L’autorité parentale
14 Juin 2010
En Occident, l’autorité est moins valorisée qu’auparavant. De plus en plus, nous rencontrons des parents qui se sentent dépassés devant le comportement de leurs enfants, comme s’ils étaient les victimes de leur progéniture.
On constate que les phénomènes violents provoquent rarement une réflexion profonde et continue de la part des parents, des intervenants scolaires et des instances gouvernementales afin de trouver les causes de ces problèmes de comportement et de mettre de l’avant des solutions concrètes pour prévenir ces problèmes ou y remédier. Est-ce que les enfants d’aujourd’hui sont génétiquement plus violents que ceux d’autrefois ?
Nous sommes convaincus que ces manifestations d’agressivité chez les enfants constituent un problème social et le reflet d’une carence d’autorité chez les adultes. Nous avons constaté que beaucoup de parents ont une conception magique et idéaliste de leur rôle, du fait qu’ils sont convaincus que leurs enfants s‘éduqueront seuls et qu’ils comprendront eux-mêmes ce qui est bien pour eux. Il est reconnu que l’une des causes de la violence est engendrée – et souvent nourrie – par des parents trop mous et allergiques à toute forme d’autorité. Les tenants du « vivre et laisser vivre » favorisent souvent, sans en être conscients, des problèmes de discipline.
Assumer son rôle d’autorité parentale La grande majorité des parents aiment leurs enfants et souhaitent sincèrement qu’ils adhèrent à leurs valeurs durant leur développement, comme un héritage à leur léguer. Toutefois, cette transmission de valeurs ne se fait pas par magie. Elle nécessite de la part des parents de la présence physique et psychologique, de l’empathie et de l’engagement pour les besoins des enfants, ainsi que de la fermeté dans l’affirmation de leurs valeurs. En somme, ils doivent assumer leur responsabilité parentale. Heureusement, la plupart des enfants adhèrent eux-mêmes aux valeurs transmises par leurs parents. Cette adhésion se fait surtout en observant et en imitant. C’est ainsi que les enfants apprennent, depuis la façon de tenir une fourchette jusqu’aux croyances et aux opinions sur la vie.
Dans notre société, il n’est pas facile pour les parents de jouer leur rôle puisqu’il y a une tendance sociale de plus en plus forte à déléguer les responsabilités. La responsabilité parentale est très influencée par le4s changements que la famille a subis depuis quelques décennies.
« Depuis une trentaine d’années, la famille a connu de grandes transformations qui ont un effet certain sur le développement psychologique de l’enfant. La situation de la famille est devenue plus précaire, les valeurs et les préoccupations individuelles occupent la première place dans de nombreux foyers. Ont été mises de côté, dans bien des cas, les valeurs familiales traditionnelles, autrefois institutionnalisées. Tous ces changements ont entraîné de nouvelles dynamiques familiales qui influencent le comportement des enfants.[1] »
Ainsi la famille a bien changé, non seulement en ce qui concerne le nombre de personnes qui la composent, mais aussi en ce qui a trait à sa stabilité, à sa structure et à son fonctionnement. Aujourd’hui, près d’une famille sur deux éclate et on assiste à la formation de nouveaux types de familles, monoparentales ou recomposées. A la suite de ruptures conjugales, certains parents, surtout les mères monoparentales, assument une plus grande responsabilité parentale, alors que des pères ont tendance à abdiquer leurs responsabilités.
Plusieurs de ces ruptures se soldent par des gardes partagées ou une garde tous les deux week-ends, ce qui est souvent en défaveur du père. L’intervention auprès des pères est bien en vogue depuis quelques années. Cependant, il faut que cette intervention soit davantage qu’une mode et que les pères soient appelés à faire partie de la solution plutôt que du problème.
Il arrive trop souvent que des parents prennent leurs enfants en otage. (p. 89). La responsabilité parentale va au-delà des ruptures et des nouvelles unions, un père et une mère le sont pour la vie.
[1] M.-C. BÉLIVEAU, J’ai mal à l’école. Troubles affectifs et difficultés scolaires. Montréal : Éditions de l’Hôpital Ste-Justine, 2002
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire