deviendra
certainement une grande et puissante nation, et toutes les nations de la terre
seront bénies au travers de lui.» Cela fait écho au désir de Dieu dans Genèse
12 et 15 où nous découvrons son projet de bénir Abraham afin qu’il devienne
source de bénédiction pour les nations. Mais quelle était la réponse que Dieu
attendait de la part d’Abraham face à cette vision globale? Quel était l’appel
spécifique d’Abraham? Genèse 18:18 est suivi du verset 19: «Car je l’ai choisi
afin qu’il ordonne à sa famille et à ses enfants après lui de garder la voie de
l’Eternel en pratiquant la justice et le droit, et qu’ainsi l’Eternel
accomplisse en sa faveur les promesses qu’il lui a faites.»
Dieu vient trouver Abraham avec ce message (je paraphrase):
«Je vais remplir la terre de louange, et ta tâche consiste à faire de ta
famille un centre de formation de disciples. Ta tâche consiste à imprégner les
cœurs de tes enfants et de ta famille d’un amour pour moi. Bénir le monde
commence par le fait de diriger ta propre famille.»
Le grand commandement
Dans Matthieu 22:35-36, Jésus est confronté à une
question-piège. Un chef religieux lui demande: «Quel est le plus grand commandement
de la loi?» Il répond en citant Deutéronome 6:5: «Aime le Seigneur ton Dieu de
tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.» D’après Jésus, rien
n’est plus important que connaître Dieu et l’aimer. Mai que sommes-nous censés
faire avec ce commandement? Où commençons-nous? Comment obéir à ce grand
commandement aujourd’hui? Dans les quelques versets suivants, Dieu donne une
mission spécifique à tous ceux qui désirent l’aimer.
«Ces commandements que je te donne aujourd’hui seront dans
ton cœur. Tu en parleras à tes enfants.» - Deutéronome 6:6-7a
Nous trouvons ici la première tâche à laquelle la communauté
de foi est appelée en réponse au grand commandement. Ceux qui aiment Dieu sont
appelés d’abord et par-dessus tout à faire tout ce qu’ils peuvent pour amener
leurs enfants à l’aimer encore plus. Au cœur du grand commandement se trouve la
formation de disciple familiale, les parents étant les principaux formateurs de
leurs enfants.
Mais comment cela doit-il se vivre? Comment puis-je en tant
que pécheur, transmettre la foi et l’amour pour Dieu à mes enfants? Il n’y a
pas de formule magique, mais Dieu nous donne un point de départ tout simple au
verset suivant.
«Parles-en quand tu t’assieds dans ta maison» (Deutéronome
6:7b).
Par où les parents peuvent-ils commencer? En parlant !
Dieu appelle spécifiquement les parents à rassembler la famille dans la maison
pour ce que les chrétiens tout au long de l’histoire ont appelé le «culte
familial». Le culte familial est un moment où la famille se réunit pour prier,
lire les Ecritures et s’encourager spirituellement.
On parle beaucoup actuellement dans l’église occidentale de
l’importance des petits groupes de discipulat. Vous avez entendu ce genre
d’affirmations:
«Nous devons partager la vie ensemble.»
«Le discipulat se passe dans le contexte des relations.»
«Nous devons revenir à une communauté authentique.»
Dieu aime lui aussi les petits groupes de discipulat. Il les
a simplement appelés autrement. Il les appelle familles. Il veut que chaque
personne naisse dans le groupe de discipulat ultime – une famille chrétienne.
Dieu a créé la famille pour façonner nos cœurs et les cœurs de nos enfants avec
un profond amour pour Christ et pour sa Parole.
Une vision pour le
ministère générationnel
Dans le Psaume 78:1-7, on nous donne une image de l’impact
puissant que les familles peuvent avoir dans l’avancement du royaume de Dieu.
Mon peuple, écoute mes instructions! Prêtez l'oreille aux paroles de ma
bouche! J'ouvre la bouche par des sentences, je publie la sagesse des temps
anciens. Ce que nous avons entendu, ce que nous savons, ce que nos pères nous
ont raconté, nous ne le cacherons pas à leurs enfants; nous dirons à la
génération future les louanges de l'Éternel, et sa puissance, et les prodiges
qu'il a opérés. Il a établi un témoignage en Jacob, il a mis une loi en Israël,
et il a ordonné à nos pères de l'enseigner à leurs enfants, pour qu'elle soit
connue de la génération future, des enfants qui naîtraient, et que, devenus
grands, ils en parlent à leurs enfants, afin qu'ils mettent en Dieu leur
confiance, qu'ils n'oublient pas les œuvres de Dieu, et qu'ils observent ses
commandements.
Quelle vision merveilleuse! Je veux être un tel père. Je veux raconter à
mes enfants toutes les œuvres merveilleuses de Dieu, afin qu’ils puissent en
parler à leurs enfants qui ne sont même pas encore nés. Au cœur de l’avancement
de l’Evangile se trouve l’appel aux parents de transmettre à leurs enfants un
amour pour Dieu et pour sa Parole.
L’Eglise lancée
avec une vision multi-générationnelle
Les disciples avaient compris que la première étape dans la transmission
de l’Evangile consistait à instruire les cœurs des enfants en leur transmettant
un amour pour Dieu. Dans Actes 2, Dieu crée son Eglise, et Pierre prêche un
magnifique sermon d’évangélisation. Il le termine de cette façon aux versets
38-39: «Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ,
pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la
promesse est pour vous et pour vous enfants, et pour tous ceux qui sont au
loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera.»
Vous, vos enfants, et le monde! Voici le mouvement en trois étapes de
l’Evangile, que nous trouvons du début à la fin des Ecritures. Nous avons en fait
ôté la première priorité de la vie chrétienne, qui consiste à servir nos
propres enfants et les membres de notre famille, et à en faire des disciples.
En conséquence, nous avons beaucoup de chrétiens bien intentionnés qui donnent
leur cœur et leur âme pour diriger des programmes dans l’église et dans la
communauté, mais qui ne s’asseyent jamais pour lire les Ecritures à la maison
avec leurs propres enfants.
Je connais très bien ce genre de chrétien. J’en faisais partie. Je me
suis donné cœur et âme pour le ministère pastoral dans l’église, et ma femme et
mes enfants se contentaient des miettes. Je vivais une vie chrétienne creuse et
non-biblique, tout en recevant en même temps des louanges pour mon ministère
public. J’ai parlé avec de nombreux pasteurs et missionnaires au cours des
années qui ont «discipulé» des centaines de personnes, mais qui ont perdu le
cœur de leurs propres enfants. On a même dit à certains d’entre eux: «Confie
tes enfants au Seigneur! Tu dois te concentrer sur ton ministère.» Nous ne
voyons nulle part dans les Ecritures Dieu demander aux parents de renoncer à
leur responsabilité de formation spirituelle pour la confier à d’autres, afin
qu’ils puissent se «concentrer sur le ministère». Au lieu de cela, Dieu appelle
son peuple à commencer leur ministère à la maison.
L’appel aux pères
Dieu donne son appel aux pères dans Ephésiens 6:4: «Pères, n’irritez pas
vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le
Seigneur.» Dieu dit que les pères ne doivent pas laisser l’irritation prendre
racine dans le cœur de leurs enfants, et il leur donne un remède pour que cela
ne se passe pas. Elevez vos enfants dans la discipline et l’instruction du
Seigneur. La discipline/correction (en anglais: training) fait référence à l’exercice spirituel – les pratiques
spirituelles de la foi chrétienne. Les pères sont appelés à prier avec, à
servir avec et à adorer avec leurs enfants. L’instruction fait référence aux
paroles que le père prononce sur ses enfants. Les paroles que les pères et les
maris prononcent dans leurs foyers sur des sujets spirituels ont un immense
pouvoir!
Avez-vous soif de voir des hommes diriger vos églises avec humilité,
piété et une saine doctrine! Avez-vous soif de voir des hommes se lever pour
influencer leur communauté et le monde pour Christ? Alors appelez-les,
formez-les, équipez-les et maintenez-les en position de redevabilité quant à
leur vie de prière et leur étude des Ecritures et quant au leadership dans le
culte familial dans leur foyer. Si nous voulons maximiser l’impact d’un homme
sur le monde, nous devons commencer par maximiser son impact dans son foyer.
Discipulat
familial, pasteurs et anciens
Le fait d’assumer ses responsabilités spirituelles dans sa famille
constitue un prérequis pour les responsabilités spirituelles au sein d’une
église locale. Dans l’église primitive, si un homme était père et qu’il
souhaitait devenir pasteur/ancien, il devait démontrer qu’il était berger de
ses enfants avant d’être autorisé à être berger dans le troupeau plus large.
Il faut qu'il dirige bien sa propre maison, et qu'il tienne ses enfants
dans la soumission et dans une parfaite honnêteté; car si quelqu'un ne sait pas
diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l'Église de Dieu? – 1
Timothée 3:4-5
Quand ce texte parle de «bien diriger sa propre maison», il ne fait pas
référence au paiement des factures et à la tonte de la pelouse. Le contexte est
ici celui d’un leadership spirituel. En d’autres termes, si un homme n’a pas
encore pris l’initiative d’encourager la foi chez son épouse et ses enfants, il
n’est pas qualifié pour la fonction de pasteur/ancien dans l’église.
Dieu répète ce principe encore plus fort dans Tite 1:6 où nous trouvons
d’autres qualifications pour les hommes qui chercheraient à devenir pasteurs ou
anciens.
Un ancien doit être «irréprochable, mari d'une seul femme, ayant des
enfants fidèles, qui ne soient ni accusés de débauche ni rebelles.»
Dans mon expérience, j’ai peu entendu d’enseignements sur cette phrase
«un homme ayant des enfants fidèles» (les versions anglaises disent: «croyants»
ou «fidèles à Dieu»). Certains interprètent ce passage en disant qu’il ne fit
référence qu’à des enfants encore à la maison, et que si un homme a des enfants
adultes qui ne suivent pas le Seigneur, cela ne le disqualifie pas. Quelle que
soit notre interprétation, c’est un texte puissant qu’il nous faut prendre au
sérieux. Pourquoi Dieu dirait-il qu’un homme ne peut servir en tant que
pasteur/ancien si ses enfants ne sont pas croyants? Je crois que c’est parce
que si un homme a un fils ou une fille qui n’est pas converti, il doit d’abord
se consacrer à la prière et au ministère envers ce fils ou cette fille! Son
appel au grand mandat missionnaire commence par l’âme des enfants que Dieu lui
a confiés.
Conclusion
Il n’est pas surprenant que l’ennemi cible les relations familiales avec
une telle férocité. Cela ne devrait pas nous surprendre, car les Ecritures
montrent que la vie spirituelle de la famille est directement liée au grand
mandat missionnaire et au fait de remplir la terre d’adorateurs du Christ.
Si nous sommes réellement passionnés par l’avancement du royaume de
Dieu, commençons par tourner nos cœurs vers nos foyers. Demandons à Dieu de
nous aider à commencer notre ministère dans ce monde en «faisant des disciples»
des membres de notre propre famille. Défendons passionnément et bibliquement le
projet, la structure et l’institution de la famille selon le cœur de Dieu,
comme nous le faisons pour l’Eglise. Pour ceux qui parmi nous ont des
responsabilités dans l’Eglise, suivons l’exemple de l’église primitive qui
gardait les familles ensemble pour le culte et accélérait l’évangélisation et
le discipulat dans et au-travers des
familles.
Que Dieu puisse être glorifié dans nos églises et dans nos foyers, afin
qu’il puisse être adoré tout autour du monde dans chaque tribu et chaque langue
dans les générations à venir!
Le Dr. Rob Rienow a épousé Amy en 1994 et ils ont été bénis par 6
enfants. Son ministère le plus important consiste à aimer sa femme et à enseigner
à ses enfants à marcher avec Dieu. Rob est le fondateur de Visionary Family Ministries, qui cherche à bâtir l’Eglise par une
réforme globale de la formation de disciples des familles et dans les familles.
Il est pasteur et auteur de 4 ouvrages, dont Visionary Parenting, Visionary
Marriage et When They Turn Away.
Rob et sa famille habitent à Wheaton, Il. Rendez-vous sur www.visionaryfam.com pour davantage
d’informations.
[1] Greater Europe Mission
Research – http://www.gemission.org/Why/statistics.asp
[2] Polly House, «Survey Notes
Heightened Challenge of Reaching Children for Christ», Baptist Press, 20
octobre 2000, httop://www.bpnews.net/bpnews.asp?
[3] http://www.reformed.org/documents/wcf_standards/index.html?mainframe=/documents/wcf_standards/p417-direct_fam_worship.html
[4] http://www.spurgeon.org/revival.htm
[5] Pour une étude plus
détaillée de la relation entre le grand mandat missionnaire et la famille,
visitez la page pour responsables d’églises sous www.visionaryFam.com
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