mercredi 24 août 2011

Responsabiliser son enfant - 8

La responsabilité parentale
La responsabilité parentale consiste à satisfaire les besoins d’un enfant et à lui transmettre des valeurs. Cela se fait d’une part en donnant l’exemple, les parents devenant des modèles auxquels les enfants s’identifient, et d’autre part en appliquant des règles de conduite, grâce à une discipline. Les enfants ont besoin d’encadrement et de limites pour passer du principe de plaisir au principe de réalité et pour développer une conscience morale. L’encadrement créée des routines (repas, lever, coucher, toilette…) et inspire des règles de conduite, qui véhiculent des valeurs et font sentir à l’enfant qu’il est responsable de lui-même et des autres.
Qu’est-ce que la discipline ?
La discipline, selon le dictionnaire, est une « règle de conduite commune aux membres d’un corps, d’une collectivité et destinée à y faire régner le bon ordre ». Il existe une discipline dans toute profession dont les membres possèdent un même ensemble de savoirs et sont soumis aux mêmes règles d’éthique et de compétence.
La discipline désigne aussi un domaine de connaissance. On dit également qu’une personne a de la discipline quand elle est bien organisée, fiable et responsable dans son travail.
Définition de Renald Legendre : « Ensemble de règles de conduite que s’impose un individu conformément à ses valeurs et à ses objectifs de vie. » Un enfant apprend la discipline en étant guidé, d’abord par ses parents. Pas étonnant que le mot « discipline » vienne du mot latin « discere », qui veut dire « apprendre »…
L’autodiscipline s’acquiert sur une longue période de temps de la petite enfance jusqu’à l’adolescence.
Tout être humain dépasse sa condition animale en se détachant de ses pulsions immédiates pour arriver à se maîtriser. L’enfant ne peut acquérir cette maîtrise si ses parents ne l’ont pas dirigé au préalable. L’enfant dirigé se sent en sécurité alors que, sans règles, il devient anxieux et dépense beaucoup d’énergie à s’agiter sur le plan moteur ou à se retrancher derrière des attitudes défensives. Ce qui fait qu’il ne peut pas utiliser son énergie pour apprendre ou pour établir de bonnes relations avec les autres. Il n’apprend pas à être responsable.
Une bonne discipline ne se limite pas à obliger l’enfant à obéir ou être poli. Il est normal que l’enfant conteste ou transgresse parfois les règles qu’on lui impose. Toutefois, s’il vit avec des parents trop rigides ou au contraire trop souples, on risque de voir une escalade de ses comportements inadaptés ce qui, en conséquence, donne un sentiment d’incompétence aux parents. Devant une discipline dominatrice et répressive, certains enfants répriment leurs sentiments et adoptent une attitude de soumission et de conformisme. Cette inhibition peut éclater en révolte durant l’adolescence.
Il est facile de dire à l’enfant « fais ceci » et « ne fais pas cela ». Cependant, le jeune ne comprend pas toujours les raisons qui motivent de telles injonctions. A court terme, cela peut donner de bons résultats, mais un parent responsable doit aussi penser à long terme et apprendre à l’enfant à se maîtriser. Avec une discipline qui se limite à des interdits, aux exigences du moment, à des punitions et des récompenses, on a la paix pendant des périodes limitées. Toutefois, cela n’apporte pas l’autodiscipline et ne permet pas d’acquérir le sens des responsabilités personnelles. Pour que l’enfant raisonne et se maîtrise, il doit comprendre le bien fondé d’une consigne ou d’une règle.
Il est difficile d’imposer une saine discipline à un jeune enfant à cause de son manque de maturité et de sa propension à fonctionner selon le « principe de plaisir ».
·      Les enfants fonctionnent selon le principe de plaisir. Par nature ils sont hédonistes. Recherche de satisfaction immédiate, s’amuser et éviter l’effort.
·      Normal qu’un enfant cherche à tester les limites. Moins normal que l’adulte le laisse faire.
·      Un enfant a la latitude qu’on lui donne.. En général, l’indiscipline d’un enfant est un problème lié au manque de fermeté de l’adulte. Par contre, certains enfants ont intériorisé un conflit ou souffrent d’une carence relationnelle ou d’une hyperactivité d’origine neurophysiologique. De telles difficultés ne sont pas liées à une négligence parentale.
·      Si un enfant répète souvent un même comportement, c’est que cela lui apporte qqch, consciemment ou non. Le parent doit faire comprendre à l’enfant qu’il aura son attention lorsque le comportement inapproprié aura disparu. On gagne plus à souligner les comportements positifs des enfants qu’en leur reprochant leurs comportements négatifs.
Ainsi, la discipline ne vise pas à se faire écouter à tout prix. Elle vise surtout à former l’enfant sur les plans affectif, social intellectuel et physique. Une saine discipline exige que le parent définisse des règles claires et cohérentes, en accord avec ses valeurs. Mais cela n’est pas suffisant. L’attachement, la présence du parent, son écoute, sa considération, son empathie et sa franchise comptent tout autant pour que l’enfant apprenne à se maîtriser et à devenir responsable. Ce sont des préalables à la discipline, car l’enfant a envie de respecter les consignes et les règles quand elles préservent son lien avec ceux qui l’entourent.
Assumer sa responsabilité parentale semble de plus en plus difficile. Même si les parents ont un savoir intuitif et les compétences nécessaires, qu’ils prennent leur rôle au sérieux et demandent de l’aide, trop d’entre eux ne sont pas conscients de leurs qualités d’éducateurs ou les sous-estiment.
Trop de parents veulent être parfaits dans leur éducation et cela est irréaliste. L’enfant, selon Bettelheim, n’a pas besoin d’un parent parfait, mais d’un parent acceptable, afin de pouvoir s’identifier avec une vraie personne,  qui a des qualités et des défauts, des forces et des lacunes et qui fait parfois des erreurs.
Les parents doivent acquérir le sentiment qu’ils sont compétents en tant que parents, de façon innée, et avoir assez confiance en eux pour ne pas se sentir obligés de suivre à la lettre des manuels pour éduquer leurs enfants.
L’intuition des parents d’évaluer les opinions des experts et de les trier prend toujours sa source dans le lien affectif, car une enfant accepte beaucoup plus facilement de suivre une discipline quand elle lui est imposée par qqn à qui il est attaché. Un tel lien crée le contexte nécessaire pour éduquer et discipliner un enfant. Les parents qui fondent leur responsabilité parentale sur une bonne relation avec leurs enfants les éduquent bien, et de façon intuitive.
Aujourd’hui, beaucoup de parents n’osent plus imposer de discipline à leurs enfants. Pourtant, les parents d’aujourd’hui ne sont pas pires que ceux d’avant. Les enfants n’ont pas non plus changé dans leur nature fondamentale. Et les problèmes de disciplines ne datent pas d’aujourd’hui. Aujourd’hui, ce qui a changé, c’est le contexte éducatif dans lequel els parents élèvent leurs enfants. Aujourd’hui, la société et la culture sont centrées sur la productivité et l’individualisme, et on accorde moins d’importance à la famille, au rôle parental et surtout au lien qui unit l’enfant à ses parents.
03 Mai 2010

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