Adolescence = étape du développement au cours de laquelle il y a une remise en question de l’identité déjà acquise.
Bon de se rappeler que c’est un processus ayant un début et une fin (généralement entre 11 et 18 ans).
La période de dépendance face à la famille tend à se prolonger (études, difficulté à trouver un emploi…). Aujourd’hui, on accède à l’autonomie par étapes.
Imagerie populaire : vision négative de l’adolescence.
« Notre monde a atteint un stade critique. Les enfants n’écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut pas être très loin. » - prêtre égyptien, 2000 av. J.-C.
« Cette jeunesse est pourrie jusqu’au fond du cœur. Les jeunes gens sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme les jeunes d’autrefois. » - découvert sur une poterie d’argile à Babylone, 3000 av. J.-C.
Aujourd’hui, le terme adolescence est associé à crise. Rapport récent du Conseil de la Famille et de l’Enfance : « La très grande majorité des adolescents traversent cette période de la vie loin de la crise majeure. Ils optent plutôt pour négocier avec leurs parents de plus en plus d’autonomie, d’indépendance, dans un monde qui change rapidement. » Les spécialistes s’accordent pour dire qu’env. 15% des adolescents éprouvent de grandes difficultés pendant cette période de leur vie. Quand on parle de l’adolescence comme une période très éprouvante, ne fait-on pas surtout référence aux parents ?
On oublie le côté intense, exaltant et emballant de cette étape.
L’adolescence est une période de vie où l’opinion des autres compte bcp. Il y a bcp d’insécurité. L’adolescent est particulièrement préoccupé par son image et se demande souvent s’il est aimé.
C’est aussi une période de grande affirmation de soi qui se manifeste souvent en étant plutôt «contre» que «pour», face aux adultes. Françoise Dolto: «Ma mère m’a aidée à savoir ce que je voulais à force de s’y opposer.»
Une étape de développement en 5 temps
Développement accéléré et profonds changements sur 5 plans : physique, intellectuel, psychologique, émotif et social.
Physique :
La puberté se présente de plus en plus tôt (peut commencer vers 9 ans chez les filles et 11 ans chez les garçons). Changements physiques marqués, accélérés et déstabilisants : changements de taille, de poids, de proportions des différentes parties du corps, développement des caractéristiques sexuelles.
Travail d’intégration à faire de l’image qu’il a de lui-même. Faire le deuil de l’image de son corps d’enfant pour intégrer celle de ce nouveau corps qui n’en finit pas de se transformer sur une période de plusieurs années.
Apprendre à s’accepter avec son corps tel qu’il devient (insécurité et préoccupation de l’image extérieure). Ex. de l’acné juvénile…
De plus, apprendre à composer avec une nouvelle fonction, la fonction sexuelle, ne se fait pas en quelques semaines. Les changements physiques se terminent bien avant les changements psychologiques associés à l’adolescence. Biologiquement, presque dès le début de l’adolescence, les jeunes sont en mesure d’exercer des fonctions sexuelles complètes, y compris celle d’engendrer la vie, mais sans avoir la maturité qui devrait accompagner cet événement. Corps d’adulte, maturité d’enfant ou presque…
Intellectuel :
L’ado se découvre de nouvelles capacités. Il apprend à jouer avec les idées, grâce à une capacité nouvelle, celle de conceptualiser. Il peut tout remettre en question dans sa tête et prendre du recul par rapport au monde et à la vie, ce qu’il ne pouvait pas faire auparavant.
C’est l’époque des grandes causes à défendre, des grands principes, des grandes questions sans réponses vraiment satisfaisantes.
L’ado manque souvent de réalisme dans son discours et son raisonnement. Il ne se rend pas compte que son point de vue sur ceux qui l’entourent est biaisé par son âge. Un jeune disait : « Quand j’avais 15 ans, je trouvais mon père extrêmement con. A 20 ans, je le trouve pas mal moins con. C’est fou comme il a changé en 5 ans ! » Au fil des mois et des ans, l’ado apprend à se faire des opinions de plus en plus personnelles. Il passe du « agir avant de penser » au « penser avant d’agir ».
Psychologique :
Changement de perspective à l’égard de la vie menée jusque là. Capacité à prendre de la distance face à ses parents et à l’éducation qu’il a reçue, et à porter un jugement personnel à leur sujet. Comme si, en plus d’être l’acteur de sa vie, il en devenait aussi l’observateur. Signe irréfutable que le jeune n’est plus un enfant.
Aussi l’heure des jugements sans nuance. Souhaitable que les parents aient une bonne réserve d’estime de soi, car il se peut que du jour au lendemain, tout ce qu’ils ont fait pour leur enfant ne vaille plus rien… L’adolescent doit aussi faire le deuil de l’image qu’il a de ses parents. Depuis tout petit, il les percevait comme parfaits et tout-puissants. Maintenant, il voit plus leurs limites que leurs forces Cela le renvoie aussi à lui-même, à ses propres forces et faiblesses. De plus, c’est maintenant l’ado qui règle la distance entre lui et les autres, plus ses parents.
Affectif :
Grande instabilité, changements d’humeur instantanés et sans raison apparente. L’ado recherche des sensations fortes. Goût du risque, d’aller à la limite de ses capacités, de faire des excès de vitesse ou de se défoncer avec de l’alcool ou de la drogue. Pour bcp, c’est aussi la découverte bruyante et exaltante de la musique. Elle peut répondre à des besoins divers : communiquer avec ses amis, s’exprimer (surtout s’il en joue), s’évader ou se distinguer des adultes. Temps des idoles. Les goûts se précisent.
L’ado est avant tout intense : grandes peines, grandes joies. Il apprend à goûter au monde des émotions et à le gérer progressivement. Il découvre des sentiments nouveaux d’amitié et d’amour jamais vécus auparavant.
Social :
Surtout entre 13 et 16 ans, être en « gang ». Il veut en même temps se distinguer de ses parents et se conformer aux normes de ses amis.
Françoise Dolto compare l’adolescent au homard qui doit perdre sa carapace pour grandir. Pendant la période où le homard se défait de sa vieille carapace et s’en construit une autre, conforme à sa nouvelle taille, il est d’une extrême vulnérabilité. Ainsi en est-il de l’ado…
13 Septembre 2008
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