lundi 22 août 2011

Ados: Mode d'emploi - 15ème partie

Le syndrome de l’enfant omnipotent et du parent impuissant
Dans les familles où les parents abdiquent leur rôle d’autorité, l’enfant occupe de plus en plus d’espace, avec les années, et finit par dicter les règles du jeu. Cet enfant indiscipliné et tout-puissant devient lui-même victime de sa fausse liberté, victime de ses instincts.
A l’adolescence, on a le sentiment que le jeune occupe toute la place et que ce sont les parents qui sont en marge ou en attente. Comparons la vie de famille à un match de hockey ; il nous faut une patinoire, des règles de jeu, des joueurs et des zones réservées à chacun d’eux. A l’adolescence, on a le sentiment que le jeune occupe toute la patinoire et que les parents se retrouvent sur le banc des joueurs en punition ! Dans une famille dite normale, on s’attend à rencontrer des enfants qui demandent des permissions aux parents et des parents qui se sentent libres de dire « oui » ou « non » à ces demandes. Dans les familles de parents en perte d’autorité, on retrouve souvent la situation inverse : les parents, en raison du caractère colérique de l’enfant, en viennent à demander des permissions : permission de regarder leur émission de TV favorite, d’utiliser le téléphone lorsque ça fait deux heures que l’ado s’en sert, d’occuper le meilleur fauteuil du salon quand un des parents veut se détendre en arrivant du travail parce que l’ado l’occupe en permanence. De telles situations sont réelles et courantes et ne sont pas exagérées.
La liberté, ce n’est pas l’anarchie
Les enfants et surtout les ados revendiquent leur liberté, toujours plus de liberté. Cependant, liberté ne veut pas dire anarchie ; ce n’est pas non plus une absence de normes et de contraintes. La liberté peut devenir une tyrannie si elle n’est pas enchâssée.
La liberté est le bien le plus précieux, mais elle ne vaut rien si elle est sans limites. Cela devient même un élément destructeur. La vraie liberté ne consiste pas à vivre sans limites, mais plutôt à être à l’aise avec ses limites et à apprendre à en tenir compte. La discipline, c’est justement un cadre que l’on met à la liberté, qui permet de ne pas se détruire en l’utilisant. « Eduquer, nous disent Gauthier et Jeffrey, c’est aussi limiter le sentiment de toute-puissance de l’enfant. Les limites vont blesser, frustrer, restreindre, mais elles vont aussi apaiser, calmer, contenir. Les limites, en sommes, permettent à l’enfant de se structurer. Il apprendra que les réactions pulsionnelles ne sont pas celles qui permettent de vivre harmonieusement avec les autres. »
La discipline : un ingrédient essentiel
Il y a deux pôles qui sont de première importance dans l’éducation : l’amour et l’encadrement que l’on traduit la plupart du temps dans le quotidien par le mot discipline.
Le rôle de parent comporte plusieurs volets. Le parent est :
·         Un dispensateur d’amour et d’affection ;
·         Un guide qui indique la route à suivre ;
·         Un modèle pour son enfant, nécessairement imparfait, mais exemple vivant qu’il cherche inconsciemment à imiter ou à contre-imiter une fois devenu adolescent ;
·         Un éducateur qui œuvre auprès de qqn complètement dépendant à sa naissance et qui devient le plus autonome possible.
Les ados ont tendance à se déclarer vite « assez grands pour » afin d’avoir le plus de liberté possible ; mais dans les faits, ils prennent leur autonomie complète de plus en plus tard dans la vie. Le film français Tanguy est une caricature vivante de ces jeunes adultes qui n’en finissent plus de coller à la cellule familiale au grand désespoir des parents. A ce sujet, notons que plusieurs parents hésitent à s’affirmer devant leur jeune adulte au sujet des règles de vie à maintenir à la maison.
Le parent a aussi un rôle d’autorité à assumer et il ne peut y échapper, même s’il le trouve souvent difficile, lourd et négatif. Être en autorité ne signifie nullement faire preuve de méchanceté ou être en colère. Il y a des parents en perte d’autorité qui ont vécu dans leur enfant ce avec des parents en perte de contrôle, impulsifs, excessifs, injustes dans leur rôle d’autorité. En réaction, ils veulent éviter à leur jeune de vivre ce qu’ils ont eux-mêmes vécu. Ce faisant, ils confondent autorité et colère, violence et agressivité.
Les expressions « autorité dans son domaine », « autorité en la matière » font référence au rôle de modèle et de guide. Une personne en autorité ne donne pas seulement des punitions et des amandes. Elle autorise aussi. Un parent qui exerce son contrôle d’autorité encadre les apprentissages. L’amour reste très vivant dans la relation parent-enfant lorsque le parent ne cède pas à tous les caprices de son jeune. Ce dernier est le premier à être déçu lorsqu’on ne lui fixe pas de normes.
11 Janvier 2009

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire