La plupart d’entre nous sommes conscients de ces statistiques (et de beaucoup d’autres) sur les besoins des enfants pauvres dans le monde. Mais le fait est que ce ne sont pas que les enfants pauvres qui sont en danger. En fait, tous les enfants sont en danger. Des millions sont en danger en raison de leur pauvreté, mais des millions d’autres sont en danger en raison de leur prospérité! De nombreux jeunes ont aujourd’hui tout ce dont ils ont besoin pour vivre, mais aucune raison pour laquelle vivre.[i] A son niveau le plus profond, la pauvreté est ce qui arrive aux gens dont les relations ne concourent pas à leur bien-être. Le bien-être d’une personne est enraciné dans des relations saines.
Un moment transformateur dans la vie d’une personne aide beaucoup de 4/14 ans ayant de sérieux problèmes relationnels au Salvador.
C’est au Salvador que fut organisée une réunion avec une demi-douzaine d’ex-membres de gangs incarcérés pour des crimes sérieux.[i]
Ils racontèrent des histoires de pères absents, violents et négligents, la plupart séduits par la promesse d’un avenir meilleur au «Nord», à un coût terrible pour leurs femmes et leurs enfants. De nombreux enfants se trouvèrent ainsi leurrés, rejoignant des gangs influents faisant du Salvador le pays le plus violent du monde en termes de nombre d’homicides pour mille habitants.
C’était le contexte de la nation lorsque Martha Aurelia Martinez vécut un moment transformateur entraînant une repriorisation de sa vocation pour se concentrer sur la fenêtre 4/14. Depuis son adolescence, elle avait un cœur pour les enfants. Afin de pouvoir les aider concrètement, elle était devenue pédiatre. Elle commença à s’engager en donnant de son temps pour des initiatives nationales qui allaient bénéficier à des milliers d’enfants salvadoriens. Son engagement à prendre soin des enfants continua à grandir, ce qui l’amena à servir dans l’équipe de direction internationale de World Vision International. Pendant ce temps, elle observait la situation des enfants du Salvador empirer encore. Ce fut lors d’un rassemblement de l’équipe internationale à Bangkok en juin 2004 qu’elle fit un rêve dans lequel elle se voyait donner tout son temps pour servir les enfants du Salvador. A genoux, en larmes, elle répondit à un appel pour lever les enfants de son propre pays pour qu’ils deviennent des agents de transformation dans les générations futures. Elle se consacra alors pleinement à cela en tant que directrice de World Vision pour le Salvador. Ce fut un moment transformateur pour Martha Aurelia. Lors d’un récent sommet Transform Latin America, elle a conduit le groupe qui réfléchissait à la vision de transformer les enfants, les adolescents et les jeunes en conformité avec les principes et les valeurs divines dans toute l’Amérique Latine. Le monde attend dans les ténèbres la révélation des fils de Dieu, qui peut seule «ramener le cœur des pères à leurs enfants et celui des enfants vers leurs pères!» Martha Aurelia est une personne dont le cœur a été ramené à la prochaine génération, et elle nous encourage à en faire de même.
Le résultat d’une vision biblique du monde est la transformation des relations dans une nation entraînant la création de communautés shalom.
La transformation implique la recherche de changements positifs dans la globalité de la vie humaine, que ce soit sur un plan matériel, social et spirituel, en redécouvrant notre véritable identité d’êtres humains créés à l’image de Dieu et notre véritable vocation d’intendants productifs, prenant soin de notre monde et de sa population.[ii] Cette définition de la transformation touche le cœur des enjeux de l’identité et de la vocation.
La restauration des relations humaines est enracinée dans la relation spirituelle avec Dieu. Cela va entraîner des communautés shalom, fruit visible d’un monde transformé. Ces communautés commencent dans les familles. Les relations familiales se trouvent au cœur de notre existence terrestre. OneHope a observé une tendance globale de dégradation des relations familiales, en particulier liées à l’absence des pères. Jamais il n’y a autant eu besoin de ramener les cœurs des pères vers leurs enfants.[iii]
En Amérique Latine, le principal problème est l’abandon des enfants par leur père. En Asie du Sud, l’enjeu est lié à l’aliénation. En Russie, il s’agit d’une question d’engagement; trois-quarts des 1500 filles d’une école secondaire déclaraient qu’elles ne resteraient pas avec leur mari si elles n’étaient pas heureuses dans leur mariage. Un sondage auprès de 14'000 jeunes en Amérique Latine indique un réel fossé entre les croyances et les comportements par rapport à Dieu. L’influence des parents est primordiale, même si les parents n’ont investi que peu de temps dans la vie de leurs enfants.
Il est intéressant de noter que les jeunes d’Amérique Latine et d’Espagne expriment un désir de passer davantage de temps avec leurs enfants. Contrairement aux opinions populaires, beaucoup d’enfants souhaiteraient en fait que leurs parents investissent plus de temps dans leur vie.
Dans la plupart des pays étudiés, les parents passent en moyenne moins d’une heure par semaine avec leurs enfants. Les parents dans la majeure partie du monde ont une grande influence, mais peu de temps investi. Les enfants du monde soupirent à voir les cœurs des pères tournés vers leurs fils et leurs filles.
[i] Ex-membres de gangs au Salvador, dans une discussion avec l’auteur, San Salvador, juin 2008.
[ii] Bryant L. Myers, Walking with the Poor: Principles and Practices of Transformational Development (New York: Orbis Books, 1999).
[iii]Chad Causley, (Directeur International des Ministères Globaux, OneHope) dans une discussion avec l’auteur, janvier 2009.
[i] Dan Brewster, “Themes and Implications of Holistic Child Development Programming in Seminaries,” (document écrit pour la conférence “Leadership dans un temps de crise” de l’Association Théologique d’Asie (ATA), non publié), p.6.

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