Il est très important de comprendre qu’une conséquence imposée à l’enfant après une transgression doit s’accompagner chez le parent d’un effort pour comprendre la raison qui sous-tend l’action répréhensible. Cela suppose que le parent a de l’empathie, ce mode de connaissance fondé sur l’intuition et sur une attitude de compréhension, de respect et d’acceptation de l’autre. Grâce à sa capacité d’empathie, ainsi qu’à une connaissance profonde de son enfant jusque dans ses comportements non verbaux, le parent est capable de décoder le sentiment ou le besoin derrière le comportement répréhensible et l’exprime à sa place : « Ça te fâche quand je te dis de te dépêcher et c’est pour cela que tu étais lent. » ou « Tu deviens nerveux quand il y a quelque chose de nouveau, c’est pour cela que tu étais agité. » Ainsi, l’enfant prend conscience de ce qui se passe vraiment et il apprend à manifester adéquatement son besoin ou son sentiment. Le parent doit reconnaître que tous les besoins et sentiments sont légitimes et rassurer l’enfant sur le fait qu’il est normal de les ressentir, mais qu’il faut également les exprimer de façon adaptée, plutôt que de transgresser les règles.Ainsi, il est important de ne pas se limiter aux conséquences. Par exemple, une mère nous racontait que chaque fois que son fils de 9 ans revenait à la maison après l’école, il franchissait la porter en criant et en lançant son sac dans la pièce. Ce comportement se répéta plusieurs jours de suite. Chaque fois, la mère était en colère et l’envoyait dans sa chambre en lui disant de réfléchir (conséquence logique par soustraction). Or, rares sont les enfants qui réfléchissent dans leur chambre après une bêtise. Quelques minutes plus tard, sa mère lui permettait de ressortir, mais sans reparler de la situation. Un jour, elle entendit son fils pleurer dans sa chambre. La mère fut troublée et se demanda enfin pourquoi son fils criait et lançait son sac d’école quand il arrivait à la maison. Elle rejoignit son fils, le consola et, en conversant avec lui, elle sentit qu’il cherchait à attirer son attention et qu’il avait besoin de dépenser son trop-plein d’énergie. Elle lui communiqua son intuition et la garçon approuva d’un signe de tête. Par la suite, dès que son fils franchissait le seuil de la porte, elle s’informait de sa journée et lui offrait une collation suivie d’une période de défoulement physique à l’extérieur. Son comportement répréhensible cessa immédiatement, ce qui n’aurait pas été le cas si sa mère avait continué à se limiter à la conséquence.
A partir de l’âge de 7 ou 8 ans, quand il a acquis la pensée logique, l’enfant tire encore plus de profit de l’aide que l’on lui apporte pour prendre conscience des sentiments ou des besoins qui le poussent à faire des gestes répréhensibles. C’est ainsi qu’il finit par agir de façon responsable et adaptée, tout en exprimant ses sentiments et ses besoins. Le parent doit faire suffisamment confiance à son intuition pour aider l’enfant à comprendre ce qui sous-tend ses gestes, que cela soit agréable ou non. Peu à peu, l’enfant en arrive à établir des liens de cause à effet entre ses comportements et ses besoins ou sentiments. Plus un enfant est conscient de cela, plus il s’exprime adéquatement, moins il transgresse des règles établies et plus il devient responsable.
26 Septembre 2010
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