lundi 22 août 2011

Ados: Mode d'emploi - 3ème partie

Socialisation : Y a-t-il une place pour moi dans ce monde ?
La socialisation, c’est l’acquisition des outils nécessaires pour fonctionner dans notre société. Ce processus commence très tôt dans la vie, dès qu’une personne entre en contact avec d’autres, et cela ne s’arrête jamais. La finalité de ce processus, c’est d’arriver à un équilibre qui n’est jamais complètement achevé puisque la vie nous propose régulièrement de nouvelles relations.
La famille est au cœur de cet apprentissage. C’est là que l’enfant apprend comment se comporter avec les autres, et cela se fait souvent par le non-verbal et l’imitation. A partir de cette petite société, les enfants apprennent plusieurs règles de la grande société. L’école lui donnera l’occasion de saisir d’autres enjeux qui enrichiront son apprentissage de base.
  A partir de l’adolescence, le processus de socialisation prend une nouvelle dimension. Jusque là, l’enfant a appris comment se comporter en public sous la supervision assez étroite de ses parents. Maintenant, il multiplie de plus en plus les expériences en dehors de la famille pour étendre sa socialisation sur une grande échelle. Ce n’est plus d’abord et avant tout l’approbation des parents qui compte, mais bien celle du groupe d’amis.
Pour se réaliser, le jeune doit sortir de sa famille et se construire une vie sociale autonome. Vouloir empêcher ce mouvement peut lui créer de sérieux préjudices et susciter de nombreux conflits. Il faut au contraire encourager et soutenir les tentatives qu’il fait pour établir des contacts avec l’extérieur.
Un adolescent qui a très peu de contacts avec l’extérieur est généralement plus inquiétant qu’un adolescent presque toujours en lien avec les autres.
La famille : importante, oui, mais…
Tout au long de l’enfance et jusqu’au début de l’adolescence, les parents sont les personnes les plus importantes pour le jeune. Ils sont en même temps son point de référence et sa principale source d’affection. Il en est en tous points dépendant.
A l’adolescence, les jeunes réévaluent l’importance qu’ils accordent à leurs parents et à leurs amis. Ils développent plus leurs relations en périphérie de la famille. Ce sont ces relations qui les attirent le plus et mobilisent le plus clair de leur temps. La cellule familiale demeure importante, mais les jeunes considèrent ces liens comme de l’acquis. Ils consacrent donc peu d’énergie à les maintenir. Ils préfèrent conquérir l’affection des personnes à l’extérieur du cercle familial. Voici une des raisons pour lesquelles les jeunes sont souvent si gentils avec les voisins et si moches avec leurs proches.
La famille garde cependant une importance réelle quand vient le temps d’aborder des changements majeurs comme ceux relatifs au choix d’une profession ou des études. Par contre, les jeunes se tournent en majorité vers leurs camarades pour discuter de leurs relations interpersonnelles et des questions sociales.
Qu’on le veuille ou non, les jeunes changent la relation qu’ils ont avec leur famille et il vaut mieux que les parents s’y attendent. Ceux qui ont centré toute leur affection sur leur enfant et qui lui accordent tout leur intérêt ressentent bcp d’ingratitude. Ils ont alors tendance à retenir l’adolescent, à le ralentir et même à empêcher sa quête. La saine distance que le jeune prend par rapport à sa famille s’établit alors dans un climat de blâme presque continuel au lieu de se faire dans un climat d’encouragement. Les parents doivent y voir l’aboutissement de l’éducation qu’ils ont donnée à leur jeune et qui devrait viser d’abord et avant tout à le rendre autonome.  Si le jeune a une vie sociale très développée et démontre à ses parents qu’il a de moins en moins besoin de leur présence, ceux-ci ne devraient-ils pas considérer cela comme un hommage à l’éducation qu’ils lui ont donnée ? Plus les parents cherchent à combler, de façon excessive, les allées et venues de leur jeune, plus ils l’incitent à fuir à l’extérieur.
La difficulté d’être soi-même parmi les autres
Dans son expérience de socialisation, l’adolescent a un équilibre à trouver entre la poursuite de l’acceptation des autres et sa propre réussite sociale. Cet équilibre n’est pas facile à atteindre. Un jeune peut adopter des comportements qui collent aux normes du groupe, mais qui ne lui ressemblent pas (drogue, sexualité, résultats scolaires – pour ne pas être perçu comme un « lèche-botte »)
L’important, ce n’est pas de tout faire pour que votre ado ne se laisse pas influencer par son groupe d’amis, mais bien de l’aider à voir les conséquences que cette influence a sur lui. Le blâmer ne sert qu’à mettre de la distance entre vous et à l’inciter à se brancher davantage sur ces modèles que vous jugez néfastes. Prendre le temps de regarder avec lui les conséquences de ce conformisme et les façons de réagit, à l’avenir, aux pressions du groupe.
Au cours de ce processus de socialisation, l’ado fait progressivement l’apprentissage de l’intimité, d’abord avec des amis du même sexe, puis avec l’autre sexe. Cette capacité de vivre une intimité est essentielle pour atteindre un équilibre satisfaisant à l’âge adulte. C’est au cœur de cette expérience d’intimité que l’ado poursuit son objectif d’être lui-même en présence de l’autre.
28 Septembre 2008

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