mercredi 24 août 2011

Responsabiliser son enfant - 5

Les perceptions des relations entre les causes et leurs effets
L’apprentissage du sens des responsabilités ne peut être dissocié du développement de l’intelligence chez l’enfant. En effet, ce dernier doit parvenir à faire des liens logiques de cause à effet entre ses actions, ses paroles et leurs répercussions sur l’environnement physique et humain.
Jusqu’à l’âge de 2-3 ans, l’enfant dans sa relation avec la réalité est centré sur le principe « action » et « réaction ». Il comprend que certains de ses gestes sont inadéquats ou interdits à cause des réactions du parent : ton de la voix, sourcils froncés, air fâché… Il fait alors une association directe entre son action et la réprobation du parent. Cela se produit également lorsque le petit fait de bonnes actions ou lorsqu’il apprend qqch de nouveau. Ilo constate alors que le parent manifeste sa joie, lui donne de l’affection ou lui sourit.
La pensée magique
Avec l’avènement de la représentation mentale, le jeune enfant est capable de conserver plus longtemps le souvenir des interdits parentaux. D’abord, il intériorise le principe de réalité, e telle sorte que les parents ont un peu moins besoin de répéter incessamment leurs interdits.
Depuis que l’enfant est capable de représentation mentale et jusqu’à l’âge de 7-8 ans, des obstacles freinent chez lui l’acquisition du sens des responsabilités, par exemple le fait qu’il ait une pensée magique et égocentrique, ce qui est tout à fait normal. Cela empêche l’enfant de bien percevoir la réalité ou les points de vue des autres. Le fait de se centrer sur lui-même l’empêche aussi de percevoir l’effet qu’il a sur les autres. L’égocentrisme prend plusieurs formes, notamment dans les échanges verbaux qui, entre jeunes enfants, sont souvent des monologues collectifs. En voici un exemple (3-4 ans) :
Etienne :              « Ma mère m’a acheté un Spiderman. »
Justine :               « Rosalie m’a tiré les cheveux. »
Etienne :              « Mon père a oublié de me donner mes gants. »
Justine :               « Anne m’a dessiné un cœur sur la main. »
Etienne :              « Mon père met de l’essence super dans son auto. »
Justine :               « Geneviève a fait pipi dans ses culottes. »
Voilà un véritable dialogue de sourds. Chacun parle pour soi, tout en étant convaincu que l’autre l’écoute et le comprend. La pensée enfantine est caractérisée par l’égocentrisme et la pensée magique, et les petits ont donc tendance à déformer la réalité. Ils ont de la peine à saisir les liens entre eux et ce qui les entoure.
Le jeune enfant transforme la réalité de façon égocentrique, selon son point de vue et ses perceptions immédiates, d’où la difficulté de le raisonner quand on veut lui faire voir les conséquences de ses gestes. Cet égocentrisme l’empêche souvent de comprendre les consignes et les règles de conduite qui sont en opposition avec ses désirs immédiats. Cela empêche parfois des relations immédiates avec son entourage. Ainsi, les jeunes enfants sont des tricheurs inconscients durant les jeux de règles. Ils essaient d’imiter les règles des plus grands, mais comme ils sont emportés par leur désir, ils les modifient sans vergogne et souvent de façon fantaisiste.
13 Avril 2010

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