lundi 22 août 2011

Ados: Mode d'emploi - 7ème partie

Faire des choix
Les notions de responsabilité et de pouvoir en impliquent une troisième sur laquelle il est important d’insister : c’est la notion de choix.
Quand nous réagissons de telle ou telle manière, nous choisissons cette réaction plutôt qu’une autre. Le mécanisme n’est pas toujours conscient, éclairé ou délibéré, et nous préférons souvent nous faire croire que nous avons réagi à cause de l’autre, sans y mettre notre signature personnelle. Il y a là une part de liberté qui augmente avec le degré de conscience avec lequel nous vivons notre vie. Et ces choix, nous en faisons quotidiennement dans l’éducation de nos enfants.
Les parents, autant que les jeunes, prennent des décisions, même s’ils croient ou disent ne pas l’avoir fait. Pour un parent, cela peut être :
·         Je fais le choix de fermer les yeux
·         Je fais le choix de placer mon jeune devant les conséquences de ses actes ou de ne pas l’y placer
·         Je fais le choix de lui donner une chance, puis une autre, puis une autre…
·          Je fais le choix de lui répéter sans cesse les mêmes demandes, sans qu’il se sente vraiment tenu d’y obéir
Pour un jeune, ce sera :
·         Je fais le choix de ne pas respecter l’heure d’entrée en invoquant une bonne excuse
·         Je fais le choix de ne pas faire le ménage dans ma chambre
·         Je fais le choix de négliger mes études
Ne pas réagir, c’est un choix même si cela n’en a pas l’air à première vue. Ne rien dire, c’est dire quelque chose.
  Augmenter la marge de manœuvre
On peut se demander quels sont les pouvoirs que détient le parent sur ses enfants et quelles en sont les limites. De façon générale, dans nos vies, nous avons plus d’emprise, nous sommes davantage responsables et nous exerçons plus de choix que nous voulons le laisser paraître. Cependant, nous entretenons souvent l’illusion que ce sont les autres qui doivent changer plutôt que nous-mêmes. Et nous perdons beaucoup d’énergie à vouloir les transformer malgré eux.
Tout n’est pas prédéterminé dans notre existence et nous pouvons augmenter de beaucoup la marge de manœuvre dont nous jouissons dans notre propre vie. Cependant, notre pouvoir sur celle des autres, en particulier sur celle de nos enfants, est passablement limité à mesure que ceux-ci grandissent. Bien que nous puissions bcp influencer nos jeunes, la seule personne sur qui nous pouvons agir, c’est nous-mêmes. Et c’est en modifiant certaines de nos croyances, attitudes, comportements et exigences que nous changeons notre « réplique ».
Une bonne façon de changer la réplique, c’est d’établir vos limites. Si votre jeune a des comportements inacceptables, votre première responsabilité est de le lui signifier clairement, d’abord en paroles, puis en action (conséquences annoncées) afin que le message soit compris. Vous placez alors votre jeune devant de nouveaux choix ; il aura lui-même à se situer par rapport à ces nouveaux choix et il devra vivre avec les conséquences qui y sont associées. Il est possible de lui faire part de plusieurs exigences ; cependant, nous devons toujours nous rappeler que s’il y répond, c’est qu’il choisit de le faire, en optant pour ce qui est plus avantageux pour lui, que ce soit pour obtenir qqch ou pour éviter ce qui lui serait désagréable.
Vous pouvez vouloir transmettre à votre ado le meilleur de vous-mêmes, mais celui-ci a toujours la liberté de refuser ce que vous voulez si généreusement lui donner. Nombre de parents ont vécu la dure expérience de vouloir le succès scolaire de leur enfant, à sa place, et de se heurter à un : « C’est moi qui décide de ça ! » Le parent peut continuer d’exercer sa responsabilité en exigeant qu’il étudie, mais en n’oubliant pas que celui-ci peut choisir de ne pas réussir, et même de ne pas étudier. L’important, c’est de vous rappeler que votre ado est le premier responsable de son développement. Vous vous devez de le soutenir, de l’encadrer, de l’encourager, mais c’est sa vie à lui. Il peut être difficile de l’admettre, mais tenter de vivre sa vie à sa place ne mène qu’à un cul-de-sac et à des affrontements stériles.
Quelle influence pouvez-vous avoir sur votre adolescent ? Si l’on compare l’adolescent à un ouvrier sur un chantier de construction, vous pouvez être le contremaître qui sait comment la construction doit être faite et qui donne des ordres en conséquence, ou qui est l’ingénieur-conseil que l’ouvrier consulte au besoin, lorsqu’il ne sait plus comment faire pour continuer le travail entrepris. A vous de choisir le rôle qui vous convient en vous rappelant que c’est sa propre maison que l’ado construit.
03 Novembre 2008

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