Les droits et devoirs des parents
A la fin des années 1970, une Loi sur la protection de la jeunesse a été voté au Québec en raison du vide juridique existant par rapports aux droits explicites de l’enfant. La publicité gouvernementale rappelait alors que « les jeunes ont leurs droits ». Vers la fin des années 80, on entait que de plus en plus de jeunes se comportaient comme s’ils étaient les seuls à avoir des droits. On a alors senti qu’on avait besoin de corriger le tir en émettant le slogan suivant : « Les jeunes ont des droits, les autres aussi. » On avait laissé sous silence les droits des parents, laissant entendre que ceux-ci n’avaient que des obligations envers leurs enfants. Or, il est bien clair que les parents ont des devoirs ET des droits.
A une époque où les jeunes veulent gérer leur vie assez tôt, bcp de parents se demandent s’ils ont encore le droit d’exercer un certain contrôle sur leurs allées et venues. Leur enfant leur envoie le message suivant : « Ce sont mes amis, c’est ma vie, tu n’as pas un mot à dire. »
Le Code Civile du Québec, révisé en 1994, établit les droits et devoirs des parents comme suit :
Les pères et mère ont à l’égard de leur enfant le droit et le devoir de garde, de surveillance et d’éducation : ils doivent nourrir et entretenir leur enfant (article 599 C.C.Q.)
Le langage des conséquences : éléments essentiel de la discipline Il est important de bien comprendre que le langage des conséquences doit survenir après l’échec du langage tout court. Quand un parent fait des demandes légitimes et répétées à son ado et que ce dernier n’en tient pas compte, il faut alors parler autrement :
Voici donc quelques conseils sur l’utilisation du langage des conséquences :
· Identifier, d’abord pour soi, le comportement qui est inacceptable et qui ne sera plus accepté, puis le nommer et le dénoncer en présence du jeune. Etre le plus précis et concret possible. Cela oblige le parent à établir sa ligne d’acceptation et de refus. Il doit expliquer succinctement et clairement ce qui le dérange dans ce comportement. Ici, le « je » permet d’exprimer ce qu’un tel comportement provoque sur le plan affectif. Il faut toujours se rappeler qu’on ne peut tout changer en même temps. Il vaut mieux choisir un premier changement et le réussir avant de passer à un autre.
· Annoncer une conséquence le plus possible en rapport avec le comportement inacceptable. Plus la conséquence suit de près l’événement ou le comportement inacceptable, plus elle est efficace.
· Lorsqu’il y a « infraction », rappeler ce qui avait été annoncé : « Tu te rappelles ce que je t’avais dit à ce sujet ? » Si le jeune feint de ne pas se souvenir, il faut le lui rappeler de nouveau et de façon succincte, puis donner la conséquence en précisant quand elle entrera en vigueur, comment et combien de temps elle durera.
Ces consignes valent autant pour un comportement à décourager que pour un comportement qu’on veut voir apparaître.
Les conditions qui favorisent l’efficacité du langage des conséquences
· Ressentir assez de frustration pour avoir la ferme volonté d’en finir avec un comportement. Bon nbre de parents ont constaté que le jour où ils décident qu’ils ne tolèrent plus un comportement irritant ou inacceptable, leur jeune, comme par magie, comprend le message et change son comportement. Que s’est-il passé ? Simplement que les parents ont exprimé TRES CLAIREMENT leur exaspération. Que faut-il en conclure à propos des comportements qui irritent les parents et qui se répètent ? A notre avis, les parents ne prennent pas suffisamment au sérieux leur propre frustration et ne se décident donc pas à agir.
· Etre cohérent et régulier dans l’administration des conséquences : passer de la parole aux actes.
· Ne pas décider d’une conséquence sous le coup de la colère : si on est trop en colère, on peut annoncer qu’il y aura une conséquence, mais qu’elle sera précisée plus tard. Habituellement, cela a déjà l’effet d’une conséquence.
· Ne pas commencer par des conséquences trop lourdes. Il sera toujours temps d’y venir. La conséquence doit rester proportionnelle à la « faute ».
· Ne pas trop hypothéquer l’avenir par des conséquences lointaines. Idéalement, la conséquence doit être rapidement exécutée pour que l’on puisse recommencer régulièrement à neuf ; sinon, tout le monde se décourage, le jeune comme les parents.
· Rappeler au jeune que nous continuons de l’aimer même si nous lui donnons une conséquence. C’est le comportement qu’on veut éliminer, pas le jeune !
· Choisir une conséquence en lien avec le geste reproché, chaque fois que c’est possible. Par exemple, s’il s’agit d’une rentrée trop tardive, il serait logique de donner une conséquence comme ravancer l’heure de rentrée lors de la prochaine sortie. S’il s’agit plutôt d’un manque de respect sur le plan du langage, il faut penser à une conséquence en lien avec ce manquement.
· Eviter d’humilier le jeune en réglant en public des conflits qui ne regardent que vous deux.
· Choisir une conséquence qui ne soit pas un fardeau trop lourd à gérer pour le parent.
· Ne pas annoncer une conséquence qui engage l’autre parent sans s’assurer de son accord et de sa coopération.
· Se rappeler que la conséquence qui a le plus d’impact est celle qui dérange votre jeune, celle qui crée un inconfort. On peut parfois demander l’avis du jeune sur ce que mérite son comportement. On a souvent des surprises face à ces suggestions. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le jeune propose souvent des conséquences bcp plus lourdes que ce qu’on aurait imaginé. Par ailleurs, certains proposent ce qui les dérange le moins. Se rappeler que c’est le parent qui décide de la conséquence et non le jeune.
· Un rappel important : le langage des conséquences remplace le sermon, aussi frustrant que cela puisse être pour certains parents !
· Une crise bien contrôlée
06 Février 2009
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