lundi 22 août 2011

Ados: Mode d'emploi - 16ème partie

Qu’est-ce que la discipline ?
Les dictionnaires nous apprennent que la discipline est « l’ensemble des règles de conduite qui permettent à une collectivité de vivre dans le bon ordre ». Bcp de parents rêvent que leur enfant s’autodiscipline. Est-ce réaliste d’espérer qu’un enfant s’autodiscipline spontanément sans qu’on l’ait d’abord discipliné ? L’enfant n’a pas tendance naturellement à courir après l’effort, à vouloir se dépasser, à faire des choses qui ne lui plaisent pas. Exigez peu de qqn, même d’un adulte, et il vous donnera le minimum. Exigez bcp, il vous donnera davantage. La complaisance entraîne la médiocrité.
Nous avons parfois tendance à prendre les enfants pour de petits adultes : « Il va finir par comprendre ». Or, vous avez toutes les chances d’être épuisés avant qu’ils aient compris par eux-mêmes. Pourtant, il est normal d’exiger d’eux qu’ils fassent des choses, même s’ils ne comprennent pas tout de suite les tenants et les aboutissants d’un comportement à adopter ou d’une action à accomplir. Le but de la discipline, ce n’est pas de narguer ou de rabaisser, mais de permettre à l’enfant de grandir, d’apprendre, de se dépasser, et aux parents de mener à terme leur tâche de parents sans y laisser leur peau !
La politesse et le savoir-vivre font partie de la discipline
La politesse est une façon de civiliser nos instincts. C’est un grand service à rendre à un enfant que de lui enseigner les règles de conduite minimales pour vivre en société. La politesse, ce n’est pas d’apprendre à se taire, mais c’est d’arriver à tout dire de façon acceptable et civilisée. C’est aussi une façon d’endiguer l’irrespect et la violence qu’on retrouve malheureusement déjà dans les centres de la petite enfance, dans les garderies et dans de nombreuses écoles primaires.
Il en est de même pour le savoir-vivre. Comment un enfant peut-il savoir comment on se comporte à table ou comment on aborde qqn si on ne le lui montre pas ? Pour intégrer une discipline personnelle, il faut d’abord en avoir appris une. Plus tard, à l’adolescence et à l’âge adulte, chacun peut faire les choix qui lui conviennent, mais pas avant !
Les qualités d’une règle
Qui dit « discipline » dit « règles à suivre ». Une règle doit avoir 4 qualités principales :
·         Une règle doit être connue net claire. Bcp de parents croient à tort que les enfants connaissent clairement les attentes qu’ils ont par rapport à certains comportements. Ne craignez pas de trop expliquer la règle, même s’il n’en comprend pas vraiment le pourquoi.
·         Une règle doit être cohérente. Ici, il faut faire attention, car il peut y avoir plusieurs écueils. Lorsqu’il y a deux parents pour élever l’enfant, ils doivent clarifier leurs différences respectives par rapport à l’éducation : aucun ne doit tenir pour acquis que l’autre voit les choses de la même façon que lui ou elle. Ce qui est important pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Il faut donc s’entendre sur ce que nous voulons exiger de nos enfants. C’est une question de cohérence parentale. Et pour y arriver, il faut se préparer à mettre de l’eau dans son vin. Chacun des deux parents et chaque enfant en sortiront gagnants : « Je t’appuie sur un aspect qui m’apparaît moins important et tu fais de même pour moi. » Si vous ne parvenez pas à cette entente avant l’adolescence, il se peut que la famille éprouver alors beaucoup de difficultés, même si elle a fonctionné tant bien que mal jusque là. Les ados excellent à détecter et à refléter les contradictions et les incohérences de leurs parents, afin de se faufiler entre eux et même de les placer en situation de conflit.
S’il n’y a qu’un parent, celui-ci doit également arriver à détecter ses contradictions entre ce qu’il exige des enfants et ses propres attitudes et comportements.
·         Une règle doit être constante. Ici, on ne parle pas de perfection, car il y a aussi des jours où l’adulte éprouve de la difficulté à être persévérant et constant. Toutefois, il y a un minimum de constance à sauvegarder dans les règles, sinon tout le monde s’y perd.
·         Une règle doit être associée à une conséquence lorsqu’il y a une infraction répétée. De nombreux parents hésitent à pénaliser leur enfant ou ne savent pas trop comment s’y prendre, craignant souvent de paraître méchant s’ils le faisaient. Or, il faut savoir qu’une règle sans conséquences est inutile. Dans notre société, tout règlement non suivi comporte une pénalité. Pourquoi en serait-il autrement dans cette petite société qu’est la famille ?
Aucune famille ne peut se passer de règles. Les enfants ne peuvent apprendre à vivre la liberté de façon vraiment responsable s’ils sont sans balises, sans réelle discipline. Il y a sûrement peu d’enfants qui remercient leurs parents de leur dire non, d’exiger d’eux qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, de ne pas être complaisants quand ils ont un rendement médiocre par rapport à leurs capacités. Cependant, il se peut que les remerciements arrivent quand ils auront grandi ; mais mieux vaut ne pas avoir trop d’attentes à ce sujet et accepter de ne pas toujours être populaire auprès des jeunes.
Vous devez donc accepter de provoquer des tempêtes par des non que vous sentez devoir dire. Cela met en évidence la nécessité que vous ayez d’autres sources d’affection et de gratification que vos enfants ; sinon il se peut qu’à l’adolescence vous traversiez un désert affectif et que vous soyez en manque d’estime de vous-mêmes.  De façon générale, les ados ne sont pas la population qui contribue le plus à élever le niveau de votre estime de soi.
De façon schématique, voici les attitudes susceptibles d’être profitables et celles qui peuvent nuire à l’éducation de vos enfants :
Ce qui aide les jeunes
Avoir des positions bien arrêtées tout en restant ouvert. Les ados apprécient que vous ayez des positions bien arrêtées sur la vie de famille et les valeurs que vous véhiculez, même s’ils semblent les rejeter. Cependant, ils apprécient également que vous vous montriez ouvert et capable d’entendre leur point de vue.
Être ferme sans être rigide. Plusieurs parents confondent fermeté et rigidité dans l’application des règles. On peut pardonner un ou deux écarts, mais pas dix ! C’est tout un art que d’arriver à démêler ces deux attitudes fort différentes ; pour y arriver, on fonctionne par essais et erreurs…
Eviter le blâme et la violence rancunière (les factures cachées). Nbre de parents sont dépassés par certains comportements de leur jeune, qu’ils jugent inacceptables. Ils ne font que le blâmer et le charger systématiquement de ce que nous appelons une violence rancunière. Quand des parents dépassent leurs limites et accumulent des frustrations. Ils préparent souvent des factures cachées qui se traduisent de la manière suivante : « Après tout ce que j’ai fait pour toi, tu devrais être plus reconnaissant. » Ce genre de blâme survient quand on a gardé le silence sur plusieurs comportements répréhensibles et que, sans réagit, on a laissé enfreindre des règles connues. Souvent, le jeune n’est même pas conscient de toutes ces occasions où le parent a été trop tolérant.
Eviter le harcèlement en rabâchant constamment les erreurs du passé. Quand on a commis une erreur et payé son dû, on aime bien ne pas se la faire rappeler constamment. Su ce point, les ados ne sont pas différents des adultes. Ils veulent avoir une deuxième chance. Dans la vie de famille, certains parents ont tendance à insister sur les erreurs de leur jeune et à les lui rappeler souvent, en croyant à tort que cela va empêcher le jeune de les commettre à nouveau. Cela ne mène nulle part et, en dépit de l’intention contraire du parent, cela augmente les chances de récidive. Nous voulons tous que l’ardoise de nos erreurs soit effacée. Il vaut mieux regarder le présent que le passé et le pardon réel a bien meilleur goût. Les jeunes apprécient qu’on efface régulièrement l’ardoise.
Dire non quand il le faut. Cela peut sembler élémentaire, mais il s’agit ici d’une attitude incontournable qui aide les jeunes ; même s’il est fort possible qu’à court terme, ils soient déçus ou choqués.
Entendre les questions qui se cachent derrière certaines affirmations des jeunes. Quand un jeune dit à son parent qu’il ne fera pas ce qu’on exige de lui (par exemple, rentrer à une heure fixée par le parent),  il y a la plupart du temps derrière cette affirmation une interrogation cachée qui pourrait se formuler comme suit : « Que feras-tu ? Que m’arrivera-t-il si je ne satisfais pas à ta demande ? » Bcp de parents restent bouche bée devant de telles prises de décision de la part de leur jeune (Exemple : « Je vais le faire quand même ! ») et ne disent rien. Qui ne dit mot consent, dit le dicton. Il est de première importance de répondre clairement au jeune : « Eh bien, si tu ne le fais pas, tu auras telle conséquence. » Vous pouvez être assuré que votre jeune y pensera deux fois avant de désobéir.
Ce qui n’aide pas les jeunes
La complaisance. Votre jeune sera peut-être satisfait à court terme si vous fermez les yeux sur un manque d’effort ou sur un résultat scolaire médiocre mais, au fond de lui, il sentira votre déception. Il s’attend à davantage de votre part si vous voulez qu’il ait du respect pour ce que vous êtes.
La démission. Les parents essoufflés ne devraient pas démissionner plus de 24h à la fois ! Si votre jeune sent que vous abandonnez la partie, que son éducation ne vous tient plus à cœur, il peut être tenté d’en faire davantage pour vous faire réagir. Par ailleurs, soyez assurés que dans cette situation son estime de lui-même est en chute libre. Démissionner ne fait que des perdants.
Le contrôle excessif. Pour que la vie à la maison soit possible et intéressante, vous avez des règles à fixer et à faire respecter, mais vous n’avez pas à contrôler tout ce que fait votre jeune. Heureusement d’ailleurs. Certains parents émettent des règles et sont très tatillons quant à leur exécution. Or, si votre jeune a bien compris l’esprit de la règle en question, c’est déjà bien. Fait-il des efforts pour s’y conformer, même imparfaitement ? Alors soyez patient, sans perdre de vue l’objectif à moyen terme. Ne lui demandez pas tout de suite la perfection et évitez l’attitude de celui qui tient à tout prix à le prendre en défaut sur les détails de moindre importance. De plus, vous n’avez pas à tout savoir sur ce que votre jeune pense ou fait. Lui aussi a droit à son jardin secret…
Croire qu’ils sont des adultes avant le temps. Certains parents sont portés à croire leur ado quand celui-ci leur dit qu’à 14, 15 ou 16 ans, il n’a pratiquement plus de comptes à leur rendre et qu’il est assez grand pour décider seul de son emploi du temps, des ses heures de rentrée, de ses fréquentations… Rien n’est plus faux.
28 Janvier 2009

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