Du principe de plaisir au principe de réalité
Plus l’enfant est jeune, plus il tend à fonctionner selon le principe de plaisir = « tendance à chercher des satisfactions immédiates et à éviter les efforts, sans s’adapter à la réalité. » Principe essentiel pour la survie du bébé, car il constitue une recherche instinctive de satisfaction des besoins biologiques et psychologiques. L’enfant ressent ces besoins comme une tension désagréable et pénible qu’il ne peut éliminer par lui-même. Pour chasser la tension ou la douleur, il s’active en pleurant, en s’agitant et en se débattant.
Toute première motivation de l’être humain. L’enfant acquiert un sentiment de sécurité quand il prend conscience de l’existence des adultes et qu’il s’aperçoit que ceux-ci satisfont ses besoins. En cherchant à satisfaire à ses besoins primaires, le bébé affronte régulièrement deux obstacles : les conflits et la frustration.
· Conflits : quand la recherche de satisfaction d’un besoin nuit à la recherche de satisfaction d’un autre besoin.
· Frustration : quand l’enfant doit attendre pour que son besoin soit satisfait (téléphone qui sonne ou autre). Si l’attente est trop longue, risque que l’enfant démissionne. Si elle est trop brève, l’enfant n’apprend ni à espérer, ni à attendre. Pas de critère objectif pour le dosage de l’attente. C’est un savoir intuitif qui émerge d’une sensibilité au bébé, de l’empathie, d’une compréhension de ses besoins et de ses réactions.
Graduellement, le jeune enfant apprend à régler ses conflits et à contrôler ses frustrations. Il fait des pas vers le principe de réalité. « Selon ce principe, la conduite, au cours de l’expérience individuelle, tend à s’adapter à la réalité ».
En apprenant à régler ses conflits et à clamer ses frustrations, l’enfant adapte de plus en plus sa conduite aux attentes et aux exigences du parent. Ainsi, il se dégage du principe de plaisir immédiat. Il se détache du narcissisme primaire pour s’intéresser à la personne qui prend soin de lui. Il recherche son contact et l’investit de sentiments alternativement affectueux et agressifs, soutenus par une relation d’attachement entre le parent et l’enfant.
Rompre graduellement les liens de dépendance entre les adultes et l’enfant aide également à dépasser le principe de plaisir, tout en favorisant la maturité et l’autonomie. L’enfant surprotégé, qui reste dans un univers de plaisir, est maintenu dans une dépendance confortable, ce qui le prive d’une saine autonomie et l’empêche d’acquérir le sentiment de sa responsabilité personnelle.
9-18 mois : période de développement des capacités motrices, captivante et inquiétante pour les parents. Expérimentation, exploration… moins dépendant. Enfant peu conscient des dangers. Il prend conscience des interdits des parents et du principe de réalité. Il apprend avec frustration à se décentrer de son plaisir immédiat pour s’ajuster aux exigences des adultes. Le jeune enfant accepte les interdits des parents, malgré les frustrations qu’ils génèrent, quand il a tissé avec eux une relation d’amour et d’attachement.
Soulignons que ce principe n’est pas néfaste en soi. Il faut du plaisir dans la vie. L’autonomie permet plus de liberté, mais celle-ci implique une responsabilité personnelle envers les autres et soi-même.
08 Avril 2010
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