mercredi 24 août 2011

Responsabiliser son enfant - 6

L’éclatement de l’égocentrisme
L’égocentrisme se caractérise par le fait que l’enfant est centré sur son propre point de vue, sans considérer d’autres aspects de la réalité ni les points de vue différents du sien.
Vers 2-3 ans, le monde social du jeune enfant s’élargit beaucoup, notamment s’il fréquente une garderie. Il apprend progressivement à jouer avec d’autres enfants, mais plus précisément en présence d’autres enfants. Lors d’une activité, les petits de cet âge font surtout des jeux associatifs ou des coopérations, c’est-à-dire des opérations parallèles. A cet âge, l’enfant aime être avec d’autres petits comme lui, même s’il est trop égocentrique pour vraiment jouer avec eux. Il aime tout simplement leur présence, même s’il y a de nombreux conflits lié au partage des jouets.
Entre 3 et 7 ans, on assiste à un éclatement progressif de l’égocentrisme grâce au soutien de l’adulte. Cette évolution est favorisée par le développement de son langage, ainsi que par les influences des adultes et des camarades qui comptent pour lui.
La période où le jeune enfant commence à se décentrer de son Moi pour se mettre en contact avec le principe de réalité est une période propice pour l’initier à de petites responsabilités envers lui-même et les autres. Ces responsabilités, lorsqu’elles sont adaptées aux capacités de l’enfant contribuent à diminuer son égocentrisme en développant sa sensibilité sociale et sa générosité. Le jeune enfant devient fier de sa contribution personnelle.
Le langage permet à l’enfant de se dégager de l’action immédiate ou du présent pour évoquer le passé et anticiper le futur. Ainsi, grâce à la représentation mentale et au langage, le parent peut aider l’enfant à tirer des leçons de ses expériences. L’enfant est ainsi capable d’anticiper les conséquences de certains de ses gestes, surtout quand un adulte l’avertit : « Si tu lances ce bloc de bois que tu tiens dans la main, tu risques de frapper qqn et de lui faire mal ! » Il est très important que l’adulte sollicite chez l’enfant sa capacité d’anticiper pour l’aider à freiner son impulsivité.
Ce qui est le plus souhaitable pour apprendre les habiletés sociales, c’est d’inciter son enfant à résoudre ses conflits en utilisant des stratégies acceptables et respectueuses de l’autre. Ses parents doivent lui enseigner des moyens constructifs pour régler un problème. Par exemple, quand l’enfant veut obtenir un jouet d’un camarade, le parent peut le guider en le questionnant : « Comment penses-tu lui demander son jouet ? » Si l’enfant ne sait pas quoi répondre, le parent peut lui servir de modèle par cette formulation : « Veux-tu me prêter ton camion ? » et l’encourager à poser cette question à son ami. Pour que l’enfant retienne ce qu’il vient d’apprendre, il doit le répéter dans divers contextes. Le parent doit donc encourager l’enfant à mettre plusieurs fois en pratique ses nouvelles habiletés sociales.
Pour acquérir une compétence sociale, l’enfant doit se rendre compte qu’il a de plus en plus le pouvoir de maîtriser ses gestes et ses paroles. Comme préalable, le parent peut l’inciter, en jouant, à freiner volontairement es gestes. Par exemple, on lui demande de courir et de freiner ensuite quand il le décide. Le même exercice s’applique en frappant le ballon. Soulignons que plus un enfant sait qu’il peut se maîtriser et plus il se montre capable de réfléchir avant d’agir ou de parler, moins il est porté à être impulsif et agressif. L’apprentissage des habiletés sociales est largement soutenu par le langage, notamment pour résoudre des conflits de façon pacifique.
Vers l’âge de 7 ans, l’égocentrisme diminue beaucoup car la pensée logique émerge. En comprenant la réciprocité, l’enfant se décentre de lui-même et découvre les besoins et les points de vue des autres. Grâce à ce déclin de l’égocentrisme et à une plus grande souplesse de leur pensée, les enfants de 7 à 12 ans coopèrent entre eux quand vient le temps d’accomplir une tâche collective. L’évolution du langage favorise la coopération dans les jeux de règles. Les enfants peuvent échanger pour s’assurer que les règles qu’ils élaborent sont admises et comprises par tous les participants. En discutant, ils déterminent les règles et les rôles, et ils tiennent compte de divers points de vue dans la perspective d’un objectif commun.
L’enfant a désormais accès à la réciprocité des points de vue, ce qui est à la base de l’empathie et de la résolution de problèmes sociaux. N’étant pas uniquement centré sur la satisfaction de ses désirs, l’enfant considère les sentiments et les opinions des autres. Dans un groupe, il peut nouer des relations plus stables et électives. A cet âge, la représentation de la causalité est objective. Ainsi, il peut saisir les relations logiques et causales entre ses actions et leurs conséquences sur les autres. Il peut ainsi ajuster ou corriger ses actions et ses paroles en fonction des valeurs, des attentes et des opinions des autres. L’enfant d’âge scolaire a suffisamment de maturité affective et intellectuelle pour développer une conscience sociale.
A partir de cet âge, l’enfant comprend les valeurs et la logique qui sous-tendent les règles de conduite. Il développe un sens de la justice et les adultes doivent l’aider à comprendre sa responsabilité en s’appuyant notamment sur sa conscience morale.
19 Avril 2010

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire