mercredi 24 août 2011

Responsabiliser son enfant - 16

Le pouvoir d’agir
Ainsi, nous croyons beaucoup à l’« empowerment » pour bien assumer la responsabilité parentale. Le dictionnaire traduit ainsi ce mot anglais : « Avoir pleins pouvoirs pour faire. » Du point de vue sémantique, on utilise en langue française ces formulations synonymes : « appropriation d’un pouvoir personnel », « prise en charge de sa destinée » ou « pouvoir d’agir ». Pour notre part, nous retenons la dernière formulation, car elle contient un message d’affranchissement et de changement. Elle suppose une volonté consciente de changer une situation perçue comme problématique en une autre considérée comme souhaitable. Cela suppose que le parent prend conscience du problème, ensuite qu’il définit le changement souhaité, enfin qu’il veut sincèrement prendre en main ses responsabilités et passer à l’action en appliquant des moyens clairement identifiés pour produire le changement. Alors, pouvoir et action sont intimement liés. Rondeau définit bien l’« empowerment » ou le pouvoir d’agir dans le passage suivant :
« … un processus permettant le changement d’un état de passivité à un état d’activité ou de contrôle sur sa vie. Cette transition peut se manifester chez une personne par une augmentation de son sens du contrôle personnel et par les applications qu’elle en fait dans sa vie. En essence, on parle ici d’un processus de changement où la personne quitte la passivité et devient active, c’est-à-dire se mobilise et devient auteur de sa vie. En devenant active, elle cherche à prendre ou à reprendre du contrôle sur elle-même et sur son environnement.[1] »
Le pouvoir d’agir constitue une responsabilité que le parent doit assumer régulièrement s’il souhaite que son enfant l’acquière à son tour. Le parent qui exerce ce pouvoir d’agir cherche à être l’auteur et l’acteur des situations, plutôt que d’en subir passivement les conséquences. Un proverbe chinois traduit bien son importance : « Si tu donnes un poisson à un homme, il se nourrira une fois. Si tu lui apprends à pêcher, il se nourrira toute sa vie. »
Voici des suggestions qui favorisent la résolution de problèmes pour un parent qui est déterminé à utiliser son pouvoir d’agir :
·           Bien identifier le problème, sans le dramatiser ni le minimiser. Il est parfois bon de consulter les personnes autour de soi ‘pour relativiser les choses ou les percevoir de façon réaliste.
·           Evoquer le souvenir de problèmes semblables qui ont été résolus dans le passé.
·           Prendre note des solutions qui ont été proposées et qui se sont avérées efficaces.
·           Faire une liste des succès passés dans la résolution de problèmes.
·           Retrouver l’estime de soi en dressant une liste de ses compétences et en les appuyant d’exemples concrets.
·           Consulter des amis ou des personnes qu’on juge crédibles pour obtenir des stratégies de solution.
·           Faire un « remue-méninges » pour trouver toutes les solutions possibles.
·           Evaluer la pertinence de chacune des solutions en tenant compte des expériences passées et en fonction du problème présent.
·           Reposer son esprit pendant quelques temps. Sur ce plan, certains parents ont de la difficulté parce qu’ils sont pressés de trouver la bonne solution. Pourtant, la créativité nécessite une période d’incubation qui permet de prendre une certaines distance par rapport au problème, d’avoir plus d’objectivité. Il faut se dire que le temps fait son œuvre.
·           Définir la solution qu’on évoque le plus souvent.
·           Appliquer la solution.
·           Evaluer après coup l’efficacité de la solution.


[1] G. RONDEAU. Texte présenté au colloque « Travail social et empowerment à l’aube du XXIe siècle », Université du Québec à Hull. Hull, 22 avril 1999
28 Juin 2010

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