Les résistances des parents face à la discipline
Le parent doit comprendre et pardonner les erreurs du passé afin d’éviter de répéter les attitudes qu’il a réprouvées chez ses propres parents. En effet, certains adultes, croyant s’être affranchis des conflits qui les ont marqués avec leurs parents, tentent par réaction d’éduquer leurs enfants autrement, comme ils auraient voulu l’être, ou en adoptant des attitudes éducatives réactives. Les phénomènes de répétition compulsive d’une génération à l’autre sont souvent liés à des conflits non résolus.
La majorité des adultes qui ont le sentiment d’avoir eu de bons parents éduquent leurs enfants comme ils ont eux-mêmes été éduqués. La parentalité s’inscrit dans un continuum. Chaque parent a ses propres parents et sa propre histoire.
« Nous mettons sur nos enfants les « fantômes de notre passé », et il n’y a rien d’effrayant à cela puisque le dynamisme parental prend sa source dans ce qui est présentement, dans ce qui a été par le passé et dans ce qu’évoque l’avenir.[1] »
Il est souhaitable que le parent soit le plus conscient possible du contenu et des caractéristiques de sa propre éducation afin de faire un choix dans la façon d’éduquer ses enfants.
[1] M. LEMAY, Famille, qu’apportes-tu à l’enfant ? Montréal : Editions de l’Hôpital Ste-Justine, 2001
Des parents résistent à imposer des limites à leurs enfants par peur de perdre leur amour. C’est en général le cas du parent qui a souffert de négligence ou de carence durant sa propre enfance. Imposer son autorité devient une situation déchirante, parce que le parent est en conflit entre son devoir d’imposer des limites et la peur de se mettre à do son enfant.
« …il y a une différence entre trouver une situation malheureuse et être malheureux dans une situation. Dans le premier cas, la personne est sensible à la souffrance vécue sans en faire elle-même l’expérience alors que dans le second, elle est elle-même souffrante. Plus un parent dispose d’une bonne estime de lui-même, plus il aura tendance à vivre la première expérience (être sensible à la souffrance sans la vivre) ; à l’inverse, plus son estime de lui-même est défaillante, plus il sera conduit à vivre la seconde (être lui-même souffrant).[1] »
Malheureusement, il y a trop peu de parents conscients qu’une bonne façon de montrer aux enfants qu’on les aime, c’est de leur imposer des limites. Ces limites sont essentielles d’abord pour le protéger, et ensuite p0our lui faire intégrer des valeurs, des habiletés sociales et le sens des responsabilités, envers lui-même et les autres Grâce à des limites imposées de l’extérieur, l’enfant parvient graduellement à s’imposer lui-même des limites, c’est-à-dire à se maîtriser. C’est à cette seule condition qu’il peut devenir responsable.
07 Juin 2010
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