lundi 22 août 2011

Incarnation: Chapitre 6 - Être l'Eglise dans sa famille (3ème partie)

L’église domestique
Les pères de l’Eglise désignaient la famille comme l’église domestique et la congrégation comme l’église communautaire. Le terme domestique est ici utilisé dans le sens «qui a trait au foyer», et non dans le sens de serviteur. Cette notion a été retrouvée tout au long de l’histoire de l’Eglise dans tous les courants du christianisme.
Pendant le grand réveil, George Whitefield prêchait que «nous devrions toujours désespérer de voir un réveil de la piété dans le monde à moins d’avoir le bonheur de voir un réveil de la religion familiale.[1]» Whitefield avait une vision totalement incarnée du rôle de la famille chrétienne.

Si nos familles sont appelées à être des «petites églises», selon Calvin, et que les parents sont ainsi «les apôtres, les évêques et les prêtres de leur foyer», selon Luther, il est urgent que nous apprenions à intégrer Jésus à notre vie de famille et à mettre nos familles au service du Royaume. Nous avons malheureusement une vision parfois stéréotypée de la famille dans nos milieux évangéliques, que nous pourrions résumer par: Maris, aimez vos femmes, femmes soyez soumises à vos maris, enfants obéissez à vos parents. Cependant, si l’église se poursuit et s’incarne également à la maison, nous sommes appelés à beaucoup plus. Jean-Paul II avait une vision bien plus biblique du rôle de la famille, comme il l’a écrit dans son encyclique «Familiaris Consortio»: «Nous affirmons que la famille chrétienne elle-même est un grand messager de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ dans ce millénaire. Elle est véritablement un agent d’évangélisation.[1]» Et dans un autre texte: «De plus, davantage qu’un simple objet de la préoccupation pastorale de l’Eglise, la famille chrétienne est également l’un des agents d’évangélisation les plus efficaces.[2]»
Oui, nos familles sont appelées à plus! Prolongeant la vie et la mission de l’Eglise, elles sont appelées, dans leur lieu de vie, à manifester l’adoration, les relations, la formation, l’autorité et le témoignage que nous sommes appelés à vivre en Christ.

L’adoration: vivre Jésus dans sa famille
La famille existe en premier lieu pour rendre gloire à Dieu, qui l’a créée pour son plaisir. Et cela dans tous les aspects de sa vie quotidienne, non seulement dans des temps mis à part comme les cultes de famille. Les cultes de famille sont une bonne chose s’ils s’inscrivent dans un style de vie d’adoration. Dans le cas contraire, ils ne font que reproduire à la maison la mentalité dualiste impliquant qu’il y a des moments où Dieu est présent et d’autres pas.
Bien sûr, des temps mis à part pour louer, intercéder, étudier la Parole, écouter Dieu… ne sont pas mauvais en soi. Il est bon de vivre de tels moments en famille où l’on se centre sur la présence de Dieu. Mais comme nous l’avons vu au chapitre précédent, l’adoration est d’abord un style de vie et ces moments de culte ne constituent que la pointe de l’iceberg.
Dans ce sens, nous pouvons enseigner à nos enfants, et cela d’abord par notre exemple, à tout faire pour la gloire de Dieu, que ce soit la participation aux tâches ménagères, le fait de faire leur lit, de débarrasser la table, d’essuyer la vaisselle.
Dans les Fabricants de Joie, on nous a appris à commencer chaque journée en posant cette question au Seigneur: «Comment puis-je apporter de la joie à ton cœur aujourd’hui?» Il peut nous montrer alors des choses très concrètes comme ramasser nos chaussettes qui trainent ou encourager un ami passant par une période difficile. En fin de journée, on nous a appris à poser cette autre question: «Comment ai-je réjoui ton cœur aujourd’hui?» Et là, le Seigneur peut nous encourager, nous féliciter, ou nous reprendre et nous exhorter.
Vivre Jésus en famille, c’est l’intégrer dans tout ce que nous faisons. C’est faire de lui la première personne vers qui nous allons lorsqu’il y a une dispute, des pleurs, une blessure, une situation de besoin qui surgit.

[1] Kerry Ptacek, A brief history of family worship, http://members.aol.com/ kptacek/ bhbfw.html.

[1] Jean-Paul II, Familiaris Consortio,  http://mariage.pmc.free.fr/priere/ marc12.htm
[2] Jean-Paul II, Ecclesia in Asia, http://www.vatican.va/roman_curia/ pontifical_councils/family/documents/rc_pc_family_doc_20030124_families-manila-conclusions_fr.html08 Avril 2008

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