mercredi 24 août 2011

Responsabiliser son enfant - 9

Les obstacles sociaux à la discipline
Bien que nos connaissances sur le développement de l’enfant soient plus approfondies que jamais, il semble plus difficile d’éduquer les enfants. Les parents et les enseignants se plaignent du manque de respect des petits. De nombreux professionnels œuvrant en éducation constatent que notre société vit un problème de responsabilité et d’affirmation parentales à cause de divers facteurs qui influencent les relations parents-enfants.
Pauvreté et isolement social
Le climat familial et la responsabilité parentale sont souvent influencés par les difficultés financières. Un grand nombre de parents vivent dans un contexte de pauvreté. Ils sont marginalisés, ce qui a des effets destructeurs sur leur identité. A leurs yeux, ils ne sont rien, ne valent rien. Le découragement s’installe. Plusieurs s’isolent. D’autres réagissent par la bravade et l’agressivité. Il s’agit dans les deux cas de parents blessés dans leur identité qui ont honte et qui s’inquiètent pour eux et leurs enfants.
L’isolement du parent s’avère plus dévastateur que le manque de ressources financières. Les enfants de milieux pauvres qui reçoivent une bonne éducation évoluent aussi bien et même mieux que les enfants de classes moyennes ou riches dont les parents sont peu présents et responsables.
Problème plus fréquent dans les familles monoparentales. La monoparentalité n’est pas en soi un facteur de risque, m ais elle peut le devenir si elle s’accompagne de pauvreté et d’isolement social.
Le soutien de l’entourage contribue à diminuer le désarroi de ces parents. Un nouveau parent a toujours besoin d’être guidé par les membres de son entourage, ce qui contribue à diminuer l’effet des autres stress. L’adulte qui commence à prendre soin d’un enfant peut s’informer auprès des siens, demander leur avis et se baser sur leurs opinions pour améliorer sa compétence éducative ou se rassurer en tant que parent.
L’école et la garderie ont une certaine responsabilité envers ces parents. Elles doivent les informer de ce que vit leur enfant, sans toutefois les accuser de quoi que ce soit. Les intervenants scolaires et les éducateurs doivent objectiver leurs observations et proposer des moyens.
Le phénomène de la négligence
Ce sont les enfants qui créent la famille. Mais la famille a la responsabilité des enfants et ceux-ci doivent être sa plus grande priorité.
« La responsabilité première des parents est de créer un environnement qui nourrisse et protège l’enfant, et ce, pendant toute la durée de l’enfance. Sure le plan physique, nous appelons cet environnement un foyer et, sur le plan psychologique nous l’appelons une famille. Une famille qui n’a pas de foyer est une famille sans abri, mais un foyer qui n’est pas chaleureux est simplement une maison, aussi luxueuse qu’elle puisse être. Parfois, ce n’est tout au plus qu’une pension. [1]»
Si des parents, pour toutes sortes de raisons, ne prennent pas leurs responsabilités éducatives à l’égard de leurs enfants, il ne faut pas s’étonner que ces derniers ne voient pas l’importance d’être responsables face aux autres. La responsabilité a un caractère contagieux. Plus l’enfant se rend compte que ses parents ont la même attitude responsable devant les exigences de la réalité et devant ses besoins à lui, plus il progresse dans un climat de sécurité et de confiance. Pour résoudre de nombreux problèmes, les parents n’ont pas à recourir à une discipline répressive s’ils sont présents dans une relation d’attachement, s’ils décodent les besoins qui sous-tendent les comportements inadéquats de leurs enfants et s’ils satisfont ces besoins.
Types de négligence
Il existe 4 différents types de négligence:
·           Physique : alimentation, hygiène, abri, sécurité et surveillance.
·           Domaine de la santé 
·           Affective
·        Educative : école considérée comme superflue, devoirs peu ou pas faits. Les acquis de base sont aussi négligés, ainsi que tout ce qui touche de près ou de loin à l’éducation


[1] M. H. SAMY, Enfance, famille et société : le mythe de la réalisation personnelle, Revue Prisme, 1999, n°29
11 Mai 2010

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