mercredi 24 août 2011

L'église dans la maison - Chapitre 2 : Plaidoyer pour les églises de maison

« Saluez Prisca et Aquilas, mes compagnons d’oeuvre en Jésus Christ… Saluez aussi l’Église qui est dans leur maison. » (Romains 16:3-5)
« Les Églises d’Asie vous saluent. Aquilas et Priscille, avec l’Église qui est dans leur maison, vous saluent beaucoup dans le Seigneur. » (1 Corinthiens 16:19)
« Saluez les frères qui sont à Laodicée, et Nymphas, et l’Église qui est dans sa maison. » (Colossiens 4:15)
« A Philémon, notre bien-aimé et notre compagnon d’œuvre… et à l’Église qui est dans ta maison. » (Philémon 1-2)
Il est clair à partir des versets ci-dessus que l’église primitive se réunissait dans les maisons. Ils n’avaient pas de bâtiments d’église. De tels bâtiments n’apparurent pas avant l’an 232 de notre ère. Dans ces jours anciens, on ne les appelait pas « églises de maison ». Ils étaient « l’église », qui se rassemblait dans la maison de quelqu’un. Il est remarquable que la période où la croissance de l’église a été la plus explosive dans l’histoire, jusqu’à très récemment, ait pris place durant ces premières années.
Cependant, en Chine, nous voyons actuellement un mouvement sans précédent qui surpasse même la croissance de l’église primitive et ce réveil étonnant est un mouvement d’églises de maison. L’article suivant est tiré du Caleb Report de l’édition janvier/février 1990 du MINISTRIES MAGAZINE. Ce rapport est donné par Loren Cunningham, fondateur et président de JEUNESSE EN MISSION.
« Selon le U.S. Center for World Mission, plus de vingt-deux mille Chinois se tournent vers Christ chaque jour. C’est l’équivalent de sept Pentecôtes toutes les vingt-quatre heures, et cela se passe maintenant. La plus grande partie de cette explosion de foi provient des communautés chinoises rurales, où vivent quatre-vingt pour cent de la population du pays. Alors que j’étais à Hong-Kong il n’y a pas si longtemps, Jonathan Chao, fondateur du Chinese Church Research Center, me partageait que le réveil chinois est répandu par des jeunes, principalement âgés entre quinze et dix-neuf ans. Ces adolescents vont de village en village et partagent l’évangile là où il n’a jamais été entendu auparavant. Alors que les nouveaux convertis sont organisés en petits groupes, les adolescents font venir les anciens (des croyants dans la vingtaine) pour qu’ils enseignent l’église de maison nouvellement formée tandis que les plus jeunes chrétiens se dirigent vers le village suivant. Les pasteurs et les enseignants chinois n’ont pas de revenus financiers pour répandre le message chrétien : ils vivent avec les paysans dans chaque nouvel endroit et ne construisent pas de bâtiments d’église. Ils ont très peu de possessions et de besoins. Par ce simple moyen, la bonne nouvelle se propage à travers les champs et les montagnes de Chine. »
La croissance explosive de l’église qui se produit actuellement en Chine et celle qui a pris place dans l’église primitive du livre des Actes ont quelque chose en commun : elles sont toutes deux un mouvement d’églises de maison. Le même type de croissance peut être constatée dans d’autres pays où la construction de bâtiments d’église n’est pas autorisée, comme nous le lisons dans la lettre de John Amstutz.
Le principe, simplement exprimé, est que la croissance de l’église, quelle que soit la région, sera directement proportionnelle au nombre d’obstacles à l’implantation de nouvelles églises. De par mon expérience, tant dans l’implantation que dans la direction d’églises de maison, je vois certains avantages très clairs à cette approche de l’implantation et de la multiplication d’églises :

LES ÉGLISES DE MAISON SONT FACILES A DÉMARRER
Pour implanter une église de maison, vous n’avez pas besoin d’acheter une propriété ni de construire un bâtiment. Vous n’aurez pas besoin d’une chaire, de bancs, de psautiers ou de piano. Vous pouvez faire sans baptistère, sans école du dimanche et sans pasteur de jeunesse. Vous n’aurez pas besoin de faire partie d’une dénomination, de vous rassembler le dimanche, d’avoir un journal d’église ou de vous réunir au même endroit chaque semaine.
Vous n’aurez pas besoin de mettre un écriteau au bord de la route avec le nom de votre église. Elle n’aura pas besoin de nom. En fait, vous n’avez même pas à l’appeler « église », tant que vous savez clairement qu’elle est « l’église, qui est son Corps ». Aucun des aspects ci-dessus n’est mauvais ou faux en soi, mais aucun n’est essentiel. L’apôtre Paul n’en a utilisé aucun dans son ministère d’implantation d’église. Nous nous sommes détournés de la simplicité du Nouveau Testament et avons ajouté tant de fioritures, qui ne sont vraiment pas essentielles, qu’il est devenu de plus en plus compliqué de démarrer une nouvelle église.
Ray Williams, un de mes amis proches, a été missionnaire au Mexique pendant plus de trente ans et a été utilisé par Dieu pour démarrer un nombre considérable d’églises, qui en ont à leur tour enfanté des centaines d’autres. Il me confiait récemment qu’il a une fois démarré une église dans un champ de blé. L’église a grandi, et a donné naissance à une multitude d’autres églises, chacune ayant la vision d’implanter de nouvelles églises. Nous rendons les choses trop compliquées. Dieu nous appelle à retrouver la simplicité et le naturel de la multiplication.

UNE ÉGLISE DE MAISON EST INFORMELLE ET CONVIVIALE
Il y a plusieurs années, j’ai emmené ma famille dans une église dont le pasteur est un enseignant biblique hors pair. J’aimais cette église et désirais continuer de la fréquenter, mais le niveau vestimentaire était complètement hors de notre portée. Certaines personnes ne viennent pas dans nos églises aujourd’hui parce que nous avons établi un standard vestimentaire trop élevé et avons fait de l’église un événement « formel ». Beaucoup de ceux qui ne fréquenteraient pas une église formelle n’auraient pas de problèmes à participer à une église de maison. L’atmosphère y est plus détendue, avec un environnement familial et informel.
Dans son livre UNDERSTANDING CHURCH GROWTH, le Dr. Donald McGavran recense huit clés pour la croissance de l’église dans les villes. La première nous donne son évaluation de la valeur et de l’importance d’implanter et de multiplier des églises de maison. Il déclare :
« Les huit clés que je vais mentionner ne sont pas de simples hypothèses. Elles illustrent des principes sur lesquels s’accordent les principaux experts en croissance de l’église.
Mettons d’abord l’accent sur les églises de maison. Quand l’Eglise commence à grandir dans des villes parmi les non-chrétiens, chaque communauté doit rapidement trouver un lieu pour se rassembler. La congrégation devrait se réunir dans l’environnement le plus naturel, dans lequel les non-chrétiens peuvent venir avec la plus grande facilité et où les convertis assument eux-mêmes le ministère. Le fait de trouver un lieu de réunion ne devrait pas charger la petite communauté sur le plan financier. L’église de maison satisfait à toutes ces conditions de façon idéale. Les églises de maison devraient toujours être considérées, tant pour l’implantation initiale que pour une extension future. »

LES ÉGLISES DE MAISON SONT DES OUTILS D’ÉVANGELISATION
Le Dr. Peter Wagner, considéré par beaucoup comme un des plus grands spécialistes actuels sur la croissance de l’église, déclare : « La meilleure manière d’évangéliser est l’implantation d’églises. Il n’y a jamais eu de meilleure méthode et il n’y en aura jamais. » L’IMPLANTATION D’ÉGLISES PAR SATURATION est la vision adoptée aujourd’hui par des responsables de mission tout autour du monde.
Une église qui essaime de manière à multiplier expérimentera de toute façon au minimum l’addition. Une église qui met l’accent seulement sur l’addition tendra à stagner et à s’alourdir. Notre objectif a trop souvent été d’essayer de créer une très grande église plutôt que de multiplier les églises. Nous ne pouvons pas dire que Dieu ne pourrait jamais conduire quelqu’un à bâtir une très grande église. Cependant, le corps de Christ dans une ville grandira beaucoup plus rapidement en multipliant les églises qu’il ne le ferait en cherchant à bâtir quelques super églises. Nous louons Dieu pour les super églises. Nous prions pour elles, nous servons dans plusieurs d’entre elles, nous les bénissons. Ce n’est pas « nous et eux ». C’est NOUS ! Le corps de Christ dans son ensemble nous appartient à tous et nous appartenons les uns aux autres !

LES ÉGLISES DE MAISON FACILITENT LA FORMATION DE PASTEURS ET DE RESPONSABLES
Les éducateurs ont compris depuis longtemps que la meilleure méthode de formation est toujours la méthode d’apprentissage, qui est une « formation sur le tas avec un suivi de un à un », tel qu’un plombier, un mécanicien ou un vendeur l’auraient reçue il y a cent ans. Ils apprenaient en observant et en pratiquant tout en étant redevables à un maître exerçant la profession. C’était la méthode de Jésus. Ses disciples apprenaient en observant, en écoutant et en pratiquant tout en partageant la vie du maître enseignant lui-même. Les églises de maison vont nous permettre de former des pasteurs pour faire le travail de pastorat tout en étant sous la supervision d’un pasteur plus expérimenté. Ils vont grandir alors que l’église croît sous leur responsabilité. Comme elles ne vont pas toutes se réunir le dimanche matin, certains vont même pouvoir diriger plusieurs églises de maison.

LES ÉGLISES DE MAISON AIDENT À NOUER DES RELATIONS
Une petite église de maison permettra beaucoup plus facilement à une personne timide de trouver son identité dans le corps de Christ. Dans notre église de maison, nous avions l’habitude de prendre notre repas de midi du dimanche en commun. Chaque famille participait en préparant et en servant le repas. Le développement de relations se passe beaucoup plus facilement dans de telles situations informelles.

LES ÉGLISES DE MAISON SONT ÉCONOMIQUES
Une église de maison aura la possibilité de canaliser pratiquement toutes ses ressources financières dans la mission et les ministères d’entraide. Certaines de nos églises de maison au Texas donnent quatre-vingt treize pour cent de leurs offrandes à des œuvres locales ou des missions à l’étranger. Elles peuvent avoir des dépenses mineures, mais comme les rencontres ont lieu dans les maisons, toutes les dépenses immobilières sont évitées.
Les réunions peuvent autant avoir lieu d’autres jours ou soirées que le dimanche. Rien dans le Nouveau Testament ne nous impose le dimanche comme jour pour l’église. En fait, le livre des Actes nous dit qu’ils se retrouvaient chaque jour. Le premier jour de la semaine est rarement mentionné, et dans tout les cas l’accent n’est jamais mis sur le dimanche comme un jour spécial réservé au culte. L’apôtre Paul décourage même une mentalité liée à un jour spécial dans ses écrits.
« Vous observez les jours, les mois, les temps et les années ! Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous. » (Galates 4:10-11)
Bien sûr, beaucoup de ces églises de maison seront conduites par des pasteurs en formation qui auront un travail séculier, dirigeant  une église de maison dans leur temps libre. Bien que l’honneur d’un revenu décent doive aller à ceux qui donnent tout leur temps au ministère, il est également vrai que ces pasteurs qui servent à temps partiel devraient également recevoir un honneur similaire au travers d’offrandes d’amour et de petites rémunération tirées des dîmes et des offrandes pour compenser leurs dépenses et les encourager dans l’exercice du ministère. « L’ouvrier mérite son salaire, » (que ce soit à plein temps ou à temps partiel). D’un autre côté, les hommes ne devraient pas attendre d’être libérés de leur travail séculier avant de commencer à servir comme pasteurs. L’apôtre Paul a souvent travaillé de ses mains, non seulement pour satisfaire à ses propres besoins, mais aussi à ceux des personnes qui voyageaient avec lui.
« Vous savez vous-mêmes que ces mains ont pourvu à mes besoins et à ceux des personnes qui étaient avec moi. Je vous ai montré de toutes manières que c’est en travaillant ainsi qu’il faut soutenir les faibles, et se rappeler les paroles du Seigneur, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » (Actes 20:34-35)

LES ÉGLISES MAISON PEUVENT RÉSOUDRE LE PROBLEME LIÉ À LA CROISSANCE
Certaines de nos congrégations sont devenues si importantes qu’elles ont du construire de plus grands bâtiments, louer plus d’espace ou organiser deux cultes. C’est ce que nous appelons un « heureux problème ». Il y a aussi une heureuse solution : Commencez à former des pasteurs en leur confiant une partie de la ville et en envoyant deux ou trois familles pour démarrer une église de maison dans ce secteur. L’activité la plus vitalisante qu’une église puisse faire est d’avoir un bébé. J’ai vu des églises mourir à cause d’un esprit de possessivité dans les responsables. Dieu bénira les gens qui redonneront continuellement plus loin ce que Dieu leur donne. Jésus dit : « Donne, et il te sera donné. » Une église qui donne est une église qui croît.
Michael Green, directeur du St. John’s College de Nottingham en Angleterre, dans son allocution devant le Congrès International pour l’Evangélisation du Monde de Lausanne, Suisse, en 1974, décrivit les méthodes et les stratégies de l’église primitive. Il dit :
« Dans l’église primitive, les bâtiments n’étaient pas importants ; en fait, ils n’en avaient pas pendant leur période de plus grande croissance. De nos jours, ils semblent essentiels pour beaucoup de chrétiens ; leur maintenance consume l’argent et l’intérêt des membres, les plonge souvent dans les dettes et les isole de ceux qui ne viennent pas à l’église. En réalité, le mot « église » lui-même en est venu à changer de sens. « Eglise » ne signifie plus un groupe de personnes, comme c’était le cas dans le Nouveau Testament. Aujourd’hui, cela désigne un bâtiment. »
Les mouvements qui ont grandi le plus dans l’histoire ont toujours été ceux qui ne se sont pas alourdis sous de pesantes structures organisationnelles, mais ont mis l’accent sur l’essentiel sans hésitation.
02 Mai 2011

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