mercredi 24 août 2011

Responsabiliser son enfant - 23

La responsabilité en action

Il n’est pas nécessaire qu’une discipline soit contraignante et douloureuse pour être efficace. Ce qui importe, c’est qu’elle incite l’enfant à apprendre. Une discipline rigide et autoritaire tend plutôt à le rendre dépendant et conformiste, car il n’a pas l’occasion de développer son sens des responsabilités. A l’opposé, une discipline trop permissive insécurise l’enfant parce qu’elle le prive de points de repère et l’empêche d’intégrer certaines valeurs. Il faut donc tendre vers un équilibre entre ces deux attitudes opposées en adoptant une discipline incitative qui aide l’enfant à prendre des décisions éclairées sur son comportement.
Un enfant peut comprendre et assumer sa responsabilité personnelle si, au préalable, il a saisi les liens logiques qui unissent ses actions et ses paroles, ainsi que leurs conséquences sur les autres et sur leur environnement. Nous avons vu au chapitre 1 que cette conscience des relations de cause à effet se développe depuis la petite enfance. Même si l’enfant est parvenu à une capacité de jugement logique et causal, le parent doit l’aider à prendre conscience de sa responsabilité dans la production d’un effet, particulièrement à la suite d’une situation conflictuelle.
Les conséquences
L’enfant transgresse parfois des règles ou des interdits, et cela est normal puisqu’il apprend le principe de la réalité durant son développement. Un enfant devient plus responsable quand il comprend et assume les conséquences de ses gestes et de ses paroles. Le dictionnaire définit le mot « conséquence » comme « la suite qu’une action ou un fait entraîne ». Il y a un lien logique de cause à effet entre une action et son résultat. Si ce dernier est inacceptable, l’enfant doit en assumer la responsabilité. Ces attitudes parentales sont importantes pour permettre à l’enfant d’intégrer le sens de sa responsabilité par les conséquences :
·           Discuter fréquemment avec l’enfant des diverses conséquences d’un comportement et non pas uniquement à la suite de ses écarts de conduite.
·           Informer l’enfant des conséquences logiques qu’il devra assumer à la suite de chaque comportement inacceptable ou de la transgression d’une règle. Cette connaissance des conséquences permettra à l’enfant de faire des choix.
·           Eviter d’utiliser les conséquences prévues comme des menaces, mais plutôt comme des suites logiques aux comportements.
·           Il est souhaitable que le parent soit calme lorsqu’il montre à l’enfant la conséquence d’un comportement répréhensible. Si le parent est envahi par la colère quand il prescrit une conséquence, l’enfant aura tendance à ressentir l’émotion du parent plutôt qu’à comprendre la logique de son raisonnement.
·           Le parent doit être constant quand il impose des conséquences. Cette constance permet à l’enfant de prévoir ce qui va lui arriver, sans surprise.
·           Quand le parent impose une conséquence à son enfant, il doit ignorer ses protestations. Cela est beaucoup plus facile pour un parent convaincu du bien-fondé de la valeur qu’il veut transmettre et de la logique de la conséquence qu’il impose.
·           Autant que possible, une conséquence doit être immédiate, ne pas durer longtemps et avoir un lien logique avec le comportement inadéquat.
·           Si un enfant refuse d’assumer une conséquence, le parent doit le retirer temporairement pour protéger la relation ou lui imposer la perte d’un privilège que l’enfant pourra récupérer quand il se montrera responsable.
·           Quand un enfant a subi la conséquence de ses gestes, il est inutile de le sermonner. Il est plus profitable de l’aider à comprendre la relation logique entre son écart de conduite et la conséquence subie.
·           Quand l’enfant a subi la conséquence de ses actes, , le parent doit souligner de façon positive son premier bon comportement, afin qu’il retrouve une image positive de lui-même.
·           Nous recommandons vivement que le parent encourage son enfant à choisir lui-même une conséquence à son écart de conduite, du moins dès que l’enfant se montre capable de raisonnement logique, soit vers l’âge de 7 ou 8 ans. Quand l’enfant fait lui-même un choix, il montre qu’il a réellement compris sa responsabilité. Toutefois, il faut s’assurer que la conséquence qu’il s’impose n’est ni trop légère ni trop sévère. Les enfants ont souvent tendance à s’imposer des conséquences trop lourdes.
·           Il va sans dire que toute conséquence doit être réaliste et adaptée à la capacité de l’enfant de l’exécuter.

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